Le PLF-2026 confirme la volonté du gouvernement de se concentrer sur l’assainissement budgétaire avec une maîtrise des dépenses courantes, malgré une hausse des dépenses sociales et d’investissement. Par conséquent, selon le ‘’Rapport sur la dette publique’’ qui accompagne le PLF, le déficit budgétaire devrait s’établir à 4,5 % du PIB en 2025, contre 4,9 % en 2024 et la dette publique devrait se réduire en 2026, passant de 67% du PIB en 2025 à environ 66% en 2026.
Après plusieurs années de resserrement visant à contenir l’inflation, l’année 2024 a constitué un véritable tournant en matière de politique monétaire, marquée par le début du cycle de baisses de taux directeurs par les principales Banques centrales ; une tendance qui s’est consolidée en 2025. Dans ce contexte favorable à l’endettement, le Trésor a préféré une maîtrise du besoin de financement, maintenant le déficit budgétaire à 4,5% du PIB en 2025, contre 4,9 % en 2024, selon les projections officielles. Cette amélioration repose sur une croissance des recettes fiscales, notamment grâce à la réforme de l’impôt sur le revenu et à une meilleure performance de la TVA.
Par conséquent, l’encours de la dette totale du Trésor s’est établi à 1 124 MMDH à fin juin 2025 avec une hausse de 3,9% par rapport à 2024. L’encours de la dette intérieure a atteint 829 MMDH avec hausse de près de 2,1% tandis que celui de la dette extérieure s’est élevé à 296 MMDH à fin juin 2025, en augmentation de près de 9,6%. Cette dette a généré des charges en intérêts et commissions qui ont augmenté de 13% à 24,4 MMDH à fin juin 2025. Cette évolution s’explique par l’effet combiné de la hausse des charges en intérêts et commissions de la dette intérieure de près de 3,3 MMDH et de la baisse de ceux de la dette extérieure d’environ 0,6 MMDH. Quant aux charges en principal de la dette du Trésor, elles se sont établies à fin juin 2025 à 67 MMDH contre 81 MMDH à fin juin 2024, soit une baisse de 14 MMDH.
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Pour apprécier la situation de l’endettement de l’Etat vis-à-vis du reste du monde il faut prendre en compte la dette extérieure publique dans son intégralité. Cette dernière est composée de la dette extérieure du Trésor, de la dette extérieure des Établissements et Entreprises Publics, des Collectivités Territoriales et des Institutions Financières Publiques, ainsi que de la dette extérieure garantie par l’État des Institutions d’utilité publique. Cet encours s’est établi à 468 MMDH à fin 2024, en augmentation de 6,7%, contre 439 MMDH enregistrée l’année passée. Le ratio d’endettement extérieur public par rapport au PIB a atteint 29,3%, en baisse de 0,4 point de PIB par rapport à fin 2023.
Dans un contexte de relâchement des taux d’intérêt, le Ministère de l’Économie et des Finances prévoit, pour l’année budgétaire 2026, des dépenses totales au titre du service de la dette publique de l’ordre de 108 MMDH, dont 44 MMDH au titre des Intérêts et commissions, reflétant l’importance du remboursement et de la gestion des engagements financiers de l’État pour maintenir la stabilité budgétaire et la confiance des investisseurs.
Dans son analyse des finances de l’Etat marocain, publiée le 7 novembre dernier, l’Agence Fitch Ratings estime que le PLF2026 maintient une trajectoire crédible de réduction du déficit. Selon cette agence de notation américaine, ce projet «confirme la volonté du gouvernement de se concentrer sur l’assainissement budgétaire plutôt que sur des dépenses populistes, et ce, malgré les troubles sociaux récents liés au chômage et au coût de la vie ». Cet effort est considéré comme crucial pour maintenir l’accès du Maroc aux marchés obligataires internationaux, alors que le pays se prépare à d’importants projets d’infrastructure liés notamment à la co-organisation de la Coupe du monde 2030.
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L’agence salue également la réduction de la dette de l’administration centrale de 67% du PIB en 2025 à environ 66% en 2026, avec des perspectives économiques qui devraient s’améliorer. L’agence prévoit, à ce sujet, une accélération de la croissance à 4,4% en 2025, puis une moyenne de 3,9% sur 2026-2027. Cette dynamique est notamment favorisée par une reprise attendue de la production agricole. A rappeler que Fitch Ratings, a réaffirmé en septembre 2025 la note de crédit BB+ avec une perspective stable pour le Maroc.
L’analyse de Fitch révèle aussi un rééquilibrage au sein des dépenses publiques avec des dépenses courantes qui devraient augmenter, tirées par les dépenses sociales accrues, notamment pour la généralisation de l’assurance maladie obligatoire, l’élargissement de la protection sociale et la réforme des systèmes d’éducation et de santé. Toutefois, Fitch met en garde contre les dépassements des budgets alloués aux infrastructures, car malgré la prudence budgétaire du PLF2026, les grands projets d’infrastructure liés à la Coupe du monde 2030 pourraient entraîner des dépassements et peser sur les finances publiques.
Le rapport note également que le déficit prévu est proche de l’hypothèse de base de Fitch qui tablait sur un déficit moyen de 3,1 % du PIB pour la période 2026-2027. Cela devrait maintenir le ratio de la dette publique par rapport au PIB sur une trajectoire descendante. Fitch prévoit ainsi que ce ratio s’établira à environ 66 % du PIB en 2026, contre 67 % en 2025, tout en restant supérieur à la moyenne des pays classés BB, qui s’élève à environ 52 % en 2027.
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Lors de l’adoption par une large majorité du texte du PLF2026 par la Chambre des représentants, le 14 novembre dernier, le Ministre délégué chargé du Budget Fouzi Lekjaa, a précisé que « Depuis trois ans et demi, le déficit budgétaire et l’endettement sont en baisse. Ce sont des résultats concrets et une situation qui sera renforcée davantage par ce PLF2026 qui offrira les marges nécessaires pour réaliser les choix politiques du gouvernement actuel ».
