Interview

Hassan Bargach : « Nous espérons vivement une ouverture partielle des frontières aériennes le 10 octobre »

Le Conseil régional du tourisme (CRT) de la région de Rabat-Salé-Kenitra multiplie les initiatives en vue de la reprise rapide de l’activité. Hassan Bargach, président du CRT, fait le point sur la situation du secteur dans la région et revient aussi sur les initiatives engagées ces dernières semaines.


Challenge: Quelle est la situation des opérateurs au niveau de la région près de 7 mois après l’apparition de la pandémie ?

Hassan Bargach: Le secteur au niveau de la région est sinistré depuis le 16 mars. Durant ce mois, il y a eu quelques hôtels qui ont continué à travailler car ils ont pu recevoir quelques clients étrangers pris en charge par leurs ambassades dans l’attente de leur rapatriement dans leurs pays d’origine. Il s’agissait notamment de ressortissants du Moyen-Orient ayant séjourné jusqu’à fin avril. Cela a permis à ces hôtels de maintenir un semblant d’activité pendant cette période. D’autres hôtels ont fait du remplissage avec les médecins venus des autres régions que l’Etat a décidé de loger dans les hôtels pour leur éviter des aller-et-retour inutiles. Mais, après le mois d’avril, ce fut le calme plat. Tous les hôtels étaient fermés jusqu’en juin. Ce n’est qu’à partir du 20 juin, marqué par la réouverture des villes, que l’activité a pu reprendre peu à peu grâce à des campagnes de communication et de promotion lancées par certaines enseignes. Le mois de juillet et août ont été marqués par une reprise lente de l’activité dans le respect strict des mesures sanitaires. Le secteur était à 95% de baisse et a pu passé à 90% de baisse. Espérons que d’ici là que nous pourrons atteindre 50%.

Lire aussi | Maroc : le déficit budgétaire maîtrisé, selon la Cour des Comptes [Document]

Challenge : Est-ce que la décision de laisser une certaine catégorie de ressortissants étrangers venir au Maroc sous certaines conditions a eu un impact sur le secteur dans votre région ?

HB: C’est une bonne décision de la part du gouvernement, mais malheureusement, cela reste insuffisant dans la conjoncture actuelle. L’impact de cette mesure n’a pas vraiment été ressenti dans notre région. Comme vous le savez, pour voyager, il faut faire des prévisions, or la situation actuelle ne permet pas de prévoir parce qu’il y a beaucoup d’incertitudes. Du coup, même les touristes européens qui peuvent se permettre de venir, ne viennent pas, parce qu’ils ne savent pas s’ils pourront se retourner chez eux après, car les frontières peuvent être refermées à tous moments.

Lire aussi| Préférence nationale : l’engouement mitigé de nombre d’industriels

Challenge: Quelles sont les actions que le CRT mène actuellement en vue d’une reprise rapide de l’activité touristique dans la région ?

HB: Il n’y a aucune visibilité pour le moment, donc tout ce que nous avons, c’est de l’espoir. Tant qu’il n’y a pas de vaccin, la situation sera difficile. Il faut encore attendre. Je suis de très près toutes les informations relatives à la pandémie, à sa progression dans la région de Rabat, etc. Je peux dire que la situation est très bien maîtrisée, mais il faut attendre et garder patience. Néanmoins, nous menons des actions déjà pour anticiper la suite.

Dans ce sens, le Conseil régional du tourisme va lancer d’ici le 15 octobre une campagne d’envergure qui va cibler la clientèle nationale. La ville de Rabat n’a jamais été perçue comme une ville touristique et aujourd’hui nous comptons changer cette perception et mettre en avant tous les atouts de notre région à travers le canal digital et les canaux traditionnels. Tout ceci dans le respect du positionnement de notre ville qui est « Rabat, ville lumière, ville culturelle ». La médina et les monuments de la ville sont en train d’être réhabilités complètement, donc il y a beaucoup de choses qui sont en cours et qui changeront le visage de la ville.

Cette campagne s’inscrit dans le cadre d’une convention signée entre le CRT et l’ONMT, qui nous a donnés une dotation assez conséquente pour faire connaître nos produits au niveau national. Je sais que sans l’ouverture des frontières aériennes, la situation va demeurer compliquée, mais pour le moment, et vu qu’il n’y a aucune visibilité sur ce plan, nous faisons avec ce que nous avons. Les choses restent vraiment compliquées parce que je pense que si les autorités pouvaient ouvrir les frontières aériennes, elles l’auraient déjà fait depuis. Le virus est très virulent et n’est pas encore maîtrisé, même au niveau mondial. Mais toutefois, nous espérons vivement une ouverture partielle des frontières aériennes le 10 octobre.

 
Article précédent

Google va débourser plus d’1 milliard de dollars sur 3 ans aux éditeurs de contenu

Article suivant

Évolution du Coronavirus au Maroc : 2391 nouveaux cas, 126.044 au total, jeudi 1er octobre à 18 heures