Le Groupe OCP, leader mondial des engrais phosphatés, a publié, mardi 29 septembre, ses résultats pour le premier semestre 2026, durant lequel la société a réussi à maintenir une solide marge d’EBITDA, dans un environnement de marché particulièrement difficile.
« Les fondamentaux solides d’OCP, conjugués à des décisions stratégiques portant sur les niveaux de production, l’approvisionnement en matières premières et l’optimisation du mix produits, ont permis au Groupe d’afficher une performance résiliente dans un environnement opérationnel très difficile, marqué notamment par une envolée des prix du soufre et une hausse des prix de l’ammoniac », explique le management dans un commentaire sur les résultats semestriels.
La même source rappelle que le Groupe avait sécurisé des stocks de soufre en amont de la forte hausse des prix, comme indiqué lors de la publication de ses résultats annuels 2025 en mars 2026. Le Groupe a également avancé au début du deuxième trimestre une partie du programme de maintenance initialement prévu au second semestre afin de préserver sa flexibilité opérationnelle pour le reste de l’année. Parallèlement, OCP a poursuivi la montée en puissance de la production et des ventes de TSP, un engrais riche en phosphate qui nécessite nettement moins de soufre et pas d’ammoniac.
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« Ces mesures, associées à notre compétitivité en matière de coûts et à la flexibilité de notre modèle industriel, ont renforcé la résilience du Groupe dans un marché confronté à une hausse exceptionnelle du coût des matières premières ainsi qu’à un recul de la demande mondiale d’engrais, principalement lié à la dégradation de l’accessibilité économique des agriculteurs », relève le management.
Et de poursuivre : « outre l’impact de la hausse des prix des engrais, le déstockage et les facteurs saisonniers ont également contribué au recul de la demande observé dans les principales régions importatrices au premier semestre 2026. Dans cet environnement, OCP a continué à servir une base de clients mondiale et bien diversifiée, tout en augmentant la part du TSP dans son mix produit, une solution plus accessible pour les agriculteurs qui présente également des avantages agronomiques significatifs ».
La même source note que, le 29 juin 2026, le gouvernement américain a suspendu, pour une durée pouvant aller jusqu’à huit mois, les droits compensateurs appliqués aux importations de phosphates en provenance du Maroc, invoquant une pénurie importante d’engrais aux États-Unis. OCP a rapidement répondu aux besoins des agriculteurs américains en reprenant ses exportations d’engrais vers les États-Unis en juillet et août. « Cette reprise illustre la capacité du Groupe à fournir, en juste-à-temps, d’importants volumes de produits adaptés pour répondre à une demande additionnelle », assure la même source.
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Cité dans un communiqué, Mostafa Terrab, Président-Directeur Général du Groupe OCP, explique que « tout au long du premier semestre, OCP a maintenu un profil de marge solide, avec une marge d’EBITDA de 28% sur les six premiers mois et de 27% au deuxième trimestre, malgré des conditions de marché plus difficiles ».
Résultats opérationnels et financiers
Les indices de prix mondiaux des engrais phosphatés ont fortement progressé au premier semestre 2026, avec une nette accélération au deuxième trimestre dans un contexte de tensions accrues au Moyen-Orient. La dégradation de l’accessibilité économique a pesé sur la demande mondiale, entraînant une baisse des volumes importés sur les principaux marchés, notamment en Inde, en Europe et en Afrique.
En Inde, des stocks élevés en début de période ont entraîné un important déstockage, tandis que les importations européennes sont restées contraintes par une moindre accessibilité économique ainsi que par des achats anticipés au quatrième trimestre de l’année précédente. En Afrique, le recul de la demande reflète principalement l’anticipation, au quatrième trimestre 2025, des achats éthiopiens. Le Brésil a fait preuve d’une plus grande résilience, avec une baisse plus contenue de la demande d’importation.
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Du côté de l’offre, la disponibilité mondiale est restée contrainte par l’absence persistante des exportations chinoises de phosphates, la baisse des volumes russes en Europe et le recul des exportations saoudiennes lié aux perturbations géopolitiques. La production mondiale d’engrais a également été affectée par les contraintes sur les matières premières, en particulier la disponibilité limitée du soufre et ses prix exceptionnellement élevés, plusieurs producteurs d’engrais phosphatés ayant réduit leurs cadences de production au cours de la période.
