Le projet de loi de finances (PLF) 2027 vise à concilier la mobilisation des moyens disponibles pour accélérer la concrétisation des engagements du gouvernement avec la consolidation des marges de manœuvre financières et économiques nécessaires à leur pérennisation, dans un contexte international qui appelle à la vigilance et à une hiérarchisation judicieuse des priorités, a affirmé, vendredi, le ministre de l’Économie, des Finances et de la Performance publique, Fouzi Lekjaa.
Lors de la présentation du PLF 2027, au cours d’une séance plénière commune du Parlement, M. Lekjaa a précisé que le PLF a été élaboré dans un contexte international marqué par la persistance des incertitudes, alors que la croissance de l’économie mondiale devrait connaître une légère reprise pour atteindre 3,4% en 2027, contre 3,1% en 2026.
La croissance de la zone euro, principal partenaire commercial du Royaume, devrait, quant à elle, rester modérée, à hauteur de 1,1% en 2026 et de 1,2% en 2027, ce qui rend nécessaire la poursuite de la diversification des marchés extérieurs et des sources de croissance de l’économie nationale, a-t-il relevé.
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Au niveau national, le projet a été élaboré dans un contexte où la croissance économique devrait atteindre 4,7% en 2026, a-t-il indiqué. Cette estimation repose sur une progression de 2,9% des activités non agricoles et sur un rebond de 18% de l’activité agricole, dans un contexte marqué par une récolte céréalière de 90 millions de quintaux au titre de la campagne agricole 2025-2026.
Cette dynamique devrait s’accompagner d’une maîtrise de l’inflation autour de 0,7%, tandis que les réserves de change devraient couvrir près de six mois d’importations à la fin de l’année. Le déficit budgétaire devrait être ramené à 3% du produit intérieur brut (PIB) en 2026, soit une amélioration d’un demi-point par rapport à 2025, tandis que le taux d’endettement devrait se stabiliser à 67,5% du PIB.
Cette trajectoire est soutenue par « la bonne performance des recettes fiscales, qui ont atteint 288,3 milliards de dirhams (MMDH) à fin septembre 2026, en hausse de 30,2 MMDH, soit 11,7% par rapport à la même période de l’année précédente ».
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Ces données offrent au Royaume une base lui permettant de poursuivre les réformes et de financer ses priorités, tout en confirmant la nécessité de renforcer la croissance non agricole, de consolider les ressources durables du pays et de préserver les équilibres qui garantissent sa capacité d’intervention, a relevé le ministre.
Priorités et impact financier
L’impact global de la mise en œuvre des priorités sociales, inscrites dans le programme gouvernemental, est estimé à environ 62 milliards de dirhams (MMDH). A ce propos, M. Lekjaa a assuré que « le gouvernement a tenu ses engagements dès le premier PLF présenté au cours de son mandat », tout en passant en revue les mesures prises pour concrétiser ces priorités, notamment le retour des prix des produits de base à des niveaux raisonnables, le renforcement du pouvoir d’achat des ménages et l’accélération de la mise en œuvre du chantier Royal de généralisation de la protection sociale.
S’agissant de l’accélération de l’achèvement du chantier de généralisation de la protection sociale, M. Lekjaa a annoncé le relèvement progressif du montant minimum de l’aide sociale directe de 500 à 1.000 dirhams d’ici la fin du mandat, avec une augmentation de 100 dirhams en 2027, moyennant des crédits estimés à 3 MMDH, grâce à un ciblage reposant principalement sur le revenu effectif des ménages, au lieu de l’indice socio-économique, comme critère d’éligibilité à l’aide sociale directe.
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Pour le secteur de la santé, il a précisé que l’Exécutif vise à garantir un accès effectif à des soins de qualité et à renforcer l’attractivité de l’hôpital public, relevant que le budget du secteur a été porté à 45,4 MMDH, soit une hausse d’environ 3 MMDH par rapport à 2026, avec l’affectation de 8.000 postes budgétaires.
Il a souligné que ces ressources sont principalement destinées à accompagner la généralisation des groupements sanitaires territoriaux, le lancement du nouveau Centre hospitalier universitaire de Casablanca, l’accélération de la réalisation et de l’équipement des centres de Béni Mellal, Guelmim et Errachidia, ainsi que la mise à niveau de 1.600 établissements de soins de santé primaires et de 90 hôpitaux.
En matière d’éducation et de formation, le ministre annonce le relèvement du budget de ces départements à 121,3 MMDH, en hausse de 5,3 MMDH, et de l’affectation de 17.874 postes budgétaires, précisant que ces priorités incluent notamment l’extension de l’offre scolaire, la mise en œuvre de la nouvelle architecture de l’enseignement supérieur et le développement de son offre par la création de 49 établissements universitaires, le soutien à la recherche et à l’innovation, et l’ouverture de trois cités des métiers et des compétences dans les régions de Guelmim-Oued Noun, de Fès-Meknès et de Drâa-Tafilalet.
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Dans le secteur de l’habitat, des crédits d’investissement de 10,4 MMDH sont alloués à la poursuite de l’aide directe au logement, dont le nombre de bénéficiaires avoisinait 128.000 à fin septembre 2026, à l’accélération des programmes de lutte contre l’habitat insalubre et au lancement du programme intégré de l’habitat rural, avec la simplification des procédures d’urbanisme et de construction en milieu rural.
Pour la mise en œuvre effective de la nouvelle génération des programmes de développement territorial intégré, le PLF prévoit, entre autres, la création et l’opérationnalisation d’une plateforme numérique dédiée à ces programmes, accessible aux citoyens et aux acteurs institutionnels, permettant de consulter la programmation, l’avancement des travaux et le niveau de réalisation des projets, avec des crédits estimés à 25 MMDH au titre de 2027.
L’exécution du Programme national de développement intégré des centres ruraux émergents sera accéléré, par la poursuite de la deuxième phase de ce programme, qui concerne 24 centres, pour un coût global de 1,68 MMDH.