Economie

Bank Al Maghrib. Jouahri confirme l’urgence des réformes

La diversité des regards critiques ne peut que renforcer la visibilité et éclairer la prise de décision, en évitant au maximum les erreurs et en réduisant les obstacles.


Le regard de Bank Al Maghreb (BAM) a toujours été attendu et bien entendu. C’est une institution stratégique disposant d’informations fiables et pertinentes. C’est donc une source crédible pour les décideurs. En présentant le rapport annuel de BAM, Abdellatif Jouahri, personnalité rompue aux chiffres, a confirmé l’évolution positive au cours des derniers mois, tout en soulignant la persistance des incertitudes liées aux nouveaux variants du virus Covid-19. Si, au niveau international, la reprise devra certainement prendre du temps, le Maroc devrait transformer les difficultés actuelles en opportunités. Il n’est plus question d’attendre ou de « trainer les pieds ».

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Les priorités établies sont claires. Elles résident notamment dans les réformes relatives au système d’éducation, au secteur public, au climat des affaires, et à la régionalisation. Au niveau du renforcement du tissu productif, le wali de BAM met en évidence les principaux obstacles à combattre dans l’immédiat. Ces obstacles ont trait à la concurrence déloyale, surtout les « activités informelles de fraude » qui se cachent derrière les « activités informelles de survie », la fraude et l’évasion fiscale, le déficit de transparence et les niches de rentes qui détournent l’effort d’investissement productif vers des activités à caractère spéculatif.

Jouahri met aussi en avant les réformes de la Caisse de compensation, réformes très sensibles politiquement, déjà entamées pour les carburants, mais nécessaires, d’après le wali de BAM, car il est urgent de dégager des marges budgétaires afin de pouvoir financer le chantier stratégique de la généralisation de la protection sociale qui est au cœur du processus de développement humain et durable.

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Mais, pour cela, des préalables sont nécessaires. Et là, le wali de BAM rejoint l’une des principales attentes et aspirations des citoyens : la réforme du mode de gouvernance du pays en y injectant du « sang neuf ». La plupart des générations actuelles des responsables publics ont pris de mauvaises habitudes et ont plongé dans la médiocrité.

L’espoir est donc de voir émerger de nouvelles compétences et accéder aux différents postes et niveaux de responsabilité, au sein des institutions et des instances politiques, économiques et administratives, y compris le gouvernement. Changement de personnes, mais aussi et surtout de méthodes en intégrant les principes de performance dans la gestion des affaires publiques et la culture de la reddition des comptes, à tous les niveaux de responsabilité publique. 

 
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