Télécommunications

Azzedine El Mountassir Billah revient aux affaires à la tête d’Inwi

C’est désormais Azzedine El Mountassir Billah qui présidera aux destinées du troisième opérateur télécoms du Royaume, du moins pour ce qui est appelé « la transition ». Il reprend en main la filiale du groupe Al Mada, suite à la démission de Nadia Fassi-Fihri, avec comme objectif, entre autres, d’accélérer l’internationalisation du dernier né des télécoms au Maroc. Notamment vers le marché africain.


L’ancien patron de l’Agence Nationale de Réglementation des Télécommunications (ANRT) retrouve la lumière à la faveur de la démission de Nadia Fassi-Fihri de la présidence de Wana Corporate ce jour, lors du Conseil d’Administration de l’opérateur. Lui qui avait fait profil bas et s’est fait plutôt discret depuis son éviction brutale de la tête du régulateur, revient à ses précédentes amours pour reprendre le flambeau d’un opérateur qui s’est beaucoup “diversifié“ ces dernières années. Il succède donc à Nadia Fassi-Fihri qui aura dirigé Wana Corporate durant 5 ans, à la suite du départ de Frédéric Debord.

Lire aussi | Immobilier marocain : la formule gagnante pour conquérir des capitaux institutionnels internationaux

Dans le communiqué annonçant ce changement à la tête de Wana Corporate, il est question pour Azzedine El Mountassir Billah de « mettre en place une nouvelle organisation permettant de consacrer Wana Corporate comme un acteur significatif au service de la digitalisation de ses clients, d’accélérer l’inclusion financière à travers le paiement mobile et de lancer l’internationalisation de la société en fixant un cap de développement ambitieux en Afrique ». Ce sont là les grandes lignes des objectifs qui sont confiés au nouveau « Président Directeur Général de transition de Wana Corporate ». Une nouvelle organisation (?) est donc à attendre durant cette période de transition dont l’échéance n’a pas été révélée.

Il faut rappeler que le nom d’Azzedine El Mountassir Billah, durant son passage de 2008 à 2016 à la tête de l’ANRT, est intimement lié à deux périodes. La première, est cette phase durant laquelle le secteur a connu le développement le plus rapide de son histoire. Puis, une deuxième phase durant laquelle son nom est lié à cette période où les appels via les applications Viber, Skype et WhatsApp avaient été coupés au Maroc pendant plusieurs mois. Officiellement, cette suspension s’inscrivait « dans le cadre de la mise en conformité des exploitants avec les obligations qui leur incombent dans le cadre des licences dont ils sont détenteurs », indiquait l’ANRT dans un communiqué daté du 7 janvier 2016. Rappelant les dispositions réglementaires régissant les services de téléphonie, le régulateur avait argué qu’ils ne pouvaient être fournis que par des exploitants détenteurs de licence. Officieusement, les rumeurs avaient évoqué une pression concertée des 3 opérateurs dont les chiffres et marges sur les appels voix étaient en train de s’éroder rapidement. Les appels via ces applications avaient miraculeusement été rétablis à la veille de la COP22 sans crier gare. Mais c’est le rappel à l’ordre d’IAM par le régulateur suite aux manquements de l’opérateur historique, notamment sur la question du dégroupage qui aurait précipité le 25 octobre 2016 sa chute de l’ANRT qu’il dirigeait depuis 8 années. Le Directeur Général de l’ANRT devenait ainsi une victime collatérale de la guerre à couteaux tirés que se livraient Maroc Télécom et Inwi, l’opérateur qui vient de le récupérer.

Lire aussi | Casa-Transports accélère l’élaboration des contrats d’exploitation des futures lignes de tram

Quoi qu’il en soit, Azzedine El Mountassir Billah déjà discret avec les médias avait complètement disparu des radars. En 2017, il avait été nommé Directeur délégué à la Fondation Cheikh Khalifa Ibn Zaïd, une fondation qui gère l’hôpital Cheikh Khalifa à Casablanca. En 2018, c’est dans la télémédecine que la presse l’a annoncé en tant que Président de la Société marocaine de télémédecine. Une société nouvellement créée à l’époque à la faveur d’une nouvelle réglementation autorisant et encadrant cette pratique au croisement de la médecine et du secteur IT. La société devait d’abord équiper 5 sites dans les régions de Midelt, Azilal et Taroudant avant que la pratique ne soit élargie à 160 communes rurales identifiées comme prioritaires, apprenait-on de source médiatique. Avant sa prise de fonction à l’ANRT, El Mountassir Billah a travaillé de 1983 à 1985 en tant qu’ingénieur d’Etudes au sein du Département Informatique de la Royal Air Maroc, puis comme consultant Senior au cabinet de Conseil français Sema Groupe. Il sera ensuite directeur central au Crédit Immobilier et Hôtelier de 1986 à 1998. Il a également eu à diriger Interbank de 1998 à 2000, avant d’occuper à partir de 2001 le poste de directeur général de l’opérateur Maroc Telecommerce. Il fut aussi membre du Conseil d’administration de la Confédération générale des entreprises du Maroc en 2006. Azzedine El Mountassir Billah est Titulaire d’un diplôme d’ingénieur de l’Ecole Nationale supérieure des Télécommunications de Paris en 1983 et d’une maîtrise en Electronique, Electrotechnique et Automatique de l’Université Paul Sabatier de Toulouse en 1981.

 
Article précédent

Guerguerat : le PPS condamne les agissements des séparatistes

Article suivant

Suivez le LIVE de l’émission « Décryptage » de radio MFM