Dossier

Des femmes qui comptent

Pour nous, il ne s’agit pas de célébrer la journée de la femme, comme un cadeau annuel fait à la gente féminine. C’est plutôt l’occasion de faire le point sur un combat essentiel, celui de l’émancipation de la moitié de la population et l’évaluation de son apport aux transformations sociales, ce que l’on appelle communément développement et qui ne se résume pas aux quantifications économiques. Pour cela, nous avons choisi de mettre en avant un riche panel, à travers ces portraits représentatifs de cette génération de femmes qui s’assument. Des portraits à découvrir.


Le Maroc, englué dans les luttes de la légitimité politique, a peu fait, dans l’immédiat post- indépendance pour la promotion des droits des femmes. Même ceux qui se présentaient comme révolutionnaires, y compris les militantes, pensaient que ce problème se réglerait après la révolution, qui n’a jamais eu lieu. Mais une autre révolution sociale a eu lieu. Les femmes ont investi l’espace public, se sont fait une place et prouvent au quotidien qu’elles refusent tout statut minorant.

Bien sûr, il y a les avancées juridiques. Le statut de la famille, établissant enfin l’équilibre au sein de la famille, l’égalité entre la mère et le père est une avancée sérieuse, déterminante, bien qu’elle ne soit pas parfaite. Ce que l’on a appelé la discrimination positive, au niveau des institutions représentatives est bien plus discutable. Au bout de 20 ans, ce système n’a pas abouti à une plus grande participation féminine à la vie politique.

Mais, ce n’est qu’un aspect de la crise d’un système politique qui n’a pas réussi à s’aérer, à se fluidifier, qui adopte des textes qu’il se montre incapable de mettre en œuvre, autrement que de manière artificielle.

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Les combattantes de l’égalité

Les plus grands changements sont sociétaux. Les femmes, dans leur désir de vivre, dans leur engagement pour elles-mêmes, pour leur famille ont conquis des citadelles.

– Plus de 30 % des familles marocaines sont entretenues, dirigées par des femmes. C’est cette réalité économique qui perturbe les schémas phallocrates, misogynes. Dans plusieurs  pans de la société on considère que les filles sont plus responsables que les garçons, quant au bout, il s’agit de se sacrifier pour la famille au sens large.

– A l’intérieur du couple, les femmes apportent leur écot. Il n’y a plus de jeunes qui veulent une femme à la maison. Les contraintes matérielles sont telles, que même à deux on souffre. L’image de la femme cloisonnée à la maison est battue en brèche. Il y a plus de femmes travailleuses au sein des souches populaires que chez les bourgeoises. Le travail est libérateur, même si la superstructure, l’idéologie, a du mal à mourir.

– Nos jeunes filles, bien que l’accès à l’école soit encore problématique dans certaines régions, brillent à l’école et devancent les garçons, au baccalauréat par exemple.

Cette révolution sociale, a produit ses effets. Nous avons des femmes chercheuses, chefs d’entreprise, des coopératives féminines qui excellent, de grandes avocates, des femmes médecins-émérites. Elles sont partout et c’est une bonne nouvelle.

C’est un atout pour le processus de développement du Maroc. Il faut accélérer le mouvement en luttant pour l’égalité des salaires, contre le harcèlement sexuel, par exemple. Mais le chemin parcouru par la société est phénoménal. Ce sont les conditions matérielles qui sont déterminantes. Parce qu’elles sont au cœur du projet de développement, parce qu’elles sont au quotidien, actrices de la création des richesses, nos femmes participent à notre avenir. Nos mères, sœurs, femmes, filles, méritent un hommage. Nous leur rendons au travers de quelques portraits, peu exhaustifs, mais qui s’inscrivent dans notre objectif. Merci pour ce que vous nous apportez, pour l’espoir acharné que vous diffusez.

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