Exaspérée par la pléthore de réglementations contraignantes et inadaptées venues de l’Union européenne (UE), l’Association du transport aérien international (IATA) a repris son bâton de pèlerin contre les bureaucrates de Bruxelles. L’organisation a saisi sa conférence de presse de rentrée, tenue dans la capitale belge, pour étaler ses griefs contre l’UE.
« En 2024, rien que pour les transporteurs européens, le coût pour se conformer à la règlementation a été de 9,9 milliards d’euros », a déclaré la directrice du bureau de représentation de l’IATA auprès de l’UE, Neva Sadikoglu-Novaky. Ce coût devrait passer à « 33 milliards d’euros en 2050 », selon les projections de l’IATA, qui regroupe 378 compagnies, dont toutes les plus grandes du monde à l’exception de Ryanair ou EasyJet.
La nouvelle offensive s’est concentrée sur deux sujets: la mise en place, difficile dans certains aéroports, du contrôle des passeports automatisé aux frontières de l’UE (EES), et le système d’échange de quotas d’émission de l’UE (ETS).
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« Les retards dus à l’EES ont de fait abouti à des vols manqués par les gens, à leur débarquement d’un avion, et à des correspondances ratées, et l’accumulation d’encore plus de retards », a affirmé le vice-président de l’IATA, chargé des relations extérieures, Thomas Reynaert.
L’organisation a évoqué des temps d’attente « jusqu’à six heures » cet été. Quand une journaliste a demandé à M. Reynaert de citer des aéroports où avait eu lieu ce genre de catastrophe, il a répondu: « Nous ne faisons pas de classement des aéroports, et par ailleurs la situation est mouvante. Donc c’est très difficile à dire ».
Sur les émissions de CO2, l’IATA ne supporte pas que l’Union européenne ait son propre marché du carbone, au lieu de se fondre dans celui de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI), appelé Corsia, moins coûteux.
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« Corsia a été adopté par les 193 États membres de l’OACI, et il est maintenant mis en œuvre par 134 pays », a souligné l’économiste en chef de l’IATA, Marie Owens Thomsen. Les 27 membres de l’UE en font partie mais se plient aussi au système intra-européen. Et « ce type de volatilité réglementaire est vraiment mauvaise pour l’investissement », a-t-elle déploré.
L’IATA organise dans la capitale belge les 13 et 14 octobre une conférence sur les questions environnementales. Les débats porteront sur « les politiques et mesures nécessaires pour faire avancer la transition du transport aérien vers l’objectif de zéro émission nette de CO2 d’ici à 2050 ».
Challenge (Avec AFP)