Au cours d’une séance plénière commune des deux Chambres du Parlement, la cheffe du gouvernement, Fatima Ezzahra El Mansouri, a présenté, lundi 19 octobre, les engagements du programme gouvernemental, qu’elle a qualifié de « contrat politique et institutionnel », fondé sur la confiance royale et la volonté populaire exprimée aux législatives du 23 septembre.
Mme El Mansouri s’est engagée « à être à l’écoute, à dire la vérité concernant les moyens et les contraintes, et à traduire les engagements en programmes réalisables », assurant que la nouvelle majorité « est pleinement consciente de l’ampleur de cette responsabilité et de l’importance des échéances à venir ».
Dans cette revue, nous présentons les principaux engagements et promesses du gouvernement pour les cinq prochaines années :
Amélioration des conditions de vie
L’Exécutif compte porter la valeur de l’aide sociale de 500 à 1.000 dirhams d’ici la fin du mandat, et augmenter progressivement le seuil minimum des pensions de retraite principales à 3.000 dirhams par mois dans les différents régimes, en vue de garantir une vie digne aux citoyens et de consacrer l’État social.
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Dans le même sillage, elle a annoncé que le gouvernement veillera à accorder aux veuves une pension complète équivalente à 100 % de la pension principale due au conjoint décédé, au lieu des 50 % actuels, tout en préservant les droits des orphelins et des autres ayants droit.
Aussi, le gouvernement fera face à la cherté de la vie à travers une stratégie visant à renforcer le revenu des ménages, à maîtriser les causes de l’inflation, à élargir la protection sociale et à garantir des services publics de qualité.
Afin de ramener les prix des produits alimentaires à des niveaux raisonnables, le gouvernement mettra en place des plans d’approvisionnement pour les produits stratégiques et rapprochera le producteur du consommateur via des sociétés régionales et des plateformes professionnelles de collecte et de commercialisation.
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Le gouvernement œuvrera à réformer les circuits de distribution des viandes et des poissons et à réguler le rapport entre l’exportation et l’approvisionnement du marché national selon des règles claires et stables.
D’autre part, la cheffe du gouvernement a annoncé l’instauration d’une compensation sociale automatique équivalente à la facture mensuelle d’électricité ne dépassant pas 100 dirhams pour le logement principal des ménages éligibles, sans nécessiter de demande papier ou de déplacement administratif.
Elle a également fait part du lancement d’une réforme progressive de l’Impôt sur le Revenu (IR) en vue d’améliorer le revenu net des salariés et d’encourager l’emploi déclaré.
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Par ailleurs, le gouvernement va s’employer à accélérer ce chantier royal pour atteindre une couverture sanitaire universelle et effective, et garantir la pérennité de l’Assurance maladie obligatoire (AMO).
Système des retraites
S’agissant des régimes de retraite, la cheffe du gouvernement a fait part de sa détermination de lancer une réforme globale en concertation avec les partenaires sociaux et économiques, soutenant que cette réforme ne saurait se réduire à la seule modification de l’âge de départ à la retraite ou à la révision des taux de cotisation et du mode de calcul des pensions.
Le véritable défi, a-t-elle relevé, consiste à rebâtir un système cohérent qui élargit la protection aux personnes dépourvues de pension, qui rapproche les droits et obligations entre les différents régimes et qui garantit l’adéquation des pensions ainsi que la pérennité de leur financement, dans le cadre d’une transition juste préservant les droits acquis.
Santé
Le gouvernement s’attellera à pallier le déficit territorial en matière d’offre de soins, à institutionnaliser le parcours de soins, à réformer l’accueil des patients et les services des urgences, à généraliser le Service d’aide médicale urgente (SAMU) et à instaurer un système national d’information sanitaire unifié, parallèlement au parachèvement de la réforme institutionnelle, à la valorisation de la fonction publique de la santé et au renforcement des ressources humaines.
Sécurité alimentaire
Le gouvernement projette d’opérer une transition, passant d’un soutien conjoncturel à une maîtrise des facteurs de production, à travers un programme de souveraineté en matière de semences, visant à faire passer la part des semences nationales de 20% à 50% au cours de la présente mandature.
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De même, il veillera à sécuriser les stocks, à assurer l’approvisionnement du marché, à réviser les stocks de céréales et à réguler les exportations des filières sensibles.
L’Exécutif s’engage à reconstituer le cheptel, en facilitant l’accès des petits éleveurs à des races à haut rendement, en soutenant les races locales et en renforçant la vigilance sanitaire et épidémiologique.
Ressources hydriques
La stratégie gouvernementale visant à assurer la sécurité hydrique stratégique repose sur l’accélération de la réalisation de stations de dessalement d’eau de mer, avec pour objectif de mobiliser 1,8 milliard de mètres cubes à l’horizon 2031.
Cette stratégie repose également sur la diversification et le renforcement de l’offre en eau, à travers la multiplication des barrages, notamment dans les zones arides, semi-arides, montagneuses et les oasis, ainsi que par la mise en œuvre de projets de transfert d’eau entre bassins et régions.
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Le gouvernement s’engage, aussi, à élaborer un Plan national de l’eau qui constitue un cadre stratégique pour orienter la politique hydrique nationale à long terme, selon une approche qui prend en compte les spécificités naturelles, climatiques, économiques et sociales, tout en assurant la convergence des politiques publiques liées à l’eau, à l’agriculture, à l’énergie, à l’environnement et à l’aménagement du territoire.
Energie
L’Exécutif s’engage à accélérer le programme de développement des énergies renouvelables, afin de porter leur part à plus de 52% du mix énergétique à l’horizon 2030. Il s’agit aussi de la mise en œuvre de l’Offre Maroc pour l’hydrogène vert, du déploiement progressif de la feuille de route relative aux infrastructures gazières et de l’application des mesures d’efficacité énergétique.
