L'édito

Comment gagner les élections ? [Par Jamal Berraoui]

Non, Challenge ne s’est pas transformé en conseiller électoral, ni en agence de communication politique. Ce titre provocateur s’appuie sur un constat politique. Ces élections qui auront lieu dans moins de deux mois, ne sont pas une simple compétition entre les partis.


Ce scrutin est d’une importance capitale pour la construction démocratique au-delà d’un hypothétique changement de majorité, celle-ci sera de toutes les façons hétéroclite, incapable de fonctionner autour d’un programme, qu’elle va pourtant faire voter par le Parlement.

Non, l’enjeu réel c’est le taux de participation. S’il s’effondre, il faudra se poser la question de savoir si les Marocains sont attachés un tant soit peu à la démocratie représentative ? Parce que les institutions  qui vont en sortir seront légales mais peu légitimes, parce que la majorité des électeurs ne se seront pas déplacés.

C’est déjà le cas, le déclassement de ces institutions est en marche, et c’est un signal fort de l’arrêt d’un processus de démocratisation qui fait la particularité du Maroc, un pays qui a été exemplaire pour la justice transitionnelle, qui a mis en place de manière constitutionnelle, des institutions pour éviter tout retour en arrière.

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L’enjeu est très fort, malheureusement, cela repose sur les épaules d’une classe politique, fortement avariée. Ce sont les partis qui peuvent amener les Marocains aux bureaux de vote. D’abord en mettant noir sur blanc leur projet de gouvernement. Seul l’un d’entre eux l’a fait, et ils sont 32.

Ensuite, il faut de l’incarnation. Présenter des gens qui sont accusés de détournement, et même condamnés en première instance, sous prétexte de la présomption d’innocence, qui est fondamentale dans un état de droit, est une faute politique.

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La suspicion mine la démocratie. Les candidats poursuivis, doivent se retirer et attendre que la justice les blanchisse. C’est le seul moyen de renforcer la confiance. Les Marocains voteront à la fois local, régional et national le même jour. C’est idéal pour une élection politisée où on vote pour un sigle partisan. Malheureusement, les partis politiques ne l’ont pas tous compris. Ils ont encore le temps de se ressaisir.

 
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