L'édito

Énergie : l’autoproduction face aux résistances

Dans la quête journalistique, il vaut toujours mieux s’appuyer sur des spécialistes, surtout pour des sujets techniques, parce que la presse est un média pas un médium omniscient.


C’est pour cela que face à l’introduction d’un avant-projet de loi proposé en consultation publique sur le régime d’autoproduction de l’électricité, nous nous sommes tournés vers le docteur Saïd Guemra, spécialiste émérite des sujets de l’énergie. Son interview est à charge. Pour lui, la limitation à 10% de la production d’énergie renouvelable injectée dans le réseau est un non-sens économique. Cela signifie qu’une grande production de cette nature doit être livrée aux distributeurs gratuitement, alors qu’ils vont la facturer au voisin. Ce n’est pas juste une question d’éthique, cela contrevient au projet Royal de 2009 de transition énergétique. C’est donc un projet qui ne convient qu’aux distributeurs qui sont en situation de rente.

Lire aussi | Amzazi planche sur les examens de fin d’année

Au passage, il note une inflation de lois qui, faute de textes organiques restent lettre morte, ce qui dépasse largement les questions énergétiques. Même si le coût du retard sur l’autoproduction est évalué à 80 milliards de DH et que nous n’atteindrons, probablement pas, nos engagements sur l’énergie décarbonée, pris lors de la COP 20. Nous avons contacté le ministère de l’Énergie qui ne souhaite pas répondre avant que le gouvernement ne prenne une position, ce qui peut se comprendre. Par contre, l’un des distributeurs affirme que la seule réserve c’est que le prix fixé ne vienne pas déstabiliser son modèle-business, sa structure de coûts.

Lire aussi | Quel risque pour les MRE n’ayant pas déclaré leurs comptes bancaires détenus au Maroc ?

Ce n’est pas une question subalterne. Elle impacte  l’écologie et l’économie de manière très forte.

 
Article précédent

Quel risque pour les MRE n’ayant pas déclaré leurs comptes bancaires détenus au Maroc ?

Article suivant

Crise du multilatéralisme : quelle alternative ?