Distinguée à Dubaï dans la catégorie Inclusion sociale du «Dubai Award for Sustainable Transport 2026», ENAKL voit son modèle de mobilité collective intelligente reconnu à l’international. Une expérimentation menée à Casablanca-Settat, qui a bénéficié à 160 personnes et qui illustre le rôle du transport dans l’accès à la formation et à l’emploi.
La startup marocainea été distinguée lors de l’édition 2026 du «Dubai Award for Sustainable Transport» (DAST), organisée par la Roads and Transport Authority (RTA) de Dubaï. La cérémonie s’est tenue sous le haut patronage du Cheikh Hamdan bin Mohammed bin Rashid Al Maktoum, prince héritier de Dubaï, Vice-Premier ministre et ministre de la Défense des Émirats arabes unis.
Fondée en 2022 par Samir Bennani et Charles Pommarède, cette startup est spécialisée dans la mobilité collective intelligente. Elle a été récompensée dans la catégorie Inclusion sociale, qui salue une innovation technologique développée dans le Royaume au service d’une mobilité collective plus accessible, fiable et inclusive, dixit le management.
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Au-delà du trophée, ENAKL met en avant un constat, à savoir l’absence de transport fiable qui freine l’accès à la formation, à l’emploi et aux services essentiels. Une difficulté qui touche particulièrement les jeunes, les femmes et les habitants des territoires périphériques ou mal desservis. Toujours est-il que l’entreprise inscrit son approche dans un contexte d’étalement urbain, d’émergence de nouveaux bassins d’emploi et de disparités territoriales de desserte. Sa réponse associe innovation technologique, transport collectif organisé et prise en compte des besoins réels des usagers.
Aussi, les résultats mis en avant proviennent du programme E-Connect, dans le cadre duquel ENAKL a mené une initiative de mobilité inclusive avec la Région Casablanca-Settat, la Cité des Métiers et des Compétences (CMC) de Casablanca-Settat, la Région Île-de-France et l’Agence française de développement (AFD). Selon l’entreprise, l’expérimentation a bénéficié à 160 personnes, dont 52 % de femmes, et a permis d’assurer plus de 482 trajets collectifs, facilitant l’accès à la formation professionnelle.
Et toujours selon ENAKL, les résultats de l’expérimentation sont particulièrement encourageants. Les temps de trajet, qui pouvaient atteindre près de deux heures, ont été ramenés à environ 40 minutes grâce à la mise en place de liaisons collectives directes et régulières. Parallèlement, le taux de satisfaction a dépassé les 98 %, tandis que le décrochage est passé de 12 % à seulement 3 %, témoignant de l’impact positif du dispositif sur les bénéficiaires.
Sur ce dernier point, ENAKL précise elle-même que la baisse ne peut être attribuée exclusivement à l’amélioration du transport. L’initiative illustre néanmoins, selon elle, le rôle d’une mobilité accessible dans la continuité des parcours de formation, l’égalité des chances et la réduction des inégalités territoriales, ainsi que l’intérêt de la coopération entre acteurs publics, institutions et entreprises innovantes.
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Faut-il souligner qu’ENAKL repose sur un modèle asset-light ; en effet, l’entreprise s’appuie sur des transporteurs professionnels partenaires équipés de sa technologie. Sa plateforme intégrée regroupe la réservation digitale, la conception des itinéraires, la coordination des transporteurs, le suivi opérationnel et l’analyse des données, ce qui permet de concevoir des lignes en fonction de la demande.
Le dispositif s’appuie aussi sur des arrêts virtuels, positionnés au plus près des lieux de résidence avec un objectif de proximité de 500 mètres, qui facilitent la desserte sans infrastructure physique permanente. Cette approche permet d’expérimenter des lignes, d’évaluer leur potentiel et d’éclairer les décisions de développement des réseaux de transport public.
Pour l’entreprise, la mobilité collective intelligente complète les réseaux existants, en particulier lorsque la demande est dispersée ou insuffisamment couverte. Associant données, mutualisation et déploiement rapide, elle peut améliorer l’accessibilité des zones résidentielles, des zones industrielles et des bassins de formation, en lien avec les collectivités et les acteurs économiques.