Figurant à la 75e position en 2020, le Maroc s’est hissé à la 54e place dans l’édition 2026 de l’Indice mondial de l’innovation (Global Innovation Index, GII) publié, mardi, par l’Organisation mondiale de la Propriété industrielle (OMPI) à Genève, atteignant la 54e place, son meilleur classement historique.
Avec un nouveau bond de trois places par rapport à la dernière édition, le Royaume confirme sa trajectoire ascendante parmi les 139 économies évaluées par le GII, se classant au 4ème rang parmi les pays à revenu intermédiaire inférieur et désormais 7e dans la région Afrique du Nord et Asie de l’Ouest.
La progression du Maroc reflète la combinaison croissante de la montée en gamme industrielle et de la valorisation commerciale des actifs incorporels, commente l’OMPI, soulignant que le Royaume se classe au 5e rang pour les dessins et modèles industriels, au 8e pour l’intensité des actifs incorporels, au 13e en termes de croissance de la productivité du travail et au 16e pour les marques.
Lire aussi I Intelcia se renforce à l’international avec un nouveau site à Tunis
Le Royaume arrive aussi au 22e rang s’agissant de la stabilité des politiques publiques pour les affaires et à la 23e position concernant le taux de diplômés en sciences et en ingénierie, tout en affichant une position solide dans la production manufacturière de haute technologie (28e).
“Le Maroc est à la tête de la dynamique observée en Afrique du Nord, en associant montée en gamme industrielle et valorisation commerciale des actifs incorporels, des dessins et modèles industriels aux marques, en passant par les activités de haute technologie”, souligne le rapport de l’OMPI.
Le rapport note que cette performance s’inscrit dans une dynamique de transformation structurelle de l’économie marocaine, marquée par un passage progressif d’une économie fondée sur les matières premières et la production à faible coût vers des secteurs à plus forte intensité technologique et en capital immatériel.
Lire aussi | Jeu vidéo: le Maroc accélère pour faire émerger une nouvelle industrie
En termes de ressources et investissements mobilisés, le Maroc se classe 76e (innovation inputs), tandis qu’en termes de résultats concrets en matière de recherche, de technologie et de créativité, le Royaume affiche un rang nettement meilleur (innovation outputs 46e). Autrement dit, le Maroc transforme efficacement ses investissements en résultats tangibles.
Selon le GII, le Royaume fait partie d’une poignée de pays comme la Chine, l’Inde, la Turquie et les Philippines, dont la progression repose non seulement sur l’accroissement des ressources consacrées à l’innovation, mais aussi sur la capacité à connecter les savoir-faire nationaux aux marchés, notamment à travers les chaînes de valeur mondiales, les échanges de produits et services de haute technologie, les services numériques, le design, les marques, la propriété intellectuelle et l’activité des start-up.
Si ces facteurs permettent de mieux comprendre leurs avancées, ils mettent également en lumière le prochain obstacle à franchir : pour dépasser le top 40 ou le top 50, il faudra élargir les capacités de recherche, renforcer la R&D des entreprises, approfondir les liens entre la science et l’industrie et accroître la création de connaissances au niveau national, relève le rapport.
Lire aussi | Digital: le financement des startups franchit une étape décisive
La performance du Maroc suggère que les entreprises complètent de plus en plus leurs capacités de production par le design, la valorisation des marques et la différenciation des produits, estime l’Organisation.
Pour maintenir cette dynamique, le GII recommande au Maroc de renforcer les liens entre les universités et les entreprises, développer la R&D dans le secteur privé et améliorer l’accès des startups et des entreprises en phase d’expansion aux financements, notamment au capital-risque.