La 35ᵉ Coupe d’Afrique des nations s’ouvrira le 21 décembre prochain au Maroc, dans un contexte particulier. Jamais le continent n’a réuni autant de talents africains évoluant au plus haut niveau mondial, jamais non plus la CAN n’a autant cristallisé les enjeux sportifs, symboliques et économiques. Pour le Maroc, pays hôte, cette édition s’annonce comme une vitrine continentale.
Depuis sa création en 1957, la CAN est le terrain continental par excellence où les talents du football africain s’expriment. En plus du pays hôte, le Maroc, plusieurs nations figurent parmi les grands prétendants : le Sénégal, l’Égypte, la Côte d’Ivoire et la RDC, toutes déjà qualifiées pour la Coupe du monde 2026. Et derrière chaque grande nation se trouve un joueur clé sur qui la sélection repose. Sur les pelouses marocaines, plusieurs figures majeures du football africain sont attendues. Leaders techniques, capitaines naturels ou symboles générationnels, ils porteront les ambitions de leurs sélections respectives.
Zoom sur six joueurs à suivre de très près, capables de faire basculer une CAN à eux seuls.
Achraf Hakimi (Maroc) – Le symbole d’une génération
Le Ballon d’or africain, Achraf Hakimi incarne le visage moderne du football marocain. Latéral droit devenu référence mondiale à son poste, le joueur du Paris Saint-Germain allie volume de jeu, vitesse, intelligence tactique et impact offensif. Finaliste de la Coupe du monde 2022 avec le Maroc, il arrive à cette CAN avec un statut clair : un leadership affirmé.
À domicile, le champion d’Europe portera bien plus qu’un brassard. Il symbolise une génération ambitieuse, structurée, qui vise ouvertement le titre. Sa capacité à entraîner le collectif, autant par l’exemple que par le caractère, sera déterminante pour les ambitions marocaines.

Le Maroc, qui affrontera les Comores, le Mali et la Zambie dans le groupe A, ne manque pas de leaders dans d’autres secteurs du terrain, puisqu’il compte également dans ses rangs le meilleur gardien du continent, Yassine Bonou, et l’expérimenté attaquant Youssef En-Nesyri.
Pour rappel, sous Walid Regragui, le Maroc, première nation africaine au classement FIFA, a atteint les sommets du football mondial en 2022, devenant la première équipe africaine à disputer une demi-finale de Coupe du monde.
Les Lions de l’Atlas abordent la compétition non seulement avec l’avantage du terrain, mais aussi avec une détermination farouche à décrocher leur deuxième titre de champion d’Afrique des Nations.
Sadio Mané (Sénégal) – Le champion en quête de confirmation
Ballon d’Or africain 2022 et artisan majeur du sacre sénégalais lors de la CAN 2021, Sadio Mané reste l’âme des Lions de la Teranga. Même si son parcours en club a connu des phases contrastées ces dernières saisons, son influence en sélection demeure intacte.

Mané n’est pas seulement un buteur : c’est un catalyseur. Son expérience, sa rigueur mentale et son sens du sacrifice font de lui un joueur de tournois. À une semaine de cette CAN au Maroc, le Sénégal cherchera à confirmer son statut de puissance continentale, avec Mané comme boussole sportive et morale.
Le Sénégal, qui a dominé son groupe de qualification pour le Mondial 2026, misera sur la continuité pour répéter l’exploit de 2022.
Wilfried Zaha (Côte d’Ivoire) – Le talent imprévisibleWilfried
Zaha reste l’un des joueurs les plus déroutants du football africain. Capable d’éclairs de génie comme de passages plus discrets, l’ailier ivoirien peut, sur un match, renverser n’importe quelle défense. Cependant, il faut quand même rappeler que ce dernier a été longtemps écarté de l’équipe nationale en raison de dissensions internes. Dans une sélection ivoirienne en reconstruction, Zaha représente pour beaucoup une arme offensive majeure.

« S’il parvient à canaliser son jeu et à s’inscrire pleinement dans le collectif, il peut devenir l’un des hommes forts de la compétition », prévient Nassim Klerf, journaliste sportif. Sous la direction d’Emerse Faé, les Éléphants arrivent au Maroc avec l’ambition de conserver leur titre. Mais le challenge s’avère costaud.
Mohamed Salah (Égypte) – La quête d’un sacre continental
Star mondiale de Liverpool et icône du football africain, Mohamed Salah arrive à cette CAN avec l’ambition de démontrer à Liverpool que le feu des grands joueurs brûle encore en lui : enfin soulever le trophée continental. Finaliste malheureux à deux reprises, l’Égyptien reste marqué par ces échecs.
Salah, c’est l’efficacité, la régularité et la discipline tactique. Dans une Égypte souvent pragmatique, il demeure la principale source de danger offensif. Cette CAN au Maroc pourrait bien représenter l’une de ses dernières grandes opportunités de marquer l’histoire africaine en sélection.

Mohamed Salah aura l’occasion de mettre de côté son avenir à Liverpool pour tenter de décrocher le premier titre de l’Égypte depuis 2010.
Avec un jeu peu spectaculaire, mais efficace, les Pharaons restent fidèles à leur réputation de redoutables compétiteurs.
Chancel Mbemba – Le roc congolais en mission
Capitaine des Léopards de la République démocratique du Congo, Chancel Mbemba est bien plus qu’un défenseur central. Il est le socle mental, tactique et symbolique d’une sélection congolaise en quête de stabilité et de reconnaissance continentale. À 30 ans, le joueur de l’Olympique de Marseille arrive à la CAN avec un statut affirmé : celui d’un leader aguerri, rompu aux joutes européennes et aux compétitions à haute intensité.
Formé comme latéral avant de s’imposer dans l’axe, Mbemba s’est construit une réputation de défenseur complet : solide dans les duels, intelligent dans le placement, capable de relancer proprement et de marquer sur coups de pied arrêtés. Son parcours en clubs – Porto puis Marseille – lui a apporté une maturité tactique précieuse, qu’il transpose aujourd’hui en sélection.

Pour la RDC, Mbemba est le point d’équilibre. Dans une équipe souvent portée par ses talents offensifs mais fragilisée par le passé sur le plan défensif, il incarne la rigueur et la discipline. Son leadership, parfois rugueux mais toujours assumé, donne un cadre à un groupe jeune et ambitieux.
Dans cette CAN, « je vois au moins la RDC en demi-finale. Pour moi, à part les grands que tout le monde connaît, la RDC est l’équipe montante à redouter », prévient Nassim.
Pierre-Emerick Aubameyang (Gabon) – Le retour du leader
Longtemps absent de la scène internationale, Pierre-Emerick Aubameyang a retrouvé la sélection gabonaise avec une détermination nouvelle. Buteur instinctif, leader charismatique, il reste l’un des attaquants africains les plus redoutables de sa génération. Pour le Gabon, Aubameyang représente l’espoir d’un parcours ambitieux.

À 35 ans, cette CAN pourrait avoir des allures de dernier grand défi continental. Son expérience et son sang-froid dans les moments décisifs pourraient peser lourd. L’une des merveilles de la CAN, c’est son imprévisibilité légendaire. Des pays comme le Gabon peuvent, contre toute attente, surprendre plus d’un.