Automobile

Maroc. Une industrie automobile qui a mis le turbo

La 4ème  édition des «Rendez-Vous de l’Industrie» qui s’est tenue récemment en présentiel et en distanciel sous la thématique «Rencontre débat des acteurs public-privé de l’industrie automobile», a tenu toutes ses promesses. Un débat impulsé par le ministère de l’Industrie, du Commerce et de l’Économie verte et numérique, et qui a été riche d’enseignements.


Et pour cause, le panel d’invités n’a pas manqué de dresser le bilan de l’évolution du secteur automobile et a mis l’accent sur les principaux enjeux auxquels ce même secteur sera confronté à plus ou moins long terme.Grâce à la Vision Royale et en seulement quelques années, le Maroc est devenu une base mondiale en matière de production automobile. Les chiffres sont d’ailleurs très significatifs.

En effet, on recense aujourd’hui près de 250 équipementiers locaux, le Royaume disposant d’une capacité de production de 700 000 véhicules annuellement. De quoi générer plus de 160.000 emplois. Un chiffre dépassant de plus de 180% les prévisions, telles que stipulées dans le cadre du Plan d’accélération industrielle (PAI) de 2014 à 2019 qui tablait sur 90.000 emplois. Aussi, l’export automobile a généré un chiffre d’affaires de 80 milliards de dirhams (MMDH) en 2019 et de 72 MMDH en 2020 malgré le contexte lié à la pandémie ; soit une valeur ajoutée de 31,7 MMDH.

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«C’est colossal ! Pour vous donner une idée, c’est une fois et demie la valeur ajoutée de l’OCP… C’est la somme d’un travail sans relâche qui a fait de notre secteur automobile un fer de lance de l’économie marocain», a tenu à souligner Moulay Hafid Elalamy, ministre de l’Industrie, du Commerce et de l’Économie verte et numérique.

Faut-il souligner que l’automobile demeure à ce jour le premier secteur industriel exportateur du Royaume pour la 7ème année consécutive. Dans le détail, les véhicules produits sont exportés vers 75 pays dans le monde. Aussi, depuis 2017, le Maroc est le premier producteur de voitures en Afrique et au cours de l’année 2021, il s’est positionné comme étant le deuxième exportateur de voitures vers l’Union européenne.

Il va sans dire que dans cet échiquier automobile mondial, le Royaume constitue un atout maître pour les constructeurs automobiles présents sur place. Outre le groupe Stellantis qui s’appuie sur la plateforme industrielle de PSA à Kénitra, Renault Group poursuit tambour battant sa stratégie de développement, comme a tenu à rappeler durant ce débat Luca De Meo Directeur général de la marque au losange.

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«Le Royaume, pays à haut potentiel, est aujourd’hui dans le top 5 des pays industriels de Renault et dans le top 15 des ventes mondiales du groupe», a précisé M. De Meo. Il a d’ailleurs rappelé que le groupe a signé récemment des accords ambitieux qui sont à même de donner une nouvelle impulsion au partenariat Renault-Maroc. «Nous visons d’ici 2025, 2,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires en sourcing local et à terme 3 milliards d’euros et 80% d’intégration», s’est-il exprimé.

Et de préciser que le groupe est déjà aligné avec ses objectifs, puisqu’il a dépassé en début de 2021 la barre des 60% du taux d’intégration, ajoutant dans ce sens que le groupe prépare l’industrialisation de nouveaux véhicules pour les marques de Renault et la marque Dacia dans les deux sites marocains du groupe et dévoilera la première Dacia Sandero fabriquée à la Somaca.

Pour sa part, le président de l’Association marocaine pour l’industrie et le commerce automobiles (AMICA), Hakim Abdelmoumen, a souligné que le plan d’accélération industrielle (PAI) a permis de restructurer et de réorganiser la filière automobile marocaine en écosystèmes, homogènes, en l’occurrence, en «commodités automobiles» et ce, en corrélation avec le donneur d’ordre final, qui est le constructeur automobile.

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«Nous avons des accords en phase de finalisation avec Renault et Stellantis pour la mise en place de projets qui vont transformer encore le secteur automobile au Maroc… Aujourd’hui, il faut aller plus en profondeur en termes d’intégration, continuer à renforcer notre compétitivité et être en capacité de développer la production décarbonée et les projets dans les domaines du véhicule électrique, de la mobilité verte, du spatial civil et des véhicules connectés. Je pense que le Maroc a un rôle à jouer à ce niveau-là», a conclu Moulay Hafid Elalamy.

 
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