Les banques marocaines ont repris aux OPCVM la première place parmi les détenteurs de bons du Trésor. Une recomposition qui traduit l’abondance de liquidités dans le système bancaire, mais aussi l’évolution des stratégies d’investissement des différents acteurs financiers.
Le marché de la dette publique marocaine connaît une évolution significative. Les banques sont désormais devenues les principaux détenteurs des bons du Trésor, avec 38,3% de l’encours, dépassant les OPCVM dont la part s’établit à 33,3%, selon les données de la Direction du Trésor et des Finances extérieures. Cette inversion intervient alors que la part des OPCVM a reculé de 2,6 points.
Cette nouvelle configuration s’explique principalement par la forte capacité de placement des banques. Disposant d’importantes liquidités, les établissements bancaires ont accru leurs investissements en titres publics, faisant des bons du Trésor un placement privilégié. Cette stratégie leur permet notamment de valoriser leurs excédents de trésorerie tout en investissant dans des actifs considérés comme relativement sûrs.
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La recomposition ne concerne pas uniquement les deux principaux détenteurs. Les compagnies d’assurance représentent désormais 13,7% de l’encours des obligations émises par le Trésor. Leur part est également en baisse, notamment en raison de leur orientation vers les actifs cédés par l’État dans le cadre des mécanismes de financement innovants, notamment les opérations de lease-back.
Une dette publique qui atteint 1.145 milliards de DH
Cette évolution intervient dans un contexte où l’endettement public demeure élevé. À fin 2025, l’encours de la dette publique directe atteignait 1.145 milliards de DH, dont 845,2 milliards de DH de dette intérieure et 299,8 milliards de DH de dette extérieure. Malgré cette progression des encours, le taux d’endettement du Trésor a reculé de 0,4 point pour s’établir à 66,6% du PIB.
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Cette amélioration s’explique notamment par les recettes fiscales et par les opérations de financements innovants, qui ont permis de mobiliser environ 40,1 milliards de DH. Le recours à ces mécanismes devient ainsi un élément important de la stratégie de gestion des finances publiques.
Une dépendance accrue au marché domestique
La structure de la dette montre par ailleurs une nette prédominance du financement en monnaie nationale. Le dirham représente 73,8% de l’encours de la dette du Trésor. Pour la dette extérieure, l’euro constitue la principale devise, avec 58,1% du stock libellé en devises, devant le dollar et les monnaies qui lui sont liées, à 33,7%.
Cette configuration contribue à limiter l’exposition du Trésor au risque de change, en cohérence avec la composition du panier de cotation du dirham, constitué à 60% de l’euro et à 40% du dollar.
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Au-delà du simple changement de leadership entre banques et OPCVM, cette évolution révèle donc une transformation du marché de la dette marocaine. Les banques jouent désormais un rôle central dans le financement de l’État, tandis que le Trésor cherche à diversifier ses sources de financement et à optimiser le coût et la structure de sa dette. L’enjeu pour les prochaines années sera de maintenir cet équilibre tout en préservant la capacité du secteur bancaire à financer l’économie réelle.