- Introduction et Cadrage Contextuel
1.1. Le Nouveau Paradigme Hydrologique de l’Hiver 2026
L’intervention de Monsieur Nizar Baraka, Ministre de l’Équipement et de l’Eau, lors de l’émission «Décryptage» sur la radio MFM en date du 15 février 2026, constitue un jalon communicationnel et politique majeur dans l’histoire récente de la gestion des ressources naturelles au Maroc. Ce rapport se propose de réaliser une exégèse technique et stratégique de cette prise de parole, en la croisant rigoureusement avec les données factuelles issues des rapports ministériels, des articles de presse et des enregistrements disponibles à cette date.
Le contexte de cette intervention est marqué par une rupture hydrologique brutale. Après sept années consécutives de sécheresse structurelle, qualifiées de « stress hydrique systémique », le Royaume a enregistré entre décembre 2025 et février 2026 une séquence pluviométrique d’une intensité exceptionnelle. Cette transition, s’opérant en moins de huit semaines, a fait basculer la problématique nationale de la gestion de la pénurie à la gestion des excédents et des risques d’inondation. L’émission du 15 février intervient donc à un moment charnière où le bilan immédiat de la gestion de crise (inondations du Nord) se superpose à la vision prospective des infrastructures (Loi de Finances 2026, Horizon 2030).
1.2. Objectifs et Méthodologie du Rapport Ce document a pour vocation de fournir une analyse exhaustive, structurée en quatre axes fondamentaux :
- Le Diagnostic Hydrologique : Une analyse quantitative des apports, des stocks et de la saturation des bassins versants.
- La Gestion Opérationnelle de Crise : L’évaluation des mesures d’urgence, des lâchers préventifs et de la réponse humanitaire face aux crues.
- La Réponse Structurelle (LF 2026) : Le détail des projets d’investissement, avec un focus exclusif sur le nouveau barrage Tifar et la politique des grands ouvrages.
- La Vision Stratégique 2030 : L’analyse des transferts d’eau (Autoroute de l’eau), du dessalement et du nexus eau-énergie.
L’analyse s’appuie strictement sur les déclarations du Ministre et les données corroborées par les sources documentaires , en adoptant une posture d’expert neutre pour décrypter les implications techniques et économiques des annonces.
- Diagnostic Hydrologique au 15 Février 2026 : De la Pénurie à l’Abondance
La situation hydrique du Maroc a connu une métamorphose radicale. L’analyse des données pluviométriques et hydrométriques révélées par le Ministre met en lumière une concentration temporelle et spatiale des précipitations qui a mis à l’épreuve la résilience des infrastructures hydrauliques du Nord.
2.1. Analyse Quantitative des Apports Pluviométriques
L’élément central du diagnostic posé par M. Nizar Baraka réside dans le caractère torrentiel des apports. Depuis le début de l’année hydrologique, fixée au 1er septembre 2025, les barrages du Royaume ont capté un volume total de 12,17 milliards de mètres cubes (m³) d’eau. Ce chiffre, isolé, ne suffit pas à saisir l’ampleur du phénomène ; il doit être mis en perspective avec les normales saisonnières :
- Excédent Pluviométrique : Les apports enregistrés représentent 134 % de la moyenne annuelle habituelle. Le Maroc a donc reçu en moins de six mois plus d’eau qu’il n’en reçoit généralement en une année entière.
- Concentration Temporelle Extrême : La quasi-totalité de ces apports s’est concentrée sur une fenêtre temporelle très réduite. Le Ministre a précisé que 96,4 % de ces volumes ont été enregistrés après le 12 décembre 2025. Cette arrivée soudaine d’eau sur des sols initialement secs et peu perméables a favorisé un ruissellement intense, augmentant les débits de pointe au niveau des exutoires des barrages.
2.2. Évolution du Taux de Remplissage National
Cette dynamique pluviométrique a entraîné un redressement spectaculaire des réserves nationales.
- Point Bas (Décembre 2025) : À la mi-décembre, le taux de remplissage national stagnait à 31,1 %, un niveau critique faisant craindre une huitième année de sécheresse.
