De la cybercriminalité aux fraudes diverses, les Etats participant au 15e Congrès des Nations Unies pour la prévention du crime et la justice pénale, ont adopté la Déclaration d’Abou Dhabi. A cette occasion, les experts réunis par l’ONU ont jugé « efficace » le dispositif de prévention et de lutte contre les nouvelles formes de délinquance, pensé et mis en place par le Maroc.
C’est un sujet incontournable des politiques publiques et objectivement un totem qui a ouvert au royaume un véritable travail de concertation pour aboutir à un diagnostic partagé sur les mesures à prendre et les propositions censées promouvoir une approche de prévention du crime et de justice pénale fondée sur la coopération, la prévention, la dignité humaine, le renforcement des capacités institutionnelles et la solidarité internationale.
En termes d’efficacité, le royaume a été plébiscité pour la coopération internationale, les enquêtes et poursuites dans la lutte contre toutes les formes modernes de délinquance.
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A l’ouverture de ce 15e Congrès des Nations Unies pour la prévention du crime et la justice pénale (26 septembre-1er octobre), Azzeddine Farhane a ainsi décortiqué l’approche Marocaine qui repose essentiellement sur l’implication de l’ensemble des parties prenantes, notamment convaincu que l’action multilatérale tire sa force de l’ancrage des engagements mondiaux dans les réalités régionales, la coopération régionale de la volonté nationale et l’implication de l’ensemble de la société.
Le représentant permanent du Royaume auprès des Organisations internationales à Vienne, a ainsi mis en exergue cinq axes principaux, dont le premier touche aux spécificités régionales, le second porte sur l’inclusion, qui renforce à la fois la légitimité et l’efficacité. Face à la complexité des défis liés à la criminalité, les gouvernements ne peuvent agir seuls, a précisé le responsable, mettant l’accent sur l’apport de la société civile, des milieux académiques, des praticiens de terrain, des jeunes, du secteur privé et des communautés locales.
Le troisième aspect concerne la diversité régionale censée être une source de convergence mondiale. «Les différentes régions abordent la prévention du crime et la justice pénale sous des angles historiques, institutionnels et sociaux divers, sans que cette diversité n’empêche la recherche du consensus », a ajouté le diplomate marocain.
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Le quatrième enseignement porte sur la continuité entre consultation, négociation et mise en œuvre. Il a, à ce propos, préconisé des mécanismes de suivi plus solides entre les pays pour la prévention du crime, afin de permettre aux acteurs régionaux et à la société civile de contribuer à l’élaboration des engagements internationaux, mais aussi à leur mise en œuvre et à leur évaluation.
Enfin, le dernier enseignement à tirer, c’est que la plupart des partenariats se sont mués en actions concrètes. La complexité croissante de la criminalité contemporaine, de la criminalité organisée et la corruption à la cybercriminalité, la traite des êtres humains et les nouvelles formes de criminalité facilitées par la technologie, exige de dépasser le cloisonnement institutionnel, a-t-il soutenu.
Abandonnant la langue de bois , la déclaration d’Abou Dhabi évoque un paysage criminel de plus en plus complexe, dans lequel des services, des infrastructures et des technologies peuvent être détournés à des fins criminelles, notamment avec l’émergence du « crime en tant que service » et de la «violence en tant que service ». Ce qui fait que les réseaux organisés exploitent désormais les failles institutionnelles et les outils numériques, plateformes de communication globales, actifs virtuels et algorithmes génératifs, pour orchestrer des fraudes massives, manipuler l’opinion et dissimuler les produits d’activités illicites.
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Pour faire face à cette évolution inquiétante, la communauté internationale s’engage ainsi à accélérer la transformation numérique des systèmes judiciaires et à intégrer l’IA dans les processus de justice pénale. Toutefois, la Déclaration insiste sur l’instauration de garde-fous stricts, imposant un contrôle humain permanent, une transparence procédurale rigoureuse et le respect absolu de la protection des données personnelles. Accueilli par les Émirats arabes unis jusqu’au 1er octobre, le Congrès a pour thème « Protéger les personnes et la planète à l’ère numérique ». Si près de 120 pays y sont représentés, avec plus de 5 100 participants issus des gouvernements, de la société civile, du monde universitaire et du secteur privé, le Maroc en a profité pour déposer sa candidature pour accueillir à Rabat le prochain congrès de l’ONU.