Un nouveau gouvernement doit voir le jour incessamment au Maroc, dans la foulée des résultats des élections législatives du 23 septembre. La première question que devrait se poser le futur Argentier du pays est de savoir s’il dispose d’une marge de manœuvre pour tenir les promesses électorales. Si l’on se réfère aux dernières données émanant de la banque centrale, les finances publiques semblent bien se porter.
On est loin du déficit budgétaire abyssal provoqué par la crise du Covid-19, quand ce taux a culminé à 7% du PIB en 2020, avant de redescendre à 5,5 l’année d’après. En arrivant aux affaires, le gouvernement Aziz Akhannouch s’est fixé comme priorité l’assainissement des finances publiques. Avant de passer le relais à son successeur, le gouvernement sortant peut se targuer d’y avoir remis de l’ordre.
Des finances à l’équilibre
Dans son Rapport sur la politique monétaire, rendu public au terme de la troisième réunion trimestrielle de son Conseil tenue le 22 septembre, Bank Al-Maghrib prévoit un déficit budgétaire à 3,4% du PIB en 2026, après 3,5% en 2025. Pour le premier exercice du nouveau quinquennat, ce ratio devrait remonter très légèrement pour se situer à 3,5% en 2027. La stabilité des comptes de l’Etat est primordiale pour tenir les engagements du programme gouvernemental qui sera présenté aux représentants de la Nation pour le vote de confiance.
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Ces projections se basent sur la Loi de Finances 2026, la programmation budgétaire triennale 2026- 2028, les premières hypothèses du Projet de Loi de Finances 2027, ainsi que sur l’exécution budgétaire à fin juillet 2026 et les nouvelles prévisions macroéconomiques de BAM. Elles tiennent compte, en outre, des crédits supplémentaires ouverts par le gouvernement en mai de 20 milliards de dirhams, dont 10 milliards consacrés à l’investissement, notamment au soutien de certains EEP (établissement et entreprises publics) et du Fonds de lutte contre les effets des catastrophes naturelles, 8 milliards alloués aux charges de compensation et 2 milliards au titre des dépenses de matériel et dépenses diverses.
En 2026, le produit fiscal devrait s’améliorer de 13,1%, reflétant des accroissements de 15,7% de celui des impôts indirects et de 12,4% pour les impôts directs. Les recettes non fiscales, quant à elles, enregistreraient un repli de 23,7%, impactées essentiellement par les baisses des rentrées des mécanismes de financement innovants de 50,1% à 20 milliards et de celles de la rubrique des « autres recettes » de 30,7%.
Une fiscalité encore fructueuse
En regard, les dépenses ordinaires devraient s’alourdir de 12,4%, avec en particulier un accroissement de 12,6% des dépenses de biens et services. Les dépenses de personnel augmenteraient de 8,7% et celles des autres biens et services de 19%. De même, les charges en intérêts de la dette devraient progresser de 0,2%. Pour leur part, les dépenses de compensation devraient s’accroitre de 23,3% et celles d’investissement se replier de 0,4% à 124,8 milliards, ou 6,9% du PIB.
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En 2027, les recettes fiscales s’amélioreraient de 4,9%, avec des hausses de 4,5% des rentrées des impôts directs et de 5,1% pour celles des impôts indirects. Les recettes non fiscales régresseraient de 41,4%, en l’absence de recours aux mécanismes de financement innovants. Pour leur part, les recettes provenant des EEP reculeraient de 7,2%.
Parallèlement, les dépenses ordinaires devraient progresser de 1,8%, tirées principalement par un alourdissement de 4,2% des dépenses de biens et services, alors que les charges en intérêts de la dette devraient se replier de 0,2%. La masse salariale et les dépenses au titre des autres biens et services augmenteraient de 5,6% et de 2% respectivement. Les charges de compensation s’allégeraient de 39,6% à 13,2 milliards et les dépenses d’investissement diminueraient de 5,4% à 118,1 milliards, s’établissant à l’équivalent de 6,3% du PIB.
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Le tableau dressé par la banque centrale devrait rassurer les nouveaux arrivants, qui héritent aussi d’une dette publique soutenable avec un risque souverain modéré, d’après l’évaluation du FMI, ainsi que d’une inflation stabilisée et qui devrait l’être davantage avec la perspective de la baisse des cours de pétrole. Certes, la tâche ne sera pas facile en raison de la multiplication des chocs externes, mais le gouvernement qui sera conduit par le PAM partira du bon pied !