En juillet dernier, les échanges commerciaux entre le Maroc et l’Espagne ont enregistré un nouveau record. Il est vrai que cette performance est survenue avant le déclenchement de la crise migratoire, mais, selon un nombre d’indices, les affaires ont suivi leur propre logique. L’Institut du commerce extérieur (ICEX), organe gouvernemental en charge de l’accompagnement des entreprises espagnoles à l’international, a organisé, en septembre, une mission dans le Royaume et prévoit une forte délégation d’opérateurs en octobre.
D’après des données officielles publiées à Madrid, citées par nos confrères de rue20.com, les exportations espagnoles vers le Royaume se sont élevées, au cours du mois concerné, à 1,159 milliard d’euros (+2,8%), contre 816,3 millions d’euros d’importations depuis le voisin du sud (+2,5 %).
Au cours des sept premiers mois de l’année, les échanges ont continué d’enregistrer des chiffres inédits, avec une valeur globale de 14,19 milliards d’euros. Les exportations espagnoles ont atteint environ 7,58 milliards d’euros (+3,4 %), tandis que les exportations marocaines se sont établies à 6,61 milliards d’euros (+3,9 %).
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Ainsi, le Maroc reste le troisième partenaire commercial hors Union européenne de l’Espagne, derrière le Royaume-Uni et les Etats-Unis, représentant 3,3 % de ses exportations globales en juillet. En Afrique, le Maroc a renforcé sa position de destination majeure pour les produits espagnols, en s’accaparant environ 54,4% des exportations totales de l’Espagne vers le continent durant le même mois.
Ces chiffres donnent une nouvelle mesure de l’interdépendance entre les deux économies. À eux seuls, les échanges enregistrés sur les six premiers mois de 2026 représentent déjà plus de la moitié des 22,76 milliards d’euros enregistrés sur l’ensemble de l’année 2025. L’Espagne conserve ainsi son statut de premier partenaire commercial bilatéral du Maroc au sein de l’Union européenne, aussi bien pour les exportations que pour les importations.
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Cette relation repose notamment sur une forte intégration industrielle. L’automobile constitue l’un des principaux moteurs des exportations marocaines. Près de 90% de la production automobile du Royaume est destinée aux marchés extérieurs, principalement européens, et l’Espagne absorbe à elle seule près de 20% de ces exportations. L’implantation de grands constructeurs comme Renault à Tanger et Casablanca et Stellantis à Kénitra a contribué à structurer un écosystème qui attire également de nombreux équipementiers espagnols.
Mais, cette interdépendance constitue aussi une forme de vulnérabilité. Une dégradation durable des relations économiques pourrait affecter les exportateurs espagnols, mais les conséquences seraient aussi néfastes pour le Maroc, notamment en matière d’emploi industriel, d’investissements et d’attractivité auprès des groupes internationaux.