Le Maroc donne une nouvelle dimension à sa politique en faveur de la jeunesse avec la consolidation du « Pass Jeunes », désormais doté d’un cadre réglementaire. Publié au Bulletin officiel le 6 août 2026, le décret n° 2.25.153 officialise une application destinée aux jeunes Marocains ainsi qu’aux étrangers résidant légalement au Maroc, âgés de 16 à 30 ans. L’objectif est de faciliter leur accès à une large gamme de services gratuits, à tarifs réduits ou assortis d’autres avantages.
Le dispositif marque une évolution dans la manière dont les pouvoirs publics cherchent à rapprocher les jeunes des services qui leur sont destinés. À travers une seule plateforme numérique, le gouvernement veut regrouper une offre qui était auparavant dispersée entre différents ministères, établissements publics, collectivités territoriales et partenaires privés.
Le Pass couvre déjà plusieurs domaines de la vie quotidienne : culture et arts, sport, santé, enseignement, formation professionnelle, transport, emploi, tourisme, technologies numériques et hébergement. Cette liste pourra encore évoluer grâce à de nouvelles conventions de partenariat. Les avantages proposés seront publiés sur le portail électronique du ministère chargé de la Jeunesse et actualisés en fonction des nouveaux accords conclus.
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L’ambition est donc de faire du Pass Jeunes davantage qu’une simple carte de réductions. Le dispositif doit devenir une porte d’entrée vers différents services susceptibles d’améliorer l’accès des jeunes à la culture, à la mobilité, à la formation, aux loisirs et à certaines prestations sociales ou économiques.
Une adoption déjà importante
Le lancement national du dispositif commence déjà à produire des résultats. À fin mars 2026, l’application avait été téléchargée 1,7 million de fois, avec environ 450.000 comptes actifs. Le gouvernement ambitionne de poursuivre cette progression et d’élargir encore le nombre de bénéficiaires.
Le transport constitue l’un des principaux domaines d’utilisation. Quelque 143.000 bénéficiaires ont utilisé les services de l’Office national des chemins de fer, pour un total de 579.000 voyages, y compris à bord du TGV Al Boraq. Le dispositif compte également 29.000 abonnements mensuels au tramway de Rabat-Salé et 15.000 trajets en autobus.
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La culture figure également parmi les secteurs les plus sollicités. Des dizaines de milliers de jeunes ont ainsi pu accéder à des musées, des sites historiques et des salles de cinéma grâce aux avantages proposés dans le cadre du programme. Dans le domaine de la santé, 10.000 réservations ont été enregistrées dans des centres dédiés aux jeunes, tandis que 34.500 cartes d’adhésion ont été délivrées via le réseau OMNIDOC.
Le Pass comporte également une dimension liée à l’inclusion financière et aux nouvelles compétences. Quelque 2.000 comptes bancaires gratuits ont été ouverts dans le cadre du programme. La formation aux nouvelles technologies occupe aussi une place croissante, avec notamment des bénéficiaires formés à l’intelligence artificielle et à la cybersurveillance.
Une gouvernance interministérielle
La particularité du dispositif tient aussi à son organisation. Une commission de coordination réunit plusieurs départements ministériels afin de coordonner les offres proposées aux jeunes. Elle est appelée à se réunir au moins une fois tous les six mois et peut être convoquée lorsque cela est nécessaire.
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Cette gouvernance doit permettre d’éviter que le Pass ne devienne une plateforme limitée à quelques avantages. Son efficacité dépendra surtout de la capacité des différents acteurs à enrichir régulièrement l’offre et à proposer des services réellement utiles aux jeunes.
Le gouvernement a par ailleurs prévu une ligne budgétaire annuelle spécifique au sein du budget du ministère de la Jeunesse pour financer les services et offres proposés dans le cadre du dispositif. Cette disposition donne au Pass une perspective de long terme et confirme sa volonté d’en faire un instrument durable de politique publique.
Le défi sera désormais de transformer l’importante adoption numérique en impact concret. Avec une population cible large et des besoins très différents selon les territoires, le succès du Pass Jeunes dépendra de sa capacité à maintenir une offre attractive, accessible et régulièrement renouvelée. La digitalisation constitue ici un moyen, et non une fin : l’enjeu sera de faire du smartphone un véritable accès aux opportunités offertes par les politiques publiques marocaines en faveur de la jeunesse.