Après plusieurs mois de mesures destinées à favoriser l’écoulement de la récolte nationale, le Maroc s’apprête à reprendre ses importations de blé tendre à partir du 16 septembre. Cette décision intervient alors que la collecte locale reste nettement inférieure aux objectifs et que les stocks disponibles doivent être renforcés pour sécuriser l’approvisionnement des minoteries.
Le Maroc va remettre en place, à partir du 16 septembre 2026, son mécanisme de soutien aux importations de blé tendre destiné à la minoterie industrielle. Le dispositif restera en vigueur jusqu’au 31 décembre. Il doit permettre aux opérateurs de recourir davantage au marché international, alors que les volumes collectés au niveau national ne suffisent pas à couvrir les besoins du secteur.
La décision intervient après une campagne de collecte qui, malgré une amélioration de la production céréalière, n’a pas atteint les objectifs fixés. Environ 6 millions de quintaux de blé tendre ont été collectés, contre un objectif initial de 15 millions de quintaux. Selon les données disponibles, ce volume ne représente qu’environ 12% des besoins annuels des minoteries industrielles. Les stocks constitués avant la suspension temporaire des importations se sont également progressivement réduits.
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Le nouveau mécanisme repose sur une prime à l’importation, calculée en fonction de l’écart entre le coût moyen du blé acheté sur les marchés internationaux et un prix de référence fixé à 270 dirhams le quintal. Le montant de cette prime sera réévalué chaque mois afin de tenir compte de l’évolution des cours internationaux du blé, du coût du transport maritime et de la parité entre le dollar et le dirham.
Le dispositif prévoit également un versement en deux temps. 80% de l’aide seront liés aux volumes effectivement importés, tandis que les 20% restants dépendront des quantités livrées aux minoteries industrielles. L’objectif est ainsi d’accompagner concrètement l’approvisionnement du marché plutôt que de soutenir uniquement les opérations d’achat.
Cette reprise marque un nouveau changement dans la politique céréalière marocaine. Au début de l’été, Rabat avait rétabli des droits d’importation élevés afin de favoriser l’écoulement de la production nationale. Le droit appliqué au blé tendre avait notamment été fixé à 170%, dans une logique de protection temporaire de la récolte locale.
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Le retour aux importations traduit donc un arbitrage entre deux impératifs : soutenir les agriculteurs marocains tout en garantissant la disponibilité du blé pour l’industrie meunière. Même lorsque la production nationale progresse fortement, la dépendance du Maroc aux marchés internationaux reste importante en raison de la variabilité de la production céréalière, très sensible aux conditions climatiques.
Pour les prochains mois, l’enjeu sera ainsi de reconstituer des stocks suffisants tout en maîtrisant le coût de l’approvisionnement extérieur. La disponibilité du blé sur les marchés internationaux devrait faciliter les achats, mais le coût du transport maritime et l’évolution du dollar resteront des variables déterminantes pour la facture finale.
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La reprise des importations à partir de la mi-septembre constitue finalement moins un retour en arrière qu’un ajustement de la stratégie céréalière marocaine : après avoir donné la priorité à la production locale, l’État revient vers le marché international pour sécuriser l’approvisionnement et préparer les besoins des minoteries jusqu’à la fin de l’année.