À l’approche du 31 octobre, date de la Fête de l’Unité, une nouvelle œuvre voit le jour : « Li-Aïd al-Wahda, al-koullou youghanni » (« Pour la Fête de l’Unité, tout le monde chante »). Ce poème du professeur Saïd Ziouti a été mis en musique et interprété par l’artiste Abdelali El Ghaoui. Le clip, d’environ six minutes et demie, réunit poésie, musique et image dans un hommage à la patrie et à son intégrité territoriale.
Trois rois, une même marche
Le poème s’ouvre sur une formule : « Un beau destin pour une belle patrie ». Il convoque ensuite des rois qui « ont unifié le pays, déroulé le tapis et annoncé la gloire ». En trois vers, le poète résume un siècle d’histoire marocaine. « Un Cinquième qui, par la détermination, a mené une révolution » évoque feu S.M. le Roi Mohammed V et la Révolution du Roi et du Peuple. « Un Deuxième qui, par la paix, a inventé une Marche » rappelle la Marche Verte de feu S.M. le Roi Hassan II. Enfin, « un Sixième qui, avec fermeté, a poursuivi la route et tenu parole » désigne S.M. le Roi Mohammed VI, qui prolonge ce chemin.
Le désert en fête
Le texte passe ensuite de l’histoire à l’émotion. La plume du poète « s’est parée de parfum et de la plus belle encre » pour écrire « la plus belle des fêtes ». La joie gagne bientôt toute la nature : les sables du Sahara chantent « d’un trop-plein de bonheur », les gazelles dansent « sur les notes de l’heureux événement », les épis sourient dans les prairies et les palmes frémissent dans les oasis. Les chameaux accourent « seuls ou en troupeaux, de toutes parts » pour partager avec le désert une fête « où les serments se renouvellent et où flottent fièrement les étendards de la gloire ».
Parmi les images les plus fortes du poème : les aigles et les moineaux qui volent « côte à côte, dans le ciel de la concorde », pour dessiner « le tableau de la sécurité sur la place de la joie » et annoncer « la coexistence dans l’ère nouvelle ».
De Tanger à Lagouira
Le poème atteint son sommet quand il dessine la carte entière du pays : « De Tanger la radieuse à Lagouira la bien-aimée, les contrées chantent les plus doux des chants et entonnent les hymnes de la fierté et de la grandeur ». Un vers résume toute l’œuvre : « C’est le Sahara qui a ri pour la fête, et la patrie tout entière a ri ».
Saïd Ziouti conclut sur une confidence, « Voici un poème de moi, empli de sentiments et d’émotions », puis sur une prière : « Seigneur, garde notre cher Maroc uni, et garde-lui sa gloire altière à jamais ».
L’image au service du verbe
Le clip s’ouvre sur un panorama de la ville de Laâyoune, surmonté du titre du poème en lettres dorées. Suivent des images d’archives du lever du drapeau national, puis les portraits des trois rois célébrés par le poème. Le clip emmène ensuite le spectateur à travers le Royaume, de Dakhla aux médinas anciennes, entre dunes, troupeaux de gazelles, cascades et troupes folkloriques. On y voit aussi des images du Conseil de sécurité de l’ONU et de l’Union africaine. Abdelali El Ghaoui apparaît en daraâ sahraouie au milieu des sables, puis sur une scène baignée de lumière. Le voyage se termine sur les derniers vers du poème, affichés sur fond de dunes.
Poésie, musique et image se rejoignent ainsi dans « Pour la Fête de l’Unité, tout le monde chante », une œuvre qui vient enrichir le répertoire de la chanson patriotique marocaine. Son message est simple et profond à la fois : quand le Sahara se réjouit, c’est tout le Maroc qui se réjouit.
Les vers cités en français sont des traductions libres.