Cinq jours après le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient, Mme Nadia Fettah Alaoui, ministre de l’Économie et des Finances, ne cède pas à la panique et adresse des messages rassurants sur la capacité de l’économie marocaine à faire face aux chocs externes, ainsi que sur la capacité du Royaume et à demeurer une base solide pour les investissements étrangers.
« Nous avons des réserves de change, un mix énergétique qui est de plus en plus vert et puis une économie qui a prouvé sa résilience », a souligné, de prime à bord, la ministre au cours d’un entretien accordé à la chaîne française BFM Business, diffusée mercredi 4 mars 2026.
Mais vu que le Maroc fait entièrement partie des chaînes globales de l’économie, puisqu’il importe la totalité de ses besoins d’hydrocarbures, le Maroc se tient prêt parer les effets de la nouvelle crise, a-t-elle relevé, avant de préciser: « Nous avons hélas, ces dernières années, eu à expérimenter nos boucliers en faveur des populations les plus vulnérables et pour protéger l’économie ». Allusion faite à la pandémie du Covid-19, à la guerre en Ukraine, au séisme d’Al Haouaz et aux inondations.
Tout en espérant que la crise soit « courte », il a fait savoir que le gouvernement dispose du « plan d’action qu’il faut » pour gérer la situation, particulièrement en ce qui concerne la flambée des hydrocarbures. Dans la loi de finances 2026, le pétrole est budgété à 65 dollars, alors qu’il a déjà atteint 85 dollars le baril. L’envolée des cours mondiaux «a, certes, un impact, mais qui est complètement contenu et que nous pouvons confronter avec nos finances publiques», a considéré Mme Fettah, qui «espère vraiment ne pas avoir à le faire durablement»
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Par ailleurs, la ministre a affirmé que l’attractivité du Maroc pour les investissements « n’est pas affectée par la guerre en Iran » et qu’elle « demeure intacte ». Et pour cause : le Royaume « a un actif considérable qui est sa stabilité dans la durée, sa stabilité politique, et sa stabilité économique ».
Le Maroc «est une vraie base d’investissement dans un monde turbulent», a-t-elle insisté, notant que les investisseurs internationaux recherchent un écosystème local solide, notamment à travers les PME, et savent pouvoir compter sur les compétences marocaines, en particulier celles des ingénieurs, femmes et hommes.