- Point Haut (Février 2026) : Au 11 février 2026, ce taux a bondi à 69,35 %. Ce niveau est qualifié d’inédit depuis 2018, marquant la fin technique de la séquence de sécheresse météorologique pour les bassins concernés.
- Stock Global : Le volume d’eau stocké dans les retenues de barrages s’élève à 11,62 milliards de m³.
2.3. Focus sur la Saturation des Bassins Hydrauliques du Nord
La répartition géographique des précipitations a été très inégale, créant une dichotomie entre un Nord en situation de gestion de crue et un Sud en reconstitution de réserves. Deux ouvrages majeurs ont cristallisé l’attention et les efforts de gestion : le barrage Oued El Makhazine (bassin du Loukkos) et le barrage Al Wahda (bassin du Sebou).
2.3.1. Le Cas Critique du Barrage Oued El Makhazine
Situé dans le bassin du Loukkos, ce barrage a été l’épicentre de la crise. Les données fournies par M. Baraka pour contrer les rumeurs de fragilité de l’ouvrage sont d’une précision technique cruciale :
- Apports Historiques : Depuis septembre 2025, l’ouvrage a reçu 1,462 milliard de m³ d’eau. Fait notable, plus de 70 % de ce volume est arrivé sur les deux seules dernières semaines de janvier-février 2026.
Débits de Crue : Un pic de débit entrant a été enregistré le 28 janvier 2026, atteignant la valeur colossale de 3 210 m³/s. À titre de comparaison, un débit stabilisé autour de 1 200 m³/s était attendu, mais la réalité a largement dépassé les prévisions initiales avant de redescendre.
- Satauration et Gestion des Cotes :
Le volume stocké a atteint un maximum de 1,117 milliard de m³ le 10 février 2026.
La capacité normale de retenue étant inférieure à ce chiffre, le taux de remplissage théorique a atteint 166,2 %.
Le niveau d’eau est monté jusqu’à la cote 71,59 mètres (pour une crête totale à 74 mètres), obligeant à une gestion millimétrée pour éviter le déversement incontrôlé ou la submersion de l’ouvrage.
2.3.2. La Montée en Puissance du Barrage Al Wahda Le plus grand barrage du Royaume a joué son rôle de « château d’eau » mais a également frôlé la saturation totale.
- Apports Massifs : L’ouvrage a reçu 3,48 milliards de m³ depuis septembre, dont 1,39 milliard en une seule semaine.
- Record Journalier : Un apport journalier record de 348 millions de m³ a été enregistré le 4 février 2026.
- Taux de Remplissage : Le taux est passé de 41 % à près de 95 % en quelques semaines, nécessitant des lâchers massifs pour maintenir une marge de sécurité.
Tableau 1 : Synthèse Comparative de la Situation Hydraulique (Février 2026)

- Gestion de Crise et Mesures Opérationnelles : L’Épreuve du Terrain La transformation d’une opportunité pluviométrique en catastrophe naturelle potentielle a exigé une réponse étatique immédiate et coordonnée. Le Ministre Baraka a décrit une « machine parfaitement huilée » , s’appuyant sur l’anticipation météorologique et l’ingénierie hydraulique.
3.1. La Doctrine des Lâchers Préventifs et de Sécurité Face à des barrages atteignant leurs limites physiques, le Ministère de l’Équipement et de l’Eau a activé la procédure de lâchers préventifs. Cette manœuvre délicate consiste à évacuer de l’eau des retenues pour créer un « creux » capable d’absorber les prochaines crues, tout en veillant à ne pas inonder les populations en aval.
- Volume Total Déversé : Au niveau national, ce sont 4,278 milliards de m³ d’eau qui ont été relâchés des barrages pleins. Ce volume, bien que perdu pour le stockage, était vital pour la sécurité structurelle des barrages.
- Répartition des Lâchers :
o Al Wahda : 1,762 milliard de m³ évacués.
o Oued El Makhazine : 832 millions de m³ évacués.
- Pilotage Technique : Ces opérations ont été pilotées grâce à des simulations hydrauliques horaires, permettant d’ajuster les vannes pour maintenir un débit dans les oueds (Loukkos et Sebou) compatible avec les digues de protection, bien que des débordements localisés aient été inévitables.
