Le président Donald Trump a annoncé que l’Agence américaine de protection de l’environnement (EPA) ne réglementerait plus les normes d’émissions de gaz à effet de serre pour les véhicules et les centrales électriques, abrogeant ainsi un texte adopté sous Barack Obama et servant de fondement à la lutte contre ces émissions de manière globale aux Etats-Unis.
Cette décision, annoncée jeudi 12 février en fanfare depuis la Maison Blanche, met immédiatement fin aux normes d’émissions pour les véhicules et ouvre la voie à l’annulation d’autres réglementations environnementales, notamment en matière de rejets des centrales électriques.
« Nous mettons officiellement fin à une politique désastreuse de l’ère Obama », a déclaré M. Trump lors d’une conférence de presse, relevant que le texte abrogé « n’avait aucun fondement factuel, absolument aucun, et il n’avait aucun fondement juridique ».
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Cela « va faire économiser des milliers de milliards de dollars aux consommateurs américains » en faisant baisser le coût des voitures, a assuré le président américain, avant de lancer: « Au fil des générations, les combustibles fossiles ont sauvé des millions de vies et sorti des milliards de personnes de la pauvreté partout dans le monde ».
Adopté en 2009 par l’Agence de protection de l’environnement (EPA) sous la présidence du démocrate Barack Obama, le texte en question stipulait que six gaz à effet de serre étaient dangereux pour la santé publique et tombaient donc dans le périmètre des polluants réglementés par l’agence fédérale.
Cette décision avait ouvert la voie juridiquement à de nombreuses réglementations fédérales visant à limiter les rejets de ces gaz réchauffant l’atmosphère (CO2, méthane…), à commencer par les émissions des camions et des voitures. Sa révocation par cette même agence fédérale, aujourd’hui dirigée par un proche de Donald Trump, a été décriée jeudi par l’opposition démocrate.
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Grand défenseur du pétrole et du charbon, Donald Trump a enclenché depuis son retour au pouvoir une marche arrière toute en matière de climat, sortant une nouvelle fois la première puissance mondiale de l’Accord de Paris sur le climat et détricotant de nombreuses normes environnementales.
Annoncée en juillet, sa volonté d’abroger ce texte de 2009 avait suscité l’ire de nombreux scientifiques et associations environnementales, qui dénoncent une décision contraire à la science et à l’intérêt public.
Le gouvernement américain assurait pour sa part que les gaz à effet de serre ne devaient pas être traités comme des polluants au sens traditionnel du terme car leurs effets sur la santé humaine sont indirects et mondiaux, plutôt que locaux, et minimisait grandement le rôle des activités humaines dans le changement climatique.
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Ces arguments devraient être étayés dans le texte actant cette révocation et seront scrutés de près par les organisations environnementales, qui comptent bien les contester en justice. L’affaire, qui devrait déboucher sur une longue bataille judiciaire, pourrait remonter jusqu’à la Cour suprême.
Si cette dernière, majoritairement conservatrice, s’est montrée ouverte ces dernières années à des revirements de jurisprudence, les plaignants relèveront que c’est l’une de ses propres décisions en 2007 qui est à l’origine de cette fameuse décision.
Challenge (Avec Agences)