Les chroniques de Jamal Berraoui

Turquie : la nostalgie du Califat

Erdogan joue la carte de Chef des Islamistes, c’est clair et net. Il y a dans ses attitudes une conviction profonde, celle qui veut que la Turquie doit enterrer le kémalisme, renouer avec le passé impérial et que cela passe par le reniement de la laïcité.


Bien que majoritaire dans son pays, il a beaucoup de mal à imposer son point de vue. Il a pu changer le modèle politique, mais n’a pas pu toucher à la laïcité, sauf de manière marginale. En fait, les Turcs le suivent sur les visées nationalistes, de manière majoritaire, mais pas sur son fondamentalisme supposé. Cette carte, il en joue face à l’Europe. En s’érigeant en représentant des musulmans, il veut surtout négocier un meilleur accueil de ses visées expansionnistes au Moyen-Orient, en mer Egée et maintenant en Afrique.

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Si la France de Macron est dans son viseur, c’est parce que la diplomatie française le contre sur tous ses fronts. Elle s’agite pour l’exclure de l’OTAN et lui imposer des sanctions européennes. Les USA pour l’OTAN et l’Allemagne pour l’UE freinent des sabots. La violence de ses propos traduit d’abord son agacement profond face à la fermeté française, surtout que Paris va construire une base militaire en Grèce. Cette fermeté n’est pas liée à des valeurs mais à la défense d’intérêts. Un impérialisme renaissant est face à un impérialisme établi. La religion n’est qu’un prétexte.

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Le Maroc a combattu l’empire Ottoman, n’a jamais vécu sous le califat de la porte sublime. Pourquoi certains  s’entêtent-ils à vouloir marcher sous l’étendard d’Erdogan ? C’est un débat à mener et nos intellectuels doivent se mouiller avant qu’il ne soit trop tard.

 
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