Le président américain Donald Trump a menacé, mardi 3 mars, de cesser tout commerce avec l’Espagne en raison des dépenses militaires jugées insuffisantes de ce pays, mais aussi en raison de la position de Madrid sur l’utilisation de ses bases dans les opérations contre l’Iran.
« L’Espagne a été terrible » car « c’est le seul pays de l’Otan qui n’a pas accepté de consacrer 5% » de son PIB à des dépenses en matière de Défense, comme le veut le nouvel objectif de l’Otan, a dit le président américain dans le Bureau ovale de la Maison Blanche aux côtés du chancelier allemand Friedrich Merz.
Il a aussi reproché à l’Espagne son refus de permettre aux États-Unis d’accéder à ses bases militaires. En effet, la ministre espagnole de la Défense, Margarita Robles, a expliqué, lundi, que les troupes américaines stationnées à Morón de la Frontera et sur la base aérienne de Rota doivent “opérer dans le cadre du droit international » et que ces installations n’ont pas le droit de «fournir un soutien, sauf si cela s’avère nécessaire d’un point de vue humanitaire”.
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Un accord de 1953 avec les États-Unis confère à Madrid un droit de regard sur l’utilisation des forces américaines stationnées sur son territoire. Or, M. Trump a estimé que son pays n’a pas besoin de l’autorisation de l’Espagne. “Nous pouvons utiliser leurs bases si nous le souhaitons, nous pouvons simplement y atterrir et les utiliser (…) Personne ne nous en empêchera”, a-t-il lancé.
Réagissant à la nouvelle menace de Donald Trump, qui a déjà sermonné Madrid sur la question des dépenses en octobre dernier, le gouvernement de Pedro Sanchez assure que “l’Espagne est un membre clé de l’OTAN, qui remplit ses engagements et contribue de manière significative à la défense du territoire européen”.
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Et d’ajouter: “Elle est également un acteur majeur de l’exportation au sein de l’UE et un partenaire commercial fiable pour 195 pays à travers le monde, dont les États-Unis, avec lesquels nous entretenons des relations commerciales anciennes et mutuellement avantageuses”.
Le gouvernement espagnol insiste, dans un communiqué, que “si l’administration américaine souhaite revoir cette relation, elle doit le faire dans le respect de l’indépendance des entreprises privées, du droit international et des accords bilatéraux entre l’Union européenne et les États-Unis”.
J.C (Avec Agences)