3.2. Mobilisation Interministérielle et Réponse Humanitaire Sous Hautes Instructions Royales, la gestion de crise a impliqué une synergie entre les Forces Armées Royales, la Protection Civile, la Gendarmerie Royale et les autorités locales.
- Évacuations Préventives : Des opérations d’évacuation ont été menées dans les zones basses de Larache et de Ksar El Kébir. Au 15 février 2026, le Ministre a confirmé que les populations commençaient à regagner leurs domiciles, la situation étant stabilisée.
- Bilan Humain : M. Baraka a souligné qu’aucun décès n’était à déplorer directement lié aux crues dans les zones gérées par ce dispositif, validant l’efficacité de l’approche proactive.
- Soutien Financier : Un programme d’aide d’urgence de 3 milliards de dirhams a été débloqué pour soutenir les populations sinistrées, incluant la reconstruction des logements et le soutien au cheptel.
3.3. Impact sur les Infrastructures et Rétablissement du Réseau Routier Les précipitations ont causé des dégâts majeurs sur le réseau routier, isolant des territoires entiers. Le Ministère a déployé ses engins pour le rétablissement de la circulation.
- Bilan des Coupures : Au total, 168 sections routières ont été impactées :
– 119 coupures causées par la submersion (montée des eaux).
49 coupures dues à des éboulements rocheux ou glissements de terrain.
- État d’Avancement (au 12/02/2026) :
o 124 tronçons ont été rouverts à la circulation.
o 44 tronçons demeuraient fermés, concentrés principalement dans les régions de TangerTétouan-Al Hoceima, Fès-Meknès et Béni Mellal-Khénifra.
Plusieurs ouvrages d’art (ponts) en milieu rural se sont effondrés, nécessitant des reconstructions lourdes.
- La Réponse Structurelle : Loi de Finances 2026 et Projets d’Avenir Au-delà de la gestion de l’urgence, l’intervention de Nizar Baraka sur MFM a permis de détailler la feuille de route infrastructurelle inscrite dans la Loi de Finances (LF) 2026. Cette programmation reflète un changement de doctrine : il ne s’agit plus seulement de stocker l’eau, mais de mieux la répartir et de sécuriser les bassins vulnérables.
4.1. L’Annonce Exclusive : Le Grand Barrage Tifar La révélation majeure de l’émission concerne le lancement officiel du barrage Tifar. Ce projet, stratégique pour le bassin du Loukkos, est présenté comme la réponse définitive aux risques de saturation du barrage Oued El Makhazine.
- Localisation Stratégique : L’ouvrage sera érigé sur une vaste superficie englobant des terres relevant des provinces de Larache et d’Ouezzane.
- Capacité et Envergure : Avec une capacité de stockage projetée de 900 millions de m³, le barrage Tifar deviendra le plus grand ouvrage hydraulique du bassin, surpassant la capacité normale d’Oued El Makhazine (672 millions de m³).
- Fonctions Multiples :
- Délestage et Sécurité : Sa fonction première est de « soulager » Oued El Makhazine en captant les crues en amont, évitant ainsi les situations critiques vécues en janvier 2026.
- Nœud de Transfert : Il jouera un rôle central dans les transferts inter-bassins (Nord vers Sud), agissant comme une zone de stockage tampon avant l’envoi de l’eau vers les régions déficitaires.
- Irrigation : Sécurisation des eaux d’irrigation pour le périmètre agricole du Loukkos, vital pour l’économie régionale.
- Calendrier : Inscrit budgétairement dans la LF 2026, le lancement effectif des travaux est confirmé pour le courant de l’année 2026. Le Ministre a mentionné des retards initiaux dus à des oppositions locales (expropriations), désormais surmontées par la détermination de l’État à sécuriser la ressource.
4.2. La Politique des Barrages dans la LF 2026 Le projet Tifar s’inscrit dans une dynamique nationale plus large d’accélération des infrastructures hydrauliques.
