Covid-19

Dépistage gratuit pour les parlementaires : la coquetterie de trop ?

L’indignation est palpable sur les réseaux sociaux et l’incompréhension la nourrit. L’information apportée par le site Bled News a de quoi déchaîner les passions et conspuer ceux qui, déjà, sont considérés comme les « privilégiés » de ce pays, du fait des largesses financières dont ils bénéficient durant et après leur mandat électif.


Ceux-ci, ce sont les parlementaires dont il est rapporté que le test de dépistage au coronavirus rendu obligatoire pour accéder aux locaux du Parlement est pris en charge par … les contribuables. En effet, selon le site, les tests effectués dans un laboratoire privé de Rabat du nom de Biolab, « unique laboratoire privé agréé pour effectuer les tests sérologiques et PCR », se font gratuitement pour les parlementaires. Et qui dit « gratuit » pour la poche du parlementaire comprend aisément que la facture est envoyée directement à l’institution dont se réclament les bénéficiaires, le Parlement ici en l’occurrence … et par extension le contribuable à travers les divers impôts et taxes. Le hic dans l’histoire vient du fait que le choix du lieu de dépistage a été porté sur un laboratoire privé, alors même que les tests gratuits peuvent être effectués en passant par le Ministère de la Santé, au sein des délégations dudit ministère et dans certains établissements publics.

Lire aussi | En pleine crise du Covid-19, un groupe immobilier belge renforce sa présence au Maroc

Toujours selon le site, le tarif affiché pour les tests dans le privé oscille entre 600 et 700 dirhams. Le personnel du Parlement ne serait pas logé à la même enseigne puisque ses tests coûteront 200 dirhams par personne. Comment expliquer et justifier ce choix de l’institution législative par ces temps difficiles où nombre de citoyens trainent le diable par la queue ? Nos tentatives pour joindre le laboratoire d’analyses en question sont restées vaines. Les trois numéros disposés sur leur site sont restés hors réseau. Idem au Parlement où les contacts de l’Institution sont restés injoignables.

Lire aussi | Le groupe Oulmès se renforce en profils internationaux

Par ces temps de crise sanitaire où des milliers d’emploi sont perdus, des entreprises font faillite et où il est demandé des efforts à tout le monde, cette énième coquetterie des parlementaires passent mal. D’autant plus que les parlementaires n’ont versé au fonds Covid qu’un mois d’indemnités mensuelles au même moment que les membres du gouvernement. Et après que ces derniers ont renouvelé l’action, les parlementaires sont restés aphones sur une possible reconduction de cette action. D’ailleurs, pointait un confrère en ligne, certains « parlementaires avaient montré réticence et égoïsme lorsque des présidents de différents groupes parlementaires avaient expliqué à leurs collègues qu’ils devraient renoncer provisoirement et pour 3 mois d’affilée (à verser au fonds Covid) à certains avantages à cause du coronavirus qui touche le pays ». Les avantages en question concernaient les frais de gasoil, de chambre d’hôtel, de restauration auxquels il fallait ajouter ceux liés aux journées d’études régulièrement organisées par les députés ou aux voyages à l’étranger, en plus d’un mois de salaire. Leur manque de solidarité n’était pas passé inaperçu à l’époque.

Lire aussi | Poutine annonce la découverte du premier vaccin contre le coronavirus

Pour rappel, le Président de la Chambre des Représentants avait, dans une récente correspondance, adressé aux chefs des groupes parlementaires la décision rendant obligatoire le test des élus avant qu’ils ne siègent dans l’Hémicycle. Un changement en profondeur des mécanismes et avantages accordés à ces élus s’impose-t-il désormais ?

 
Article précédent

L’américain Adient lance une deuxième usine au Maroc

Article suivant

Ministère de l’Éducation : un démenti, et après ?