Quelques jours après les élections du 23 septembre, le discours royal prononcé à l’ouverture de la première année de la 12è Législature a, tout naturellement, fixé l’horizon pour le nouveau mandat législatif et gouvernemental, tout en présentant la vision du Souverain pour construire un Maroc fier et socialement équitable.
La cheffe de gouvernement désignée, Fatima Ezzahra El Mansouri, la future majorité parlementaire, tout comme l’opposition, savent à quoi s’en tenir pour les cinq prochaines années. « Nous attendons que (le nouveau mandat législatif et gouvernemental) constitue un véritable tournant pour un Maroc soucieux de poursuivre son ambition de puissance économique émergente et fiable et tout aussi attaché à trouver un équilibre harmonieux entre les logiques de croissance économique et les impératifs d’une justice sociale et spatiale renforcée », souligne le Souverain.
Outre l’activation des projets d’infrastructures à l’ordre du jour, le Souverain appelle qu’une nouvelle génération de grandes stratégies doit être lancée, notamment dans les secteurs de la sécurité hydrique, énergétique et alimentaire, de l’émergence industrielle, de l’économie numérique et de l’intelligence artificielle.
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Et pour construire un Maroc moderne et prospère, le discours met en avant trois leviers essentiels : la fierté nationale, la jeunesse et la déconcentration administrative. « En 2014, à cette même tribune, J’avais déclaré que : « le sentiment qui M’est le plus cher dans la vie, c’est celui d’être fier de Ma marocanité » […] Aujourd’hui encore, le même sentiment demeure intact, et les années passant, il ne fait que croître et s’enraciner davantage », assure le Souverain.
De ce fait, la fierté nationale doit constituer un moteur de mobilisation et de responsabilité citoyenne, du fait qu’elle renforce le sentiment d’appartenance. Celle-ci repose sur l’ancienneté de l’État marocain, la continuité de sa monarchie, l’authenticité de son identité religieuse et la richesse de sa civilisation aux multiples influences. Elle s’appuie également sur les acquis politiques, diplomatiques, économiques et sociaux qui ont contribué à la modernisation du pays et au renforcement de son rayonnement international.
« La fierté nationale, ici, n’est pas une forme de vanité, ni l’expression d’une autosatisfaction. Elle est plutôt le catalyseur qui transforme l’appartenance en responsabilité, l’assurance en devoir national », relève Sa Majesté.
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En corrélation, le Souverain insiste sur la place centrale qu’occupe la jeunesse dans la vision du développement national. Le discours souligne la nécessité de placer les préoccupations des jeunes au cœur des politiques publiques et des décisions des institutions de gouvernance.
Cette priorité doit se traduire par une approche intégrée fondée sur l’égalité des chances, l’amélioration de l’éducation, la qualification professionnelle et l’insertion économique. Elle suppose également de favoriser la création d’emplois, notamment grâce à un secteur privé plus dynamique, innovant et capable de développer l’investissement.
« Les jeunes seront ainsi plus assurés de leur capacité à monter dans l’échelle sociale et auront davantage foi dans les institutions de leur pays et dans les opportunités qui leur sont offertes pour bâtir un avenir meilleur dans un cadre garant de liberté, de dignité et de stabilité », fait remarquer le Souverain.
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Pour rendre cela possible, il faudra activer le levier de la déconcentration administrative et de la décentralisation, en vue d’accélérer le développement territorial et améliorer l’efficacité de l’action publique. Ainsi, cette orientation permettra de rapprocher la prise de décision des citoyens, en transférant les compétences et les ressources humaines et financières de l’administration centrale vers les services territoriaux, les provinces et les régions.
« Or le retard et les dysfonctionnements qui freinent toujours l’opérationnalisation de la décentralisation et de la déconcentration affectent les programmes de développement socio-économique et empêchent de répondre aux préoccupations réelles des citoyens », déplore Sa Majesté.
A cet effet, le Souverain souligne « avec force qu’aucun retard ni atermoiement n’est plus tolérable dans la mise en œuvre pleine et entière de la Charte de la Déconcentration, avec ce que cela implique en termes de transfert des compétences et de réaffectation des ressources humaines et financières nécessaires du Centre vers les provinces et les régions ».
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Dans cet effort collectif pour aller de l’avant, le secteur privé est aussi appelé à s’acquitter de sa part de responsabilité dans le développement global du pays. « Nous l’engageons aussi à se montrer plus entreprenant, plus créatif et plus apte à créer des opportunités d’emploi et à développer ses capacités d’investissement et d’exportation », lance le Souverain.
En définitive, le discours royal défend un modèle de développement fondé sur une identité nationale forte, une administration territoriale efficace et une jeunesse qualifiée, intégrée et porteuse d’espoir. La réalisation de cette ambition exige des réformes concrètes, une meilleure coordination entre les institutions et une mobilisation de tous les acteurs publics et privés.