- Grands Barrages : Outre les 16 grands barrages déjà en cours de construction (dont Rhiss, Sidi Abbou, Koudiat Borna), la LF 2026 a programmé le lancement de trois nouveaux grands barrages. Si Tifar est le seul nommément détaillé lors de l’émission, ces projets visent à porter la capacité de stockage nationale à 25 milliards de m³.
- Petits Barrages et Lacs Collinaires : Pour répondre aux besoins de proximité et à la recharge des nappes, un programme de 155 petits ouvrages est prévu sur la période triennale 2026-2028.
- Équité Territoriale : Le Ministre a spécifiquement mentionné la construction de cinq lacs collinaires dans la province d’Es-Semara, illustrant la volonté d’étendre la sécurité hydrique aux provinces du Sud, souvent tributaires des eaux souterraines fossiles.
- 4.3. Modernisation de la Gouvernance : « Vigi-Crues » et « Atlas des Inondations »
- La crise de 2026 a validé l’importance des données météorologiques. M. Baraka a annoncé des réformes institutionnelles pour pérenniser cette gestion anticipative.
- Direction Générale de la Météorologie (DGM) : Qualifiée de « meilleur modèle en Afrique » et de référence mondiale, la DGM verra ses moyens renforcés.
- Bulletins d’Alerte Localisés : Mise en place prochaine de bulletins « Vigi-Crues » spécifiques aux communes, permettant une réaction plus fine que les alertes régionales actuelles.
- Atlas des Inondations : Élaboration d’une cartographie nationale exhaustive des zones inondables (Atlas) pour interdire ou adapter les constructions dans les zones à risque, intégrant les nouvelles données climatiques extrêmes.
- Vision Stratégique 2030 : Solidarité Inter-bassins et Eaux Non-Conventionnelles
- L’intervention ministérielle a également tracé les perspectives à moyen terme (Horizon 2030), articulées autour de deux piliers : l’interconnexion des bassins (solidarité spatiale) et le dessalement (souveraineté hydrique).
- 5.1. L’Autoroute de l’Eau : Vers la Phase 2
- Le projet d’interconnexion des bassins hydrauliques, surnommé « Autoroute de l’Eau », est la clé de voûte de la redistribution des ressources hydriques excédentaires du Nord vers le centre du pays.
- Bilan de la Phase 1 (Sebou – Bouregreg) : Opérationnelle depuis octobre 2023, cette première tranche a permis de transférer 700 millions de m³ d’eau à date (février 2026). Ce transfert a été vital pour éviter les coupures d’eau potable à Casablanca et Rabat, qui dépendent désormais en partie de ces apports.
- Lancement de la Phase 2 (Oued Laou – Oum Er-Rbia) : Cette phase ambitieuse vise à relier l’Oued Laou (Nord) au bassin de l’Oum Er-Rbia (Centre), via le Loukkos et le Sebou.
- Objectif de Transfert : Transférer 800 millions de m³ par an dans un premier temps, avec une cible finale de 1,2 milliard de m³.
- Partenariat Stratégique : Le financement et la réalisation s’appuient sur un « méga-deal » impliquant les Émirats Arabes Unis (Taqa), Nareva et le Fonds Mohammed VI pour l’Investissement, illustrant le recours aux Partenariats Public-Privé (PPP) pour accélérer les chantiers.
5.2. Le Dessalement : Objectif 60% en 2030
Face à l’incertitude climatique, le Maroc ne peut plus dépendre uniquement des précipitations. Le plan présenté par Nizar Baraka vise une inversion du mix hydrique pour l’eau potable.
- Objectif 2030 : Le Maroc ambitionne de couvrir 60 % de ses besoins en eau potable grâce au dessalement de l’eau de mer (contre 25 % actuellement).
- Capacité de Production Cible : L’objectif est d’atteindre 1,7 milliard de m³ d’eau dessalée par an à l’horizon 2030.
- Projets en Cours et à Venir (2026) :
o Casablanca : La station de dessalement, la plus grande d’Afrique, doit livrer sa première tranche (200 millions m³/an) courant 2026.
o Tiznit : Lancement de l’appel d’offres prévu pour la mi-2026 pour une station de 350 millions de m³ (Investissement de 10 Milliards DH).
o Tanger, Nador, Rabat : Nouveaux projets programmés pour sécuriser les pôles urbains côtiers.
