Dans une nouvelle mobilisation massive du mouvement des lycéens, plus de 250.000 personnes ont manifesté, mardi 7 octobre 2026, à Paris et dans plusieurs villes de France pour réclamer des moyens, sous haute surveillance des forces de sécurité dans un climat de tensions et d’affrontements.
Jets de projectiles, gaz lacrymogène, grenades et mortiers d’artifice : des heurts ont éclaté dans l’après-midi entre manifestants et forces de l’ordre à la fin du cortège lycéen à dans la capitale française. La préfecture de police a évoqué la présence de « 300 individus hostiles » et indiqué que 12 personnes avaient été interpellées.
Dans un climat social tendu à un peu plus de six mois de la présidentielle, les élèves, qui réclament plus de moyens pour leurs établissements, ont reçu le soutien des syndicats qui ont appelé le personnel de l’éducation à descendre dans la rue à leurs côtés. Les lycéens dénoncent l’insalubrité des bâtiments, des classes surchargées, ou des absences de professeurs non remplacées, particulièrement dans les quartiers populaires.
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Entre-temps, un policier, auteur du tir de lance-grenade lacrymogène qui a grièvement blessé au visage un lycéen en région parisienne la semaine dernière, a été inculpé pour violences. Dans l’ensemble, onze enquêtes ont été ouvertes par l’Inspection générale de la police nationale (IGPN), la « police des polices ».
Dernière affaire défrayant la chronique et suscitant un grand émoi sur la Toile, l’IGPN a été saisie après la diffusion d’une vidéo montrant un policier en civil semblant toucher les cheveux et la poitrine d’une jeune fille dans la ville de Metz.
En dépit de cela, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a assuré que les interventions des forces de l’ordre depuis le début du mouvement lycéen s’effectuent dans « la plus grande proportionnalité ». « J’assume de dire que, quand il y a des troubles, il doit y avoir une intervention », a affirmé le ministre, assurant que, face à un public de lycéens, les interventions « sont faites de manière encore plus proportionnelle, avec encore plus de tact ».
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Depuis le début du mouvement le 17 septembre, 215 élèves ont été blessés, « l’immense majorité » l’ayant été « soit dans le cadre d’accidents », « soit par le fait d’autres individus extérieurs », selon des chiffres officiels.
Environ 40% des établissements de l’enseignement supérieur publics ont été perturbés mardi, journée de forte de mobilisation des lycéens et étudiants, selon le ministère. Par ailleurs, un quart des 3.700 lycées que compte la France ont vu leurs cours « suspendus, soit totalement, soit partiellement, toutes causes confondues », selon le ministère de l’Education.
Face à cette escalade, le président Emmanuel Macron va présider, mardi soir à l’Elysée, une réunion pour faire un point sur la mobilisation lycéenne. Le Premier ministre Sébastien Lecornu, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez et son collègue à l’Éducation nationale Édouard Geffray seront notamment présents.
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Devant l’Assemblée nationale, Sébastien Lecornu a condamné les violences en marge des manifestations des lycéens et réfuté toute « répression policière ». « On ne peut pas laisser un espace de tolérance à la violence », a affirmé le Premier ministre en appelant la classe politique à « faire corps » avec les fonctionnaires touchés.
« Brûler un lycée n’améliore pas la situation bâtimentaire des lycées », « lyncher un professeur n’améliore pas le taux de remplacement des professeurs », a-t-il déclaré en accusant le parti de gauche radicale LFI d’avoir « le projet politique de bordelisation du pays » d’ici l’élection présidentielle.
Challenge (Avec Agences)