Face à ces conditions de marché, OCP a continué à s’appuyer sur la flexibilité de son modèle industriel intégré pour faire face aux contraintes d’approvisionnement en matières premières. Le Groupe a renforcé la sécurisation et la diversification de ses approvisionnements en soufre en développant de nouveaux partenariats stratégiques et de nouvelles sources d’approvisionnement, tout en optimisant son mix produit en faveur du TSP, moins intensif en soufre et ne nécessitant pas d’ammoniac. Le TSP a représenté 35% des volumes d’engrais exportés au premier semestre 2026, contre 26% sur la même période en 2025.
Comme annoncé précédemment, OCP a avancé au deuxième trimestre une partie du programme de maintenance initialement prévu au second semestre afin d’optimiser les arrêts de production, tout en adaptant son rythme opérationnel aux conditions de marché. Cette approche a permis au Groupe de préserver toute sa flexibilité opérationnelle afin de répondre à la demande du marché au second semestre.
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Au premier semestre 2026, le chiffre d’affaires du Groupe OCP s’est établi à 48 372 millions de dirhams, contre 52 166 millions de dirhams un an auparavant. Cette évolution reflète la baisse des volumes de vente dans les principaux segments, dans un contexte où les contraintes d’accessibilité économique ont pesé sur la demande dans plusieurs marchés clés. Le chiffre d’affaires des engrais a reculé de 7 % sur un an en monnaie locale, principalement en raison de la baisse des volumes exportés dans un contexte de ralentissement de la demande mondiale, notamment en Inde, en Europe et en Afrique.
Malgré cet environnement, OCP s’est appuyé sur son agilité commerciale pour accroître la part de ses ventes à destination des Amériques, notamment au Brésil. Le chiffre d’affaires de la roche phosphatée a diminué de 28% sur un an en monnaie locale, sous l’effet de volumes de vente plus faibles sur le marché local, dans un contexte où la hausse du coût du soufre a pesé sur la demande des producteurs d’acide phosphorique et d’engrais.
Le chiffre d’affaires de l’acide phosphorique a reculé de 9% sur un an en monnaie locale, principalement en raison de la baisse des volumes exportés, OCP ayant stratégiquement privilégié l’utilisation de l’acide phosphorique disponible pour ses propres besoins de granulation et de production d’engrais, dans un contexte de hausse des coûts du soufre. Specialty Products & Solutions (SPS) continue de renforcer le positionnement du Groupe OCP sur les marchés premium et à plus forte marge des produits de spécialité, jouant un rôle clé dans la stratégie de diversification axée sur la création de valeur du Groupe.
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Le segment a fait preuve d’une forte résilience, préservant ses marges malgré l’évolution des conditions de marché, grâce à la poursuite de la montée en gamme et à une approche disciplinée de création de valeur. Ce positionnement s’est traduit par une hausse de 26 % du chiffre d’affaires en monnaie locale, à 4 755 millions de dirhams, renforçant davantage la contribution de SPS aux résultats du Groupe.
La marge brute du premier semestre 2026 s’est établie à 26 369 millions de dirhams, soit un taux de marge brute de 55%, contre 64% sur la même période de l’année précédente. Malgré une pression sans précédent sur les coûts, liée à la hausse du prix du soufre, le Groupe a maintenu un niveau solide de rentabilité opérationnelle, témoignant de la compétitivité structurelle de sa base de coûts.
L’EBITDA du premier semestre 2026 s’est élevé à 13 307 millions de dirhams, contre 18 612 millions de dirhams sur la même période de l’année précédente. La marge d’EBITDA s’est établie à 28%, reflétant la résilience du Groupe malgré un environnement très contraint en matière de coûts des intrants. La hausse exceptionnelle du coût du soufre n’a pas pu être intégralement répercutée sur les prix des engrais, les contraintes d’accessibilité économique limitant la capacité du marché à absorber des prix plus élevés.
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À l’échelle du secteur, cette situation a contribué à une contraction d’environ 22% des volumes échangés d’engrais phosphatés au premier semestre, accentuant la pression sur les volumes et les marges des producteurs.
A fin juin 2026, la trésorerie et équivalents de trésorerie se sont élevés à 32 692 millions de dirhams. Le Groupe a clôturé le premier semestre avec une position de liquidité solide, qui reflète également le calendrier des flux de trésorerie sur la période et lui confère la flexibilité nécessaire pour couvrir les besoins prévus au second semestre.
La dette financière nette a atteint 115 466 millions de dirhams au 30 juin 2026, contre 119 118 millions de dirhams à fin 2025. Le ratio Dette financière nette/EBITDA s’établissait à 3,05x, contre 2,76x à fin 2025. La dette financière nette exclut les instruments hybrides, comptabilisés en capitaux propres selon les normes IFRS.