À quatre ans de la Coupe du monde 2030, les pays organisateurs passent à la vitesse supérieure. Réunis à Salé, décideurs publics et acteurs économiques du Maroc, d’Espagne et du Portugal ont posé les jalons d’une coopération structurée autour de ce rendez-vous planétaire, pensé comme un puissant levier d’intégration, de croissance et de transformation durable. T.M.
La Coupe du monde de football 2030 doit être bien plus qu’un événement sportif. C’est le message fort porté par le ministre délégué chargé du Budget et président de la Fédération Royale Marocaine de Football, Fouzi Lekjaa, lors de l’ouverture du Forum d’Affaires Maroc–Espagne–Portugal, mardi 10 février à Salé.
Il a appelé à intensifier les échanges, les rencontres et les concertations entre les acteurs publics et privés des trois pays organisateurs, estimant que seule une coordination étroite permettra de mutualiser les compétences, de partager les meilleures pratiques et de créer une valeur ajoutée durable.
Fondé sur une longue histoire de complémentarité civilisationnelle, culturelle et économique, le projet du Mondial 2030 se veut, selon M. Lekjaa, un catalyseur de rapprochement entre les peuples et un outil au service de la jeunesse, de l’innovation et du progrès partagé.
Des défis logistiques à la hauteur de l’ambition
L’organisation d’un tournoi réparti sur plusieurs territoires pose cependant des défis majeurs. Mobilité des équipes et des supporters, sécurité, infrastructures, systèmes de transport ou dispositifs de gestion : la réussite de plus de cent matchs en un temps réduit exigera une intelligence collective renforcée et une harmonisation sans précédent.
Dans ce contexte, Fouzi Lekjaa a insisté sur le rôle central des entreprises, toutes tailles confondues. De la construction des stades aux solutions de ticketing et de sécurité, l’implication complémentaire du secteur privé est appelée à porter de multiples projets et à générer des retombées économiques durables dans les trois pays.
Le secteur privé au cœur de la réussite
Pour le président de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), Chakib Alj, le Mondial 2030 représente une opportunité unique pour structurer un cadre de collaboration « concret, utile et opérationnel » entre les entreprises marocaines, espagnoles et portugaises.
Un dispositif qui permettra notamment aux très petites, petites et moyennes entreprises de se positionner sur les marchés liés à l’événement, de nouer des partenariats et de renforcer leur compétitivité.
Selon lui, la Coupe du monde ne crée pas un effort de transformation ex nihilo, mais accélère une dynamique déjà engagée, en traduisant les ambitions communes en projets concrets, en investissements productifs et en emplois durables, dans des secteurs allant des infrastructures à la mobilité, en passant par le tourisme, le divertissement, le numérique ou encore la santé.
Une plateforme d’intégration euro-africaine
De son côté, le président de la Confédération espagnole des organisations entrepreneuriales (CEOE), Antonio Garamendi, a qualifié le Mondial 2030 de véritable plateforme de croissance et d’intégration pour les trois pays.
Porté par une vision de long terme, le projet vise à générer des avantages économiques tangibles tout en posant les bases d’un partenariat équilibré et durable entre l’Afrique et l’Europe.
Les investissements ciblent prioritairement les infrastructures, la mobilité, le tourisme, l’innovation et les technologies, avec une exigence claire : inscrire ces efforts dans la durée à travers des solutions responsables et un engagement fort du secteur privé.
Au-delà des retombées économiques immédiates, les intervenants ont souligné l’importance de la durabilité environnementale et énergétique, ainsi que le rôle central de la culture et du tourisme comme vecteurs de valeur ajoutée.
L’intégration de la dimension culturelle permettra d’élargir l’offre touristique et de prolonger les bénéfices bien après le coup de sifflet final.
Pour le Portugal, représenté par Nuno Gabriel Cabral, conseiller à l’ambassade, le Mondial 2030 dépasse le cadre sportif pour devenir une occasion stratégique de coopération durable, de création de valeur et de renforcement des partenariats, notamment avec le Maroc.
Réunissant des entreprises des trois pays actives dans les infrastructures, la mobilité, l’hôtellerie, le digital, la logistique et l’innovation, le Forum d’Affaires Maroc–Espagne–Portugal a ainsi confirmé que la Coupe du monde 2030 s’impose déjà comme un projet structurant, appelé à laisser un héritage économique, social et territorial majeur sur les deux rives de la Méditerranée.



