Banques

Très lourde perte pour la Banque Populaire Fès-Meknès

Que se passe-t-il à la BPR Fès-Meknès ? En effet, cet établissement qui fait partie des poids lourds des huit banques régionales composant l’ossature du modèle de banque coopérative de la BCP (Banque Centrale Populaire), vient d’essuyer à l’issue du premier semestre 2020, la plus lourde perte de son histoire….voire de l’histoire du groupe BCP qui remonte à il y a près d’un siècle. Aussi, avec un résultat net négatif de 600 millions de dirhams, la filiale à 51,25% de la BCP a obéré d’autant ses fonds propres, lesquels se sont repliés au niveau de 5,1 milliards de dirhams et réduit de plusieurs crans son ratio de solvabilité.


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Mais comment l’établissement présidé par Larbi LARAICHI en est arrivé là, lui qui avait jusqu’alors affiché une régularité de métronome dans la réalisation de bénéfices honorables et la distribution de dividendes sonnants et trébuchant à sa maison mère (93 millions de dirhams rien qu’en 2019) ? Aussi, selon des sources proches du numéro 2 des BPR (derrière la BPR Rabat-Kénitra) tant en dépôts collectés qu’en crédits distribués, cet accident de parcours traduit une remontée fulgurante des risques de crédit et notamment à cause du secteur de BTP (auquel la banque serait assez exposée), ce qui s’est traduit par une hausse significative des dotations en provisions pour créances en souffrance. Avec un Produit Net Bancaire aux alentours de 500 millions de dirhams, une telle évolution ne pouvait, hélas, que laminer la marge bénéficiaire en attendant l’issue du deuxième semestre qui risque de s’avérer, à son tour, non moins compliqué avec les conséquences économiques de la crise sanitaire actuelle.

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Malgré la taille intrinsèque de la BPR Fès-Meknès qui pèse presque autant que Crédit du Maroc (notamment en fonds propres), cette contre-performance est passé inaperçue et presque indolore dans la performance globale du groupe BCP tant cette filiale n’en représente que 2% du Résultat Net Part du Groupe (chiffres 2019). Mais, ce mini-séisme est scruté, par ailleurs, de la part des autres membres du GPBM (Groupement Professionnel des Banques Marocaines) qui suivent de très près le risque de dégradation de la solvabilité de leurs clients dans le contexte de dépression économique due au Covid-19 et son cortège de conséquences nuisibles potentielles sur l’activité bancaire (rentabilité, solvabilité, liquidité, etc). D’ailleurs, à fin juillet 2020 les créances en souffrance de l’ensemble du secteur bancaire ont affiché une hausse inquiétante de 14,2% en s’établissant à plus de 77 milliards de dirhams. Ce qui fait grincer des dents plus d’un, à commencer par la Banque centrale qui veille au grain et à la solidité du système bancaire appelé à jouer un rôle fondamental dans la sortie de la crise actuelle.

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Il est à rappeler que la BPR Fès-Meknès est l’émanation de deux fusions ayant eu lieu sur un intervalle de 16 ans. D’abord, en 2002 avec le rapprochement opéré entre BPR Fès et BPR Taza et, ensuite en 2018, par l’absorption de BPR Meknès par BPR Fès-Taza, laquelle a changé de dénomination dans la foulée. Cette dernière opération vient parachever un long processus de regroupement des différentes structures régionales initié par le groupe BCP en 1997 avec l’émergence en cette année de la BP Casablanca à partir de trois anciennes BPR, à savoir celles de Casablanca Anfa, Casablanca Sud et Casablanca Est. Elle a aussi donné lieu au premier actionnaire de la BCP (sachant qu’il y a un lien de participation croisée entre les BPR et leur maison mère) puisque BP Fès-Meknès en est sortie détentrice de 10,37% du capital de la BCP et ce, loin devant la CIMR qui en contrôle 6,47% du capital. A fin 2019, la BPR Fès-Taza revendique à son bilan près de 15 milliards de dirhams en créances sur la clientèle et 31 milliards de dirhams de dépôts collectés.

 
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