Avant même d’être totalement opérationnel, le port de Nador West est l’objet de tous les appétits, une progression qui s’annonce spectaculaire dans la combinaison industrie- énergie. La pérennité d’un succès qui dépend, entre autres, des interfaces entre investisseurs publics et opérateurs privés.
C’est désormais «la place to be» pour tous les investisseurs du monde. C’est un renversement historique pour le port de Nador West qui s’apprête à devenir le paradis des investissements dans le trafic des énergies . Cela démarre bien sûr, avec les deux appels à concurrence lancés par le ministère de la Transition énergétique le 5 décembre , le premier concernant l’affrètement d’un terminal flottant de regazéification dans l’enceinte du port, et le second concernant la construction d’un réseau national dense de gazoducs connectés au GME et aux zones industrielles de Mohammedia et de Kénitra. Mais pas que, puisque le premier constructeur français de l’automobile a envoyé ses fins limiers sur le terrain à Nador pour mettre en place la logistique derrière son projet de fabrication de ses véhicules électriques. Le groupe automobile français qui prévoit de démarrer la production de voitures électriques dans le royaume semble avoir jeté son dévolu sur le port de Nador West Med.
Parce que d’une part, le constructeur voudrait monter en puissance pour passer de 500 000 à 750 000 véhicules fabriqués par an dans le royaume et aussi, pour éviter de se retrouver dans un goulot d’étranglement dans ses sites de Tanger Med et de Casablanca, en raison de la concurrence acharnée que se livrent déjà de grands constructeurs automobiles comme Stellantis , Volvo, Nissan, Jaguar ou encore Rolls-Royce. Une concentration d’opérateurs qui pose des problèmes de disponibilité de la main-d’œuvre, même si les centres de formation locaux tournent à plein régime.
Pour ce qui est de l’affrètement d’une Unité Flottante de Stockage et de Regazéification (FSRU) amarrée au Port de Nador West Med, le département de Leila Benali a préféré lancer un appel à concurrence international en deux étapes pour que le candidat qui serait sélectionné à l’issue de la procédure d’appel à la concurrence puisse réaliser tout ou partie des équipements (interfaces jetée, bras de chargement, équipements de raccordement, etc.) avant de transférer ces équipements à une entité gouvernementale désignée avant le démarrage du Projet.
En ce qui concerne le raccordement des infrastructures portuaires de Nador West Med (NWM) et le gazoduc Maghreb-Europe (le GME) puis d’autre part, entre le GME et les zones industrielles situées à Kénitra et Mohammedia, le Ministère de la Transition Énergétique et du Développement Durable (MTEDD) a également décidé de lancer un appel à concurrence international en deux étapes avec pré- qualification pour la conception, la construction, le financement et l’exploitation de gazoducs entre d’une part, les infrastructures portuaires de NWM et le GME puis d’autre part, entre le GME et les zones industrielles situées à Kénitra et Mohammedia .
Plus concrètement, il s’agit de relier le port de Nador au fameux gazoduc Maghreb Europe et en même temps, de faire profiter les zones industrielles de Mohammedia dont les besoins en énergie sont considérables, notamment à cause d’une activité économique intense sans oublier la présence d’une centrale thermique et de Kénitra. Pour ce faire, le ministère compte sur un partenariat public/Privé ( loi 86-12) pour ne pas avoir à faire face à des difficultés de financement et profiter par la même occasion de l’expertise technique internationale.
Avec ces perspectives prometteuses, boom des flux logistiques vers l’Europe, disponibilité de la main-d’œuvre et possibilité de mettre en place rapidement un écosystème industriel tous azimuts, le nouveau hub maritime que constitue le port de Nador apparaît comme une véritable bouffée d’oxygène pour tous les opérateurs.