Jusqu’à présent, les opinions des citoyens étaient influencées par les médias classiques : télévision, radio, presse écrite, mais depuis quelques années, les informations lues sur les réseaux sociaux jouent un rôle important dans la perception qu’ils ont de la réalité, ouvrant la porte à une concurrence acharnée entre les partis politiques qui se positionnent fortement sur les réseaux sociaux. La HACA s’est intéressée de près au phénomène.
Dans une étude à l’intitulé sans ambiguïtés «Réseaux sociaux et communication politique : entre impact et risques de désinformation», la Haute Autorité de la communication audiovisuelle (HACA), dresse une radioscopie de la présence en ligne des partis politiques marocains représentés au Parlement. Menée par le groupe de travail consacré à la régulation et aux médias numériques, l’expertise analyse l’activité de douze formations politiques sur Facebook, TikTok, X, YouTube ainsi que les interactions qui ont lieu sur leurs sites internet officiels. L’objectif avoué, est de présenter un état des lieux le plus proche de la réalité sur la régularité des publications et l’aptitude des uns et des autres à maintenir un lien avec les citoyens, en dehors des périodes électorales.
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Comme on pouvait s’y attendre, c’est le PAM qui décroche la première place du nombre total d’interactions avec 390.733 réactions, commentaires et partages, suivi de près du PJD (336.268) et du RNI (177.470). Rapporté à la taille de la communauté, le Mouvement populaire affiche toutefois, la meilleure performance avec un taux d’engagement de 135,6 %, devant le PAM (69,5 %) et l’Istiqlal (62,4 %). À l’inverse, le RNI ne dépasse pas 12,7 %, tandis que l’Union constitutionnelle plafonne à 1,5 %. La HACA a pris soin d’envoyer ses enquêteurs travailler, en dehors de toute campagne électorale entre janvier et mai 2026, l’enquête montre que la performance numérique repose moins sur la taille de l’audience que sur la capacité à générer de l’interaction et de l’engagement.
Dans le détail, c’est Facebook, qui cristallise les préférences de la communication partisane et demeure de loin l’espace privilégié des formations politiques marocaines. Entre janvier et mai 2026, les onze partis actifs sur Facebook ont publié 2.651 contenus, générant plus de 1,17 million d’interactions.
En termes d’audience, sur Facebook, le RNI domine avec près de 1,4 million d’abonnés, devant le PJD (1,2 million), le PAM (562.000), le PPS (389.000), l’Istiqlal (156.000) et l’USFP (145.000). Mais ce classement est caduc lorsqu’on s’intéresse à l’engagement.
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Les experts ont également décelé une montée en puissance de TikTok dans les stratégies numériques partisanes et les six partis analysés sur cette plateforme : le PAM, le RNI, le PPS, le Mouvement populaire, la Fédération de la gauche démocratique et l’Istiqlal totalisent 925 vidéos qui ont été publiées, générant plus de 2,4 millions de vues et 59.461 interactions. Le PAM se distingue très nettement : avec seulement 52 vidéos, il cumule 1.911.992 vues, soit près de 80 % du total enregistré par les autres partis.
Sur X, c’est l’USFP qui s’en sort le mieux en enregistrant le meilleur niveau d’interaction, avec 253 réactions au total, contre 106 pour le RNI, 59 pour le PPS et 39 pour le PAM. Son taux de participation atteint 2,73 %, loin devant celui du PPS (1,67 %), du RNI (0,33 %) et du PAM (0,27 %).
Pourtant, l’étude arrive à la conclusion que la fréquence de publication ou le nombre d’abonnés ne sont pas suffisants pour expliquer les résultats de chaque parti. La nature des contenus, leur adéquation avec les attentes du public et leur potentiel de diffusion jouent un rôle déterminant.
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Même si les enquêteurs de la HACA n’ont pas voulu travailler durant les législatives, il faut néanmoins reconnaitre que c’est en période de campagne électorale que les réseaux sociaux montent en puissance, parce qu’il devient indispensable aux candidats de sortir du lot pour gagner en visibilité. Facebook et Twitter ne font pas vraiment gagner, mais ils peuvent faire perdre, bien qu’aucune étude ne vient étayer les impacts électoraux de cette visibilité, sachant au passage, que Twitter comme Facebook améliorent difficilement le débat public. Il y a peu de débats de fond.
Malheureusement, les perspectives sont sombres, ce qui vaut pour les partis en Europe vaut pour la classe politique du royaume, les réseaux sociaux sont en train de devenir incontournables en étant le premier canal d’information pour la majorité des internautes. Une position pour laquelle Facebook et Twitter se frottent les mains, car en entrant dans les usages, ils optimisent leur business model qui fonctionne avec la récupération de données personnelles et l’envoi de publicités personnalisées. Où est la neutralité démocratique ? Facebook a été accusé à plusieurs reprises de véhiculer de fausses rumeurs et le rêve d’une démocratie numérique s’éloigne de plus en plus.