Face à la prolifération des fausses informations et à l’essor des contenus générés par l’intelligence artificielle, les médias marocains renforcent leurs capacités de vérification. L’ARTI, en partenariat avec la DW Akademie, organise les 14 et 15 septembre un atelier consacré au fact-checking, réunissant journalistes, responsables éditoriaux et équipes numériques.
La lutte contre la désinformation s’installe au cœur des rédactions. L’Association des Radios et Télévisions Indépendantes (ARTI), en partenariat avec la DW Akademie, a lancé, lundi 14 septembre, un atelier de formation au fact-checking dans les locaux du Groupe MFM Radio. Consacrée à MFM, cette session se poursuit mardi 15 septembre.
Animée par Rachel Baig et Aldo Sánchez Vera, membres de l’équipe de fact-checking de la Deutsche Welle, la formation réunit les journalistes de MFM Radio ainsi que des journalistes, responsables éditoriaux et membres des équipes numériques des Éditions de La Gazette, éditrice de Challenge Magazine, de Lalla Fatema et de VH Magazine.
De l’image au contenu généré par l’IA
La première journée a été consacrée aux fondamentaux de la vérification professionnelle de l’information. Au programme : méthodes de recherche et de validation, analyse des images, des vidéos et des contenus sonores, mais aussi identification des contenus générés ou manipulés par l’intelligence artificielle.
Les participants ont notamment travaillé sur la recherche inversée d’images, le repérage chronologique à partir de données telles que l’heure ou les conditions météorologiques, l’analyse des manipulations et la vérification du contexte. La géolocalisation a également occupé une place centrale afin de déterminer précisément le lieu où les faits rapportés se sont déroulés.
Des outils, mais aussi leurs limites
La vérification des vidéos a constitué un autre volet important de la formation. Après une première séquence théorique, les participants doivent passer à la pratique lors de la deuxième journée, avec l’analyse de cas concrets directement issus de leurs expériences professionnelles.
La formation aborde également les sources fiables et les faux sites web, ainsi que les outils permettant de détecter les contenus produits par l’IA. Une attention particulière est portée aux limites de ces technologies et, plus largement, aux marges d’erreur auxquelles peuvent être confrontés les fact-checkeurs.
Place aux cas concrets
Le deuxième jour doit surtout permettre aux participants de confronter les méthodes apprises à des situations réelles. Au programme figurent notamment la vérification pratique de vidéos, l’identification d’images et de vidéos générées par l’IA, ainsi que l’analyse de contenus audio artificiellement produits.
La session prévoit enfin l’analyse et la réfutation d’exemples apportés par les participants. Une manière de passer de la théorie à la pratique et de transformer les réflexes de vérification en outils opérationnels au quotidien dans les rédactions.
À l’issue des deux journées, un récapitulatif, une séance de questions-réponses et une évaluation de l’atelier permettront de mesurer les principaux enseignements tirés de cette immersion dans les nouvelles pratiques du fact-checking.

