Selon les Statistiques monétaires de Bank Al-Maghrib (BAM), l’encours total des crédits bancaires a atteint 1.258 MM DH à fin décembre 2025, réalisant une augmentation de 8% par rapport à 2024 grâce à sa composante crédits à l’équipement (+25%). De même, les ressources sous forme de dépôts auprès des banques, qui renforcent la liquidité du système bancaire, se sont établies à fin novembre à 1.367,7 MMDH, soit une hausse annuelle de 7,5%.
Le ‘’Tableau de bord des crédits et dépôts bancaires’’ publié par BAM le 10 février dernier et les ‘’Statistiques monétaires’’ mises à jour récemment, donnent une idée très précise à la fois sur le montant des crédits octroyés par le secteur bancaire aux entreprises, aux ménages et aux administrations publiques ainsi que l’ampleur des dépôts de ces agents économiques auprès des banques. Entre financement de l’économie et évolution de l’épargne, les différents indicateurs ont évolué favorablement, avec des rythmes différents selon les segments.
C’est ainsi que l’on découvre que l’encours global du crédit bancaire s’est établi à 1.258 MMDH à fin décembre 2025, enregistrant une hausse de 8% par rapport à fin décembre 2024. Et si on décortique ce montant par secteur institutionnel, on trouve que le secteur privé a obtenu 881 MM DH de crédits à fin décembre 2025, soit une augmentation de 3,9%, contre 122 MM DH pour le secteur public (10,9%).
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La ventilation du crédit bancaire par objet économique indique que les crédits de trésorerie ont atteint 254 MM DH à fin décembre 2025, les crédits à la consommation et autres créances sur la clientèle 277 MM DH. Les autres composantes qui ont un impact plus significatif sur l’évolution de l’activité économique ont évolué favorablement en 2025. Il s’agit en 1er lieu des crédits à l’équipement qui ont totalisé 304 MM DH à fin décembre 2025 réalisant un saut de 25,4%, contre une évolution moyenne de 6% entre 2020 et 2024. Les crédits immobiliers, quant à eux, ont totalisé 321 MM DH, soit une augmentation de 3,4% par rapport à fin décembre 2024. Ces hausses confirment un cycle de financement plus soutenu, dans un contexte où les besoins d’investissement et de trésorerie restent élevés dans plusieurs secteurs.
Par secteur institutionnel, les concours aux entreprises non financières privées ont marqué une progression annuelle de 3%. Cette évolution résulte essentiellement de la hausse de 13,9% des crédits à l’équipement et de 5,6% des prêts à la promotion immobilière. En revanche, les facilités de trésorerie ont enregistré un repli de 4,1% traduisant une maîtrise des besoins de financement à court terme des entreprises. Les crédits accordés aux ménages ont enregistré une hausse annuelle de 3,6%, en lien principalement avec la hausse de 3,3% des prêts à l’habitat et de 5% de ceux à la consommation. Quant aux crédits en souffrance, qui ont atteint 100,5 MM DH à fin décembre 2025, ils continuent d’augmenter mais à un rythme moins soutenu, passant de 7,1% en moyenne entre 2020 et 2024 à 3,1% en 2025.
Sur un autre registre, l’enquête de conjoncture de BAM indique qu’au 4ème trimestre 2025, l’accès au financement bancaire aurait été jugé « normal » par la majorité des entreprises et le coût du crédit aurait été en stagnation. Durant ce trimestre, les taux appliqués aux nouveaux crédits ont enregistré une hausse trimestrielle de 6 points de base à 4,94%. Ils se sont établis à 4,74% pour les Grandes entreprises et à 5,22% pour les TPME. Pour les ménages les taux appliqués aux nouveaux crédits ressortent à 4,67% pour les prêts à l’habitat et à 6,89% pour les crédits à la consommation.
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S’agissant cette fois des ressources sous forme de dépôts auprès des banques, ces derniers se sont établis à fin novembre à 1.367,7 MMDH, en hausse annuelle de 7,5%. Une montée qui renforce la liquidité du système bancaire et indique que l’épargne et les disponibilités continuent de s’accumuler dans leurs bilans. Par secteur institutionnel, les dépôts des ménages ont enregistré, d’une année à l’autre, une hausse de 5,9% pour s’établir à 978,7 MMDH dont 222,8 MMDH détenus par les Marocains résidants à l’étranger (MRE). Pour les entreprises non financières privées, leurs dépôts ont atteint 260,5 MMDH, soit une progression annuelle de 10%.
Et enfin, l’évolution de la rémunération de l’épargne indique que les taux appliqués aux dépôts à terme ont marqué, d’un mois à l’autre, des hausses de 22 points de base pour ceux à 6 mois et de 4 points de base pour ceux à 12 mois s’établissant respectivement à 2,53% et à 2,64% à fin décembre 2025. Le taux minimum de rémunération des comptes d’épargne a été fixé à 1,61% pour le premier semestre 2026, soit une baisse de 30 points de base par rapport au semestre précédent.
