Attirer les investisseurs, puis faire rayonner ses propres champions. C’est le vœu de l’homme d’affaires Richard Attias, qui croit que le Maroc, qui sait capter les regards, doit désormais transformer «cette visibilité en puissance de marque», tout en transformant ses atouts en influence économique durable, avec 2030 comme accélérateur
Lors du Forum « Entrepreneurs en mouvement : Transformer les priorités en actions », organisé par la CGEM ce samedi 17 octobre à Casablanca, le président exécutif de Richard Attias & Associates a livré un plaidoyer pour un Royaume dont les entreprises, les talents et les savoir-faire deviennent des références internationales. Un pays que l’on choisit pour investir, mais aussi dont on reconnaît les marques et dont on suit les initiatives.
Né à Fès, M. Attias a placé son intervention sous le signe d’un attachement personnel au Maroc. Celui d’un « enfant du pays » qui voit dans l’hospitalité, l’ouverture et la capacité à créer des ponts des ressources à prolonger sur le terrain économique. Son propos dépasse toutefois la promotion de la destination : il invite les entrepreneurs à donner une traduction concrète à cette ambition collective.
L’exécution, véritable mesure de l’ambition
Pour Richard Attias, le Royaume dispose d’un socle sur lequel construire : sa position entre plusieurs espaces économiques, ses infrastructures, ses filières industrielles et sa stabilité. L’enjeu consiste à convertir ces acquis en décisions, en investissements et en emplois.
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Il en tire une première leçon de son expérience en Arabie saoudite : une vision doit s’accompagner d’un calendrier, d’objectifs mesurables, de responsables identifiés et d’un suivi constant. À travers son récit du développement de la Future Investment Initiative, il insiste sur la difficulté de tenir dans la durée et de transformer les engagements en résultats.
«Les grandes idées ne manquent jamais», observe-t-il. Le passage à l’action reste, à ses yeux, le véritable point de bascule. Pour les entreprises marocaines, une stratégie de long terme doit ainsi produire des décisions immédiates et permettre de mesurer les progrès accomplis.
Cette exigence de vitesse ne dispense pas de méthode. De son expérience au Japon, Richard Attias retient la préparation minutieuse et l’amélioration continue. De la Chine, il souligne la capacité à tester, apprendre et corriger rapidement. Deux enseignements complémentaires : avancer vite, tout en construisant une organisation capable de maintenir la qualité.
Les alliances comme levier de compétitivité
Autre conviction défendue devant les participants au Forum : aucune entreprise ne construit seule une réussite internationale. Les rencontres entre PME et grands groupes, entrepreneurs et investisseurs, ou partenaires de pays différents peuvent ouvrir des perspectives que chacun aurait difficilement créées isolément.
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Richard Attias invite ainsi les entreprises marocaines à aller davantage à la rencontre des investisseurs internationaux. Il estime que le Royaume peut renforcer son rôle de partenaire de référence pour ceux qui souhaitent se développer en Afrique, tout en facilitant les connexions du continent avec le Golfe et l’Asie.
Cette logique vaut également à l’intérieur du pays. Évoquant Shenzhen, il met en avant la proximité entre fabricants, concepteurs, investisseurs et clients comme facteur d’accélération. Il voit dans les pôles de Tanger, Kénitra ou Casablanca des bases pour approfondir cette dynamique et l’étendre aux différentes régions du Royaume.
Faire émerger des marques qui portent le Maroc
Le cœur de son message porte sur les entreprises capables d’incarner le pays au-delà de ses frontières. Richard Attias cite plusieurs références déjà associées au rayonnement marocain, parmi lesquelles La Mamounia, le Royal Mansour, Tanger Med et l’équipe nationale de football. Il appelle à élargir ce cercle.
Intelligence artificielle, énergies renouvelables, agriculture, fintech, santé ou design : autant de domaines dans lesquels il invite les entrepreneurs à construire des marques reconnues. Les savoir-faire doivent devenir visibles et être portés par des entreprises capables de conquérir des marchés.
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Dans cette perspective, chaque entreprise peut devenir une ambassadrice du Royaume. La puissance de marque se construit alors à travers la qualité des produits, la fiabilité des services et la confiance créée auprès des partenaires internationaux.
Cette ambition repose d’abord sur les personnes. Richard Attias appelle à former les jeunes, à leur confier tôt des responsabilités et à donner aux femmes entrepreneures toute leur place. Selon lui, aucun pays ne peut avancer à pleine vitesse en laissant la moitié de ses talents à l’écart.
2030, une preuve à apporter
La Coupe du monde 2030 occupe une place particulière dans cette projection. Pour Richard Attias, elle doit démontrer la capacité du Maroc à construire, accueillir, innover et inscrire ses réalisations dans la durée. Son apport se jugera à l’héritage laissé au pays.
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L’événement devient ainsi une échéance autour de laquelle mobiliser les entreprises et rendre tangibles les ambitions nationales. Les infrastructures comptent, mais aussi les compétences développées, les services améliorés et les opportunités économiques créées.
Au terme de son intervention, Richard Attias ramène cette perspective à une responsabilité individuelle : « Quelle est la première action que je vais engager lundi matin ? » Une invitation adressée à chaque entrepreneur pour que le mouvement collectif commence par une décision concrète.