Tribune

Le nouveau concept de progrès au temps du Coronavirus

La crise sanitaire mondiale actuelle devrait être aussi, pour les humains, un moment de questionnement existentiel. Si l’on parle de plus en plus du besoin d’un nouveau concept d’autorité, en rapport étroit avec la nécessité de réformer le mode de gouvernance, celui relatif au progrès, semble aussi s’imposer aujourd’hui, face aux menaces des activités humaines sur l’ensemble des écosystèmes environnementaux.


L’urgence de revoir le sens du progrès pour l’étendre à un champ plus large, non limité au confort matériel des humains, et surtout respectueux des équilibres environnementaux, émerge, lentement mais sûrement. C’est peut-être là que réside la clé d’une nouvelle aventure mobilisant le génie humain et dépassant les exploits scientifiques et technologiques purement utilitaristes.

En effet, pendant longtemps, le progrès a été réduit et perçu à des dimensions principalement matérielles, aux aspects les plus apparents étroitement liés à la consommation : accès à l’eau potable, à l’électricité, à un habitat salubre, aux infrastructures de base, surtout urbaines, aux équipements (frigidaire/frigo, télévision, téléphone fixe ou portable, ordinateurs, …), moyens de transport (surtout voiture individuelle)… Ce progrès-là s’est rapidement développé et étendu à presque toute la planète, au détriment de toutes les autres espèces, de toute la nature vivante ou inerte.

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Et, depuis plusieurs années, des êtres humains, partout dans le monde, ont commencé à prendre conscience des menaces que représente cette évolution pour la vie au sens le plus large, y compris la vie humaine. Le surégoïsme aveugle qui persiste et signe dans le processus unilatéral de domination de la nature par les humains, ressemble bien à ces fossoyeurs qui, consciemment ou inconsciemment, creusent leurs propres tombes.
Coronavirus ne devrait pas être une simple énième alerte. Il n’y aura pas seulement une « 2ème vague ». Il y aura certainement plusieurs autres vagues, de virus plus virulents, si l’aveuglement des humains persiste. L’eau potable se fait de plus en plus rare dans le monde. La température ne cesse d’augmenter, malgré cette « petite récréation involontaire » provoquée par le Covid-19.

Le mode de vie adopté depuis longtemps par les sociétés de consommation, insupportable à la planète Terre, sera difficile à changer. Mais pas impossible, si émerge une volonté à la fois individuelle et collective, pour entamer un processus radicalement différent et irréversible où le progrès a un nouveau sens, intégrant aussi le respect des droits de toutes les espèces vivantes, de tous les équilibres sans lesquels la vie, au sens le plus large, est vouée à disparaître, tôt ou tard, sur cette planète Terre, qui continuera à exister, avec ou sans humains. « Le silence éternel de ces espaces infinis » (Blaise Pascal, 1623-1662) pourra-t-il trouver une réponse humaine ?

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