Numérique
Le gouvernement mettra en place un mécanisme national intégré dédié à la cybersécurité, à la protection des données et à la sécurisation des systèmes critiques. En outre, cette stratégie porte sur l’extension de la couverture Internet, notamment dans les zones reculées, l’élaboration d’un cadre pour une intelligence artificielle sûre et responsable, et la création des conditions propices à l’attraction des investissements le soutien des startups.
Souveraineté industrielle
L’accent sera mis sur le renforcement de la souveraineté industrielle et la position du Maroc au sein des chaînes de valeur à travers la mise en œuvre des Initiatives Royales, tant à l’échelle africaine qu’au niveau atlantique, ainsi que par le développement de corridors maritimes, logistiques et énergétiques, l’émergence de nouveaux métiers et le déploiement d’industries à faible empreinte carbone.
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Conformément aux hautes orientations royales, le gouvernement va œuvrer à réunir les conditions nécessaires à l’établissement d’une base industrielle et technologique de défense, en améliorant le cadre juridique, la compétitivité et les mesures incitatives.
Il sera aussi question de constituer une flotte marchande nationale forte et compétitive, tout en accélérant la réalisation des grands projets portuaires ainsi que des zones logistiques et industrielles qui y sont rattachées.
Droits des femmes
S’agissant de la condition féminine, le gouvernement continuera à œuvrer pour son amélioration, ainsi que pour la promotion de l’égalité et l’égalité des chances, ainsi que de l’autonomisation économique des femmes grâce à l’emploi décent et au soutien à l’esprit d’initiative et à l’indépendance financière.
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Ces efforts portent également sur la lutte contre la violence à l’égard de la femme, l’élargissement de sa participation aux centres de décision, ainsi que sur l’amélioration de son accès à l’éducation, à la santé et à la protection sociale, en particulier en milieu rural et parmi les groupes vulnérables.
Jeunesse
Les questions de la jeunesse sont présentes dans les domaines de la participation politique et institutionnelle, de la stratégie nationale intégrée de la jeunesse, de la qualité de l’école publique, de l’orientation et de la formation professionnelle, ainsi que de l’ancrage des jeunes agriculteurs en milieu rural.
Les jeunes sont également présents dans les grands projets et chantiers de la Coupe du Monde 2030, la formation aux métiers du numérique, le retour des compétences et la réduction de la fuite des diplômés de l’enseignement supérieur.
L’Exécutif mettra en place une stratégie nationale intégrée de la jeunesse, reposant sur une gouvernance cohérente, globale et participative, ainsi que sur l’amélioration du cadre institutionnel, le but étant de garantir à cette catégorie des droits clairement définis, un accompagnement adapté et un accès aux opportunités économiques.
Identité nationale
La cheffe du gouvernement a annoncé la mise en place d’un fonds spécial doté de 2 milliards de dirhams (MMDH) pour la mise en œuvre du caractère officiel de l’amazighe.
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Dans le même sillage, il sera procédé à la création d’une commission ministérielle permanente auprès de la cheffe du gouvernement qui sera chargée d’assurer le suivi de l’intégration de l’amazighe dans l’enseignement, l’administration, la justice, les médias et la signalétique publique, avec la publication des indicateurs de couverture dans un rapport annuel.
Le gouvernement s’emploiera à préserver l’identité, la citoyenneté et la cohésion de la société, soulignant qu’il s’agit d’une priorité reposant sur la protection de l’identité marocaine fédératrice, la consécration des valeurs de solidarité entre les catégories, les générations et les régions, ainsi que la préservation de la famille en tant que fondement de l’équilibre sociétal.
Régionalisation
Le gouvernement veillera à renforcer les ressources financières des régions et à favoriser leur autonomie, à travers une augmentation du montant des transferts financiers qui leur sont destinés à au moins 12 milliards de dirhams, à partir de 2027, en plus de la généralisation des contrats-programmes entre l’État et les régions, en définissant à cet égard des objectifs clairs en matière d’emploi, d’investissement et de réduction des disparités.
Le gouvernement s’emploiera à accélérer la mise en œuvre pleine et entière de la Charte de déconcentration administrative, comme cela a été affirmé par SM le Roi Mohammed VI, afin d’accompagner le chantier de la régionalisation avancée et de relever le défi du développement territorial intégré.
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La mise en œuvre de la nouvelle génération de programmes de développement territorial intégré sera l’un des piliers du programme gouvernemental. Lesdits programmes devront former la base des politiques publiques territoriales au cours des prochaines années.
Moralisation de la vie publique
Les institutions ne sauront regagner la confiance sans une lutte effective contre la corruption et les conflits d’intérêts. Dans ce sens, le gouvernement œuvrera au parachèvement du Système national de probité, notamment en incriminant l’enrichissement illicite, en sanctionnant les conflits d’intérêts en application de l’article 36 de la Constitution, en renforçant la déclaration obligatoire de patrimoine et en pénalisant la divulgation d’informations visant à obtenir des privilèges.
Il lancera une réforme structurelle pour réguler les marchés et lutter contre le monopole et l’intermédiation opportuniste, à la faveur d’un mécanisme dédié et des moyens appropriés, en coordination avec le Conseil de la concurrence.
Le gouvernement mettra en place des mécanismes d’examen des marchés publics et d’investigation sur les ententes dans les appels d’offres, érigera la commande publique en levier de production et d’inclusion, tout en obligeant, en vertu de la loi, les donneurs d’ordre à réserver 30% de la valeur de leurs marchés aux petites et moyennes entreprises marocaines.