Matériaux de constructionNon classé

David Toledano: « Nous devons avoir les mêmes avantages que les pays voisins »

L’industrie marocaine s’est adaptée à la pandémie du coronavirus pour la confection de produits deve-nus vitaux en cette période de crise sanitaire. Un tel regain d’intérêt pour l’industrie destinée au marché local n’a plus été vu au Maroc depuis les années 60, avec la stratégie d’industrie de substitution aux importations. Outre cette nouvelle dimension de leur secteur industriel que les Marocains ont découverte durant cette période de crise sanitaire et économique, ils sont nombreux à se demander pour autant, pourquoi cette filière ne décolle pas et comment pourrait-elle jouer un rôle stratégique pour créer davantage d’emplois ? La réindustrialisation s’avère impérative. Témoignage de David Toledano, Président de la Fédération des Industries des Matériaux de Construction (FMC).


Nous avons signalé les dangers d’être concentrés sur les métiers mondiaux du Maroc. Je pense que les autorités, notamment le ministre de l’Industrie est tout à fait conscient de cela, et ces derniers mois, nous étions effectivement en train de travailler sur la consolidation de nos métiers qui sont extrêmement importants et qui permettent d’avoir une vraie autonomie au Maroc. Bien entendu, nous essayons aussi d’attirer l’attention sur les dégâts qui ont été faits par les accords de libre-échange et les attaques que nous avions dans nos métiers notamment pour le marbre, les carreaux et pour un certain nombre d’autres produits comme l’acier et autres.

Lire aussi: Masques à l’export : rien n’est encore réglé pour les textiliens

Malgré nos capacités de production importante, nous n’arrivions pas à juguler ces importations qui devenaient énormes par les pays qui bénéficiaient de ces ALE. Cette réflexion se poursuit évidemment et nous espérons que la réception globale sur le changement qu’il va y avoir, nous permettra d’abord de maintenir nos industries, et ensuite les consolider. C’est un vaste programme pour notre industrie nationale qui doit se tourner d’abord vers la consommation locale. Notre fédération demande par exemple que les produits qui sont importés soient fabriqués, cela veut dire qu’il ne faut pas arrêter les importations, mais les suspendre le temps de voir ce qui se passe. Elle a toujours demandé à tous ceux qui construisaient d’utiliser nos produits, malheureusement cela n’a pas toujours été le cas. Il y a même beaucoup d’importations de la part de promoteurs publics.

Donc, nous sommes tout à fait dans l’axe du patriotisme qui doit se tourner vers nos produits. Il est évident que nous n’avons pas les mêmes avantages que nos voisins qui nous submergeaient. L’énergie était le point principal qui rendait nos produits beaucoup plus chers. Nous avons eu beaucoup d’investissement dans les marbreries, il y a aussi la qualité des produits et la diversification de l’offre qui permettent aujourd’hui une gamme très large de produits. Évidemment, il y aura toujours des grands hôtels ou des grands palaces ou maisons qui ne voudront pas utiliser ce genre de produits et qui vont toujours préférer les produits importés pour se différencier des autres. Mais, l’essentiel du marché est fait par les produits de grande masse.

Lisez gratuitement Challenge en version PDF en cliquant sur le lien suivant : https://emag.challenge.ma/742/mobile/index.html

 
Article précédent

Bank Al-Maghrib appelle les banques à suspendre la distribution des dividendes

Article suivant

France : déconfinement et décisions absurdes