Réunis à Rabat, ce mardi 20 octobre, l’AMDIE et l’OCDE entendent accélérer l’adoption des standards internationaux de conduite responsable par les entreprises marocaines. Cinq mémorandums d’entente doivent formaliser de nouveaux partenariats autour de la gouvernance, de l’intégrité et du développement durable.
La responsabilité des entreprises s’impose progressivement comme un enjeu de compétitivité et d’attractivité des investissements. C’est dans cette perspective que l’Agence marocaine de développement des investissements et des exportations (AMDIE), qui préside le Point de contact national (PCN) marocain, organise avec l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), les 20 et 21 octobre à Rabat, une rencontre de haut niveau consacrée à la conduite responsable des entreprises (CRE).
Placée sous le thème « La conduite responsable des entreprises au Maroc : un levier stratégique de durabilité et de compétitivité », cette initiative s’inscrit dans le programme régional de l’OCDE dédié au Moyen-Orient, à l’Afrique du Nord et à la Türkiye, lancé en décembre 2023. L’objectif est de mobiliser les acteurs économiques et institutionnels autour de pratiques responsables et de favoriser l’intégration des standards internationaux dans le tissu productif national.
Lire aussi | Plus de 80 entreprises marocaines présentes au SIAL de Paris
Cette rencontre revêt également une portée symbolique, puisqu’elle coïncide avec le quinzième anniversaire du PCN marocain et le cinquantième anniversaire des Principes directeurs de l’OCDE à l’intention des entreprises multinationales, adoptés en 1976.
Cinq partenariats pour accélérer la transformation
L’un des temps forts de l’événement sera la signature de cinq mémorandums d’entente entre l’AMDIE et plusieurs partenaires institutionnels et économiques : l’Instance nationale de la probité, de la prévention et de la lutte contre la corruption (INPPLC), l’Agence nationale de gestion stratégique des participations de l’État et de suivi des performances des établissements et entreprises publics (ANGSPE), la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), l’Association marocaine des industries du textile et de l’habillement (AMITH) et la Fédération nationale de l’agroalimentaire (FENAGRI).
Ces accords doivent renforcer la coopération entre les secteurs public et privé et favoriser le lancement d’initiatives conjointes. En toile de fond, une même ambition : faire de la gouvernance, de l’intégrité et de la durabilité des composantes à part entière de la transformation économique du Royaume.
Lire aussi | CGEM: comment transformer le secteur privé en moteur de l’investissement
Pour le Maroc, l’enjeu dépasse la seule conformité aux normes internationales. Il s’agit aussi de consolider l’attractivité de l’économie nationale, de renforcer la confiance des investisseurs et de promouvoir une croissance plus inclusive et durable.
Sept régions couvertes depuis 2024
Présidé et animé par l’AMDIE, le PCN marocain joue un rôle central dans la diffusion des principes de conduite responsable auprès des entreprises et des différentes parties prenantes. Ses missions couvrent la sensibilisation, la formation, la promotion des bonnes pratiques, mais aussi la facilitation du dialogue en cas de différends liés à l’application des Principes directeurs de l’OCDE.
Depuis 2024, le dispositif a renforcé son ancrage territorial à travers une tournée ayant couvert sept régions du Royaume. Cette démarche s’est traduite par l’organisation de sept événements régionaux et de huit ateliers de formation. Le PCN a également participé à 31 événements consacrés à la promotion de la conduite responsable des entreprises, en partenariat avec des institutions publiques, des organisations internationales et des acteurs professionnels.
Lire aussi | Créations d’entreprises: le véritable défi commence-t-il après l’immatriculation ?
Ces actions visent à rapprocher les standards internationaux des réalités opérationnelles des entreprises marocaines et à encourager leur appropriation par l’ensemble des acteurs économiques.
Un cadre international couvrant onze domaines
Adhérent depuis 2009 à la Déclaration de l’OCDE sur l’investissement international et les entreprises multinationales, le Maroc s’est engagé à promouvoir un environnement favorable à l’investissement et à la conduite responsable des entreprises. Les Principes directeurs qui accompagnent cette déclaration constituent le principal cadre international de référence en la matière. Actualisés pour la dernière fois en 2023, ils formulent des recommandations couvrant onze domaines, des droits humains aux conditions de travail, en passant par l’environnement, la lutte contre la corruption, la transparence, la concurrence et la fiscalité.
Au cœur de ce dispositif figure le devoir de diligence. Cette démarche fondée sur les risques invite les entreprises à identifier, prévenir et atténuer les incidences négatives de leurs activités et de leurs relations d’affaires, à suivre les résultats des mesures engagées et à rendre compte des actions entreprises.
Lire aussi | BANK OF AFRICA partenaire engagé en faveur du développement des TPE au Maroc
Le PCN marocain remplit, pour sa part, trois fonctions principales : promouvoir les Principes directeurs, examiner les circonstances spécifiques en tant que mécanisme de recours non juridictionnel et contribuer à la cohérence des politiques publiques en matière de conduite responsable. Depuis 2023, son fonctionnement repose sur une approche tripartite associant les administrations et institutions concernées, les représentants du patronat réunis au sein de la CGEM et les organisations syndicales les plus représentatives.
Le Maroc dans un réseau de 52 pays
Le dispositif marocain s’inscrit dans un réseau international de 52 Points de contact nationaux, établi par les pays adhérents à la Déclaration de l’OCDE. Cette coopération permet de partager les expériences, de diffuser les bonnes pratiques et d’améliorer l’efficacité des mécanismes nationaux.
Le Maroc participe également aux travaux de l’organisation et aux initiatives régionales consacrées à la conduite responsable des entreprises dans la région du Moyen-Orient, de l’Afrique du Nord et de la Türkiye. En 2023, le PCN marocain a ainsi fait l’objet d’un examen par les pairs, avec la participation des Points de contact nationaux de France, de Pologne et de Türkiye, ainsi que du secrétariat de l’OCDE. L’exercice visait à évaluer le fonctionnement du dispositif et à identifier les améliorations nécessaires au regard des standards internationaux.
Lire aussi | Mehdi Tazi: le Maroc doit passer de la compétitivité par les coûts à la création de valeur
À travers cette nouvelle rencontre de Rabat et les partenariats annoncés, les autorités marocaines entendent inscrire davantage la responsabilité des entreprises dans les pratiques économiques nationales. Un chantier qui place désormais la gouvernance et la durabilité au croisement de deux priorités : la performance des entreprises et la compétitivité du Royaume.