L’intelligence artificielle (IA) devrait faire partie des sujets majeurs abordés lors de la visite du président chinois Xi Jinping à Washington la semaine prochaine, mais les positions éloignées des deux pays sur cette technologie rendent délicate toute avancée.
Côté américain, la Chine est inlassablement évoquée pour justifier l’accélération sans limite de l’IA, sous peine de se voir surpassé par le rival asiatique. Donald Trump et plusieurs figures de la majorité présidentielle y ont encore fait référence ces derniers jours pour écarter l’idée d’un ralentissement du développement de l’IA, lancée samedi par le patron d’Anthropic et soutenue par les dirigeants d’OpenAI, Google, SpaceX et Microsoft.
Après le départ fulgurant des Etats-Unis avec le lancement de ChatGPT en 2023, la Chine a été la seule nation capable d’embrayer dans la course à l’IA, qui s’est rapidement transformée en un duel. Depuis son arrivée à la Maison Blanche, Donald Trump a poursuivi la politique de son prédécesseur Joe Biden en matière de restrictions à l’exportation de technologie américaine vers la Chine, notamment les puces les plus performantes du géant Nvidia.
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La Chine, elle, se présente comme une alternative à la mainmise des Etats-Unis sur cette technologie. Elle favorise l’émergence d’IA dite ouvertes, c’est-à-dire utilisables gratuitement, téléchargeables et modifiables, à la différence des modèles américains dominants.
L’IA constitue désormais « le principal champ de bataille de la concurrence technologique mondiale et une nouvelle piste pour la rivalité stratégique entre grandes puissances », a écrit le ministre chinois de la Sécurité d’Etat Chen Yixin dans un article publié dimanche.
Anthropic, OpenAI et le gouvernement américain accusent les grands noms de l’intelligence artificielle chinoise de piller les modèles américains pour concevoir les leurs plus rapidement et à moindre coût. Une assertion réfutée par Pékin. Début septembre, le ministère chinois du Commerce a dénoncé ce qu’il considère comme une manoeuvre visant « à instaurer un monopole industriel » et « étouffer la concurrence ». Ce climat tendu rend improbable toute percée diplomatique significative en marge de la venue de Xi Jinping aux Etats-Unis, le 24 septembre.
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A cette bataille technologique est venue s’ajouter la question des risques de l’IA, devenue récemment centrale après plusieurs incidents liés à des modèles et des alertes lancées sur un possible risque d’extinction de l’humanité. « Nous sommes ouverts à des discussions sur la gestion de risques communs et sur la manière d’éviter l’éloignement de nos deux systèmes », a déclaré mercredi le ministre américain des Finances, Scott Bessent, au site d’information Axios.
Après avoir fait peu de cas des dangers de l’IA, le gouvernement Trump a changé de posture au printemps. En juin, il a suspendu durant deux semaines de nouveaux modèles d’Anthropic, pour des raisons de sécurité nationale. Fin juin, OpenAI a, à son tour, repoussé d’un peu plus d’une semaine le lancement de sa nouvelle IA GPT-5.6 à la demande de l’administration Trump, pour les mêmes motifs. Le gouvernement américain a ensuite adopté, début août, un processus d’examen des IA de pointe avant commercialisation, mais il est basé sur le volontariat et ses paramètres n’ont pas été rendus public.
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Dans un article publié dimanche, le ministre chinois de la Sécurité d’Etat, Chen Yixin, a estimé que les modèles les plus avancés d’OpenAI et Anthropic étaient susceptibles de « faire peser de graves risques sur les infrastructures d’information critiques de la Chine ». Ni Etats-Unis, ni Chine, n’ont présenté jusqu’ici de propositions précises sur l’appréhension des risques de l’IA.
Challenge (Avec AFP)