Le Baromètre de l’Industrie Marocaine 2025 place Rabat-Salé-Kénitra au deuxième rang national du chiffre d’affaires automobile en 2024. Derrière le chiffre, un modèle industriel et un territoire: Kénitra. Analyse.
Il y a des données qui se contentent de décrire. Il y en a d’autres qui obligent à comprendre. Le 29 % du chiffre d’affaires de l’industrie automobile marocaine généré en 2024 par la région Rabat-Salé-Kénitra appartient à cette seconde catégorie. Le Baromètre de l’Industrie Marocaine 2025 ne se contente pas de classer une région au deuxième rang national. Il met en lumière une architecture économique : des zones industrielles intégrées, un écosystème automobile en expansion, et un point d’ancrage, Kénitra, dont le statut est qualifié de stratégique. Ce n’est pas un simple palmarès. C’est une indication sur la manière dont la valeur se crée, se concentre et se territorialise dans l’industrie automobile marocaine.
Un chiffre qui pèse près d’un tiers du secteur
Commençons par la donnée brute. La région Rabat-Salé-Kénitra a généré 29% du chiffre d’affaires de l’industrie automobile marocaine en 2024, essentiellement grâce à Atlantic Free Zone (AFZ), une zone d’accélération industrielle intégrée à Kénitra. Selon l’édition de 2025 du Baromètre de l’Industrie Marocaine, une des principales sources d’informations statistiques apportant un éclairage précis sur la dynamique du tissu industriel du pays, la région Rabat-Salé-Kénitra vient derrière Tanger-Tétouan-Al Hoceïma (53 %) et devant Casablanca-Settat (14 %). Le rapport explique ce statut notamment par la densité des zones industrielles intégrées et l’expansion continue des écosystèmes automobiles.
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Cela signifie que sur cent unités de revenus réalisés par le secteur, vingt-neuf proviennent de cette région. Ce n’est pas une part marginale. C’est une fraction lourde, qui place ce territoire au deuxième rang national. Dans une économie où les activités industrielles sont souvent réparties entre plusieurs pôles, capter près de 30 % du chiffre d’affaires d’un secteur entier est un signal de puissance économique. Il faut toutefois être précis sur ce que ce chiffre mesure. Le chiffre d’affaires n’est pas un volume de production, ni un nombre d’emplois, ni un montant d’exportations. Il représente la valeur des ventes réalisées par les entreprises du secteur. Dans l’automobile, cette valeur dépend de l’organisation des chaînes de production, de la capacité à vendre des véhicules ou des composants, et de la position occupée dans les réseaux de sous-traitance. En captant 29 % de ce total, la région Rabat-Salé-Kénitra démontre qu’elle n’est pas un simple lieu d’implantation. Elle est un espace où se réalise une part significative de la richesse sectorielle.
Le deuxième rang national renforce cette lecture. La région n’est pas première, mais elle devance la majorité des autres. Dans une économie multipolaire, être deuxième n’est pas une position d’attente. C’est une position de force. Cela signifie qu’il existe au moins un territoire plus important en chiffre d’affaires automobile, mais que Rabat-Salé-Kénitra reste suffisamment puissante pour peser près de 30 % du total. La hiérarchie est claire : un premier pôle, puis celui-ci, puis les autres. Le texte fourni ne nomme pas les autres régions, et il n’est pas nécessaire de le faire pour comprendre l’essentiel. Ce qui compte, c’est que la région se situe dans le haut du classement, à une place qui la rend incontournable dans toute analyse de l’industrie automobile marocaine.
Rabat-Salé-Kénitra : une performance régionale, un rôle local
Les zones industrielles intégrées sont des espaces conçus pour accueillir des activités complémentaires, réduire les frottements logistiques et permettre aux entreprises de travailler en réseau. L’écosystème automobile, lui, renvoie à l’ensemble des acteurs qui participent à la chaîne de valeur : production, assemblage, composants, services liés. « La région ne se contente pas d’héberger des usines ; elle voit son tissu industriel s’élargir et se densifier », explique le baromètre.
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« Elle est un point d’appui. Les zones industrielles intégrées et l’écosystème en expansion sont les moteurs de cette performance. Ils créent un effet d’agglomération : plus les acteurs sont proches, plus les échanges sont fluides, plus les coûts de coordination baissent, plus la région devient attractive pour de nouvelles activités. Ce cercle vertueux n’est pas automatique. Il dépend de la qualité des infrastructures, de la disponibilité du foncier industriel, de la logistique et de la capacité à intégrer des fournisseurs locaux», explique l’économiste Driss Aissaoui.
La dynamique d’investissement qui accompagne l’essor de l’industrie automobile marocaine constitue aussi un élément du positionnement de Rabat-Salé-Kénitra. À l’échelle nationale, les investissements dans l’automobile au Maroc ont atteint 15,7 milliards de dirhams en 2024, contre 8,1 milliards en 2021, soit une progression de près de 94 % sur la période. Le Baromètre explique cette hausse notamment par l’extension des unités d’assemblage, l’arrivée de nouveaux équipementiers et le développement d’infrastructures liées aux technologies de pointe, notamment les batteries et les composants électroniques.
Les zones industrielles intégrées : l’architecture invisible de la performance
Le rôle des zones industrielles intégrées mérite une attention particulière. Elles structurent l’activité. Une zone industrielle intégrée permet aux entreprises de partager des services, de réduire les délais, d’organiser des flux réguliers et de bénéficier d’économies d’échelle. Pour l’industrie automobile, ces éléments sont cruciaux, car la production repose sur des chaînes synchronisées. Un retard, une rupture d’approvisionnement ou un coût logistique mal maîtrisé peuvent affecter l’ensemble.
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En misant sur des zones intégrées, la région Rabat-Salé-Kénitra et Kénitra se donnent les moyens de retenir les acteurs et d’en attirer de nouveaux. Le texte ne fournit pas de chiffres sur ces zones, mais il les identifie comme un pilier de la performance. C’est suffisant pour comprendre qu’il s’agit d’un avantage compétitif. L’expansion de l’écosystème automobile est le second pilier.
Le mot « expansion » suggère une dynamique. L’écosystème ne se contente pas d’exister ; il grandit. Cette croissance peut prendre plusieurs formes : diversification des activités, arrivée de nouveaux acteurs, montée en gamme, intégration locale plus poussée. Pour Kénitra, l’enjeu est de transformer cette dynamique en avantage durable. Le texte la place au centre du dispositif. Si les zones industrielles intégrées et l’écosystème automobile sont les moteurs, alors Kénitra est le point où ces moteurs se rencontrent. Cela lui confère un statut stratégique. Ce statut n’est pas seulement une étiquette. Il implique des responsabilités : maintenir la compétitivité, accompagner la croissance, éviter les goulets d’étranglement, préserver la cohérence entre les acteurs. Il y a aussi une dimension de concurrence entre territoires.
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Si Rabat-Salé-Kénitra est deuxième, cela signifie qu’elle est en compétition avec le premier et avec ceux qui suivent. Notons que Rabat-Salé-Kénitra a généré près de 101 milliards de dirhams (près de 10,3 milliards USD) de chiffre d’affaires industriel en 2024, en hausse de 6,6 % sur un an. Entre 2021 et 2024, ce chiffre a presque doublé, selon le baromètre.