Les chroniques de Jamal Berraoui

Pédophilie : de grandes questions

L’émotion  est générale,  le martyr d’un enfant à Tanger a touché tous les Marocains et à  juste titre. Mais il faut aller plus loin que l’émotion et répondre à de vraies questions.


Ceux qui proposent  la peine de mort, croient que c’est la panacée.  Le débat  sur l’abolition traverse toutes les sociétés. Ce n’est pas l’objet de cette chronique. Ce qu’il faut savoir, c’est que la pédophilie est une perversion incurable et que la récidive est certaine. Celui de Tanger risque de sortir de prison dans 20 ou 30 ans et il constituera un danger pour les enfants. L’alternative dans ce cas, c’est la castration chimique. Des pays très démocratiques l’ont adoptée. Un juge marocain propose au législateur de donner aux tribunaux la faculté de la prononcer comme peine. C’est un débat à mener, dans la sérénité si c’est possible.

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Mais l’actualité c’est aussi une adolescente de 14 ans qui, draguée sur internet, suit un jeune homme et disparaît pendant 48 heures. Le communiqué de la DGSN pose une question « le suspect l’a déflorée sans usage de la violence ». C’est un point de droit essentiel, toute relation sexuelle avec un mineur relève de la pédophilie et est caractérisée comme un viol. Quand on précise que c’est sans violence, on présuppose qu’un enfant peut être consentant. Il faut que le droit marocain évolue sur ce point. Il nous faut aussi interroger l’éducation au sein des familles et la protection qu’on offre à nos enfants. Le nombre de pédophiles qui chassent sur le net est impressionnant et on laisse les enfants seuls face à l’écran. La victime de Tanger a volontairement suivi son bourreau. Parce que la sexualité est taboue, on n’informe pas nos enfants sur les risques encourus, qu’il ne faut pas suivre les étrangers par exemple sous n’importe quel prétexte. Éduquer c’est aussi protéger et c’est ce qui se fait dans de nombreux pays où on apprend à l’enfant que son corps lui appartient.

Je trouve que remettre la pédophilie sur le dos de la faillite de l’école n’a pas de sens. C’est une perversion qui n’est pas liée au niveau d’éducation. L’émotion peut être utile quand elle débouche sur la réflexion, pas quand il s’agit juste d’un dégoût momentané.

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