Derrière les vidéos, des équipes, des emplois et une relation de confiance avec les communautés. Lors du Forum « Entrepreneurs en mouvement : Transformer les priorités en actions », organisé par la CGEM ce samedi 17 octobre, Yassine Ammor, chef d’entreprise et créateur de contenu, a défendu la reconnaissance d’un véritable métier. Son message aux dirigeants : pour toucher les publics, les marques doivent apprendre à créer un univers et à travailler avec ceux qui savent l’animer.
Une vidéo de quelques secondes peut demander plusieurs jours de travail. C’est cette réalité, souvent invisible pour le spectateur, que Yassine Ammor a voulu exposer devant les entrepreneurs réunis au Forum de la CGEM. Avec une communauté annoncée de 1,6 million d’abonnés sur Instagram et de 1,1 million sur YouTube, le créateur de contenu a présenté les ressorts d’une activité qu’il estime encore sous-évaluée au Maroc.
Son intervention, consacrée à « La nouvelle économie de la création de contenu », porte une conviction : derrière une personne qui se filme avec son téléphone se trouve une organisation, avec des compétences, des charges, des collaborateurs et un modèle économique.
Une vidéo, toute une chaîne de valeur
La création commence avant le tournage. Pourquoi prendre la parole ? Quel message transmettre ? Comment susciter une réaction ? Yassine Ammor décrit un processus qui associe analyse, créativité, planification, production et postproduction. Chaque séquence est pensée pour retenir l’attention. Puis vient l’analyse des résultats : comprendre ce qui fonctionne, lire les commentaires et ajuster les formats. La publication ouvre ainsi une nouvelle phase de travail.
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Cette exposition implique aussi une responsabilité. À mesure que l’audience grandit, le créateur doit mesurer la portée de ses messages et entretenir la confiance de ceux qui le suivent. Les réactions sont immédiates, parfois difficiles à recevoir après plusieurs jours consacrés à une réalisation. Pour Yassine Ammor, le divertissement reste au cœur de cette relation : offrir une parenthèse, transmettre une énergie positive et donner au public une raison de revenir.
Les marques doivent proposer un univers
Aux dirigeants, le créateur adresse trois questions : leur entreprise est-elle présente sur les réseaux sociaux ? Sa page donne-t-elle envie de demander un devis ou d’acheter ? Et surtout, aurait-on envie de la suivre sans avoir immédiatement besoin de son produit ? Cette dernière interrogation résume son approche. Une marque peut construire une audience autour d’un univers, au-delà de ses offres commerciales. Il cite Ryanair et Red Bull comme exemples de cette logique éditoriale.
La collaboration repose alors sur des compétences complémentaires. L’entreprise connaît son produit et ses objectifs ; le créateur connaît les codes de sa communauté et la manière de transformer un message en contenu attractif.
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Yassine Ammor illustre cette démarche par un concept de cache-cache organisé dans un espace de mobilier. Le jeu devient le centre de la vidéo, tandis que les produits s’intègrent au décor et permettent au spectateur de se projeter. La marque trouve sa place dans une expérience que le public choisit de regarder.
La confiance comme capital économique
Cette capacité à mobiliser une audience constitue, dans son analyse, la principale valeur du créateur. Elle se construit dans la durée, à travers une personnalité, un langage et des rendez-vous réguliers. Yassine Ammor souligne également l’intérêt des collaborations entre créateurs. En réunissant leurs communautés et leurs talents, ils peuvent élargir la diffusion d’un concept. Pour les entreprises, ces synergies représentent une piste à intégrer dans leurs choix marketing.
Il revendique ainsi une dimension entrepreneuriale : la création de contenu mobilise une comptabilité, des salariés et des investissements. Reconnaître ce fonctionnement doit permettre de construire des partenariats mieux adaptés au travail réalisé.
Une vitrine du Maroc, portée par des voix locales
Le créateur inscrit enfin son activité dans le rayonnement du Royaume. Les contenus diffusés sur les réseaux sociaux participent, selon lui, à l’image que les publics étrangers se font du pays. Il appelle à prendre conscience de cette responsabilité et à valoriser une énergie positive.
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Face à l’intelligence artificielle, il défend la place de la créativité humaine et du lien personnel avec l’audience. Son propre parcours lui sert d’exemple : il explique avoir gagné en notoriété lorsqu’il a commencé à s’exprimer en arabe.
Une manière de rappeler que la proximité culturelle peut devenir une force de création et de différenciation. Pour les entreprises, l’opportunité consiste à bâtir avec ces voix des contenus capables de susciter l’intérêt, d’entretenir la confiance et de soutenir leur visibilité.