- Stations Mobiles : Acquisition de 26 stations mobiles de dessalement (eau de mer) et 15 stations de déminéralisation (eau saumâtre) pour répondre aux urgences locales.
Tableau 2 : Feuille de Route du Dessalement (Horizon 2030)

5.3. Le Nexus Eau-Énergie
Une caractéristique essentielle de la stratégie 2026-2030 est l’intégration complète du paramètre énergétique.
- Énergie Verte : Toutes les nouvelles stations de dessalement seront alimentées par des énergies renouvelables (éolien/solaire) pour réduire le coût du m³ et l’empreinte carbone.
- Transport d’Énergie : Le projet inclut une ligne électrique de 1 400 km (3 000 MW) pour transporter l’énergie verte du Sud (Dakhla/Guelmim) vers les centres de consommation du Nord.
- Panneaux Flottants : Installation de panneaux solaires flottants sur les retenues de barrages pour réduire l’évaporation (estimée à 30 % des pertes) tout en produisant de l’électricité.
- Implications Économiques et Sécurité de l’Approvisionnement
La politique de l’eau n’est pas une fin en soi mais le prérequis au développement économique et social du Royaume. Les annonces de février 2026 ont des répercussions directes sur l’économie nationale.
6.1. Sécurisation de l’Eau Potable
L’apport massif d’eau dans les barrages offre une visibilité inédite depuis une décennie. M. Baraka a affirmé que les réserves actuelles permettent de sécuriser l’approvisionnement en eau potable pour une durée de 3 ans pour les grands centres urbains connectés. Pour les zones les plus vulnérables, une garantie minimale de 2 ans est assurée. Cette sécurité hydrique est un signal fort pour les investisseurs et la stabilité sociale.
6.2. Agriculture et Souveraineté Alimentaire
Les apports exceptionnels, combinés aux futurs barrages comme Tifar, permettent de sauver la campagne agricole dans les périmètres irrigués (Gharb, Loukkos, Tadla).
- Irrigation : L’objectif est de garantir à terme 80 % des besoins d’irrigation, contre une satisfaction très partielle ces dernières années.
- Nappes Phréatiques : Les pluies ont permis une recharge significative des nappes du Sebou, de la Moulouya et de l’Oum Er-Rbia, vitales pour l’agriculture hors périmètre irrigué.
- Économie de l’Eau : Le Ministre a insisté sur l’amélioration de l’efficience hydrique (canalisations, goutte-à-goutte) pour ne pas gaspiller cette ressource retrouvée.
- Conclusion et Synthèse
L’émission « Décryptage » du 15 février 2026 marque la fin de la psychose de la sécheresse et le début d’une ère de gestion intégrée des ressources hydriques. Le Ministre Nizar Baraka a présenté un bilan qui transforme une crise climatique (inondations) en opportunité stratégique (remplissage à 69 %).
Les points clés à retenir de cette synthèse sont :
- Résilience Prouvée : Les infrastructures ont tenu bon face à des crues historiques (3 210 m³/s à Oued El Makhazine), grâce à une gestion proactive des lâchers (4,2 milliards m³ évacués).
- Infrastructure de Rupture : L’annonce du barrage Tifar (900 Mm³) est la mesure phare de la LF 2026, modifiant la configuration hydraulique du Nord pour sécuriser définitivement le Loukkos et permettre les transferts vers le Sud.
- Vision Industrielle : Avec l’Autoroute de l’Eau (Phase 2) et l’objectif de 1,7 milliard de m³ d’eau dessalée en 2030, le Maroc s’engage dans une industrialisation de sa production d’eau, couplée aux énergies renouvelables.
En conclusion, le Maroc dispose désormais d’un répit de trois ans en matière d’eau potable, une fenêtre d’opportunité que le gouvernement entend exploiter pour parachever les infrastructures structurantes (Tifar, Dessalement, Interconnexions) et rendre le Royaume résilient face aux aléas climatiques futurs, qu’ils soient de manque ou d’excès.
