Les femmes occupent une place essentielle dans les systèmes agricoles et alimentaires. Pourtant, leur contribution continue d’être freinée par des obstacles structurels. C’est justement cette dialectique qui constitue le fil conducteur des travaux d’une rencontre internationale inaugurée, mardi 15 septembre, à l’Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P).
À l’occasion de l’Année internationale des agricultrices (IYWF 2026), le Groupe OCP, à travers l’Initiative Al Moutmir, a décidé de réunir, pendant trois jours, l’ensemble des intervenants de cet écosystème pour prendre à bras-le-corps ces contraintes, qui se trouvent accentuées par les nombreux défis auxquels l’agriculture mondiale est aujourd’hui directement confrontée, notamment la dégradation des sols, le changement climatique et la pression sur les ressources.
Placée sous le thème “Where Women Lead, Food Systems Transform”, l’événement réunit agricultrices, scientifiques, entrepreneures, experts, acteurs publics, institutions internationales, organismes de financement et représentants d’organisations engagées dans le développement agricole.
Lire aussi | OCP: le premier système de stockage d’énergie par batteries à grande échelle au Maroc mis sous tension à Benguerir
Les échanges sont censés aller au-delà de la sensibilisation et mettre en avant des solutions concrètes, des innovations de terrain et des modèles susceptibles d’être adaptés et déployés dans différents territoires. L’enjeu est également de changer le regard porté sur les femmes dans l’agriculture.
Il ne s’agit plus uniquement de considérer les femmes comme bénéficiaires de programmes de développement, mais comme actrices centrales de la sécurité alimentaire, de l’innovation, de l’investissement agricole et de la résilience climatique.
Au programme de cette rencontre, tenue en collaboration avec l’UM6P, une journée d’atelier technique sera organisée en partenariat avec la FAO qui sera consacré à la Feuille de route mondiale de la FAO pour parvenir à la sécurité alimentaire dans le contexte de l’action climatique.
Lire aussi | L’OCP achemine 54.000 tonnes d’engrais phosphatés vers les Etats-Unis
À travers des sessions de haut niveau, des masterclasses, des échanges autour des politiques publiques et une immersion sur le terrain, l’événement ambitionne de créer des passerelles entre science, innovation, politiques publiques, financement et réalités agricoles, afin d’identifier des solutions concrètes et susceptibles d’être déployées à plus grande échelle.
L’événement s’inscrit dans une logique résolument orientée vers l’action : faire émerger des solutions et des partenariats capables de renforcer la place des femmes comme actrices économiques, agricultrices, scientifiques, innovatrices, entrepreneures et leaders de la transformation des systèmes alimentaires.
Les reconnaître comme actrices du changement est le point de départ. L’innovation ne crée de l’impact que lorsqu’elle répond aux réalités du terrain. : la science, la technologie et les services doivent aller jusqu’au dernier kilomètre, mais surtout être adaptés, accessibles et utiles aux besoins et contraintes des femmes.
Lire aussi | Maroc-USA: une société commune de production d’engrais phosphatés en Louisiane
L’accès ne suffit pas : il faut créer les conditions de l’adoption et de la création de valeur : Accès au financement, aux marchés, au conseil, à l’information, aux technologies et à l’assurance sont autant de leviers pour permettre aux femmes de transformer l’opportunité en action, puis l’action en valeur et en impact.
Le défi n’est plus de démontrer que les solutions fonctionnent, mais de savoir comment les faire changer d’échelle. L’IYWF 2026 doit permettre d’identifier les modèles, mécanismes et conditions de succès qui permettent d’adapter, reproduire et déployer les solutions qui ont fait leurs preuves.
Lire aussi | Engrais phosphatés: le Bangladesh fait le plein au Maroc
La transformation ne se fera pas en silos, elle se construit en coalition. Agricultrices, gouvernements, institutions internationales, recherche, universités, secteur privé, acteurs financiers et organisations locales doivent co-construire, connecter leurs forces et passer ensemble de l’innovation à l’impact.
L’ambition n’est pas simplement d’atteindre davantage de femmes, mais de repenser les systèmes autour de leurs réalités — pour transformer l’accès en adoption, l’adoption en valeur et la valeur en impact durable.