Après quatre éditions organisées entre 2023 et 2026, l’Agence de développement du digital (ADD) lance une évaluation approfondie des retombées de GITEX Africa Morocco. L’objectif est désormais de dépasser les indicateurs de fréquentation pour mesurer l’impact économique, technologique et institutionnel du rendez-vous.
Quatre éditions après son lancement, GITEX Africa Morocco entre dans une nouvelle phase. L’Agence de développement du digital entend dresser un bilan structuré de l’événement afin de déterminer ce qu’il apporte concrètement à l’économie numérique marocaine et à l’écosystème technologique du Royaume. L’évaluation couvrira les éditions organisées en 2023, 2024, 2025 et 2026 et devra notamment mesurer les résultats obtenus au regard des moyens mobilisés.
L’enjeu est de taille. Depuis sa création, le salon ne se présente pas uniquement comme un rendez-vous professionnel consacré aux technologies. Il constitue également un instrument de la stratégie numérique du Maroc, avec l’ambition de positionner le Royaume comme un catalyseur du développement de l’économie digitale en Afrique, une destination d’investissement dans le numérique et une plateforme de mise en relation entre startups, entreprises, investisseurs et institutions.
Mesurer le véritable retour sur investissement
L’ADD souhaite désormais objectiver cette contribution. L’étude devra notamment analyser les dépenses réalisées par les exposants, visiteurs et délégations, mais également les achats effectués auprès des entreprises locales et les dépenses liées au transport, à l’hébergement et à la restauration. Les recettes générées ainsi que les effets sur l’emploi temporaire et permanent seront également examinés.
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Mais l’évaluation ne se limitera pas à l’impact économique direct. L’agence veut également mesurer les effets du GITEX sur les startups, les entreprises et les institutions, ainsi que sur la dynamique d’innovation et de coopération au sein de l’écosystème numérique marocain.
Un autre volet portera sur les partenariats et collaborations nés pendant ou après les différentes éditions. Accords technologiques, relations commerciales, investissements et nouvelles coopérations devront ainsi permettre d’évaluer la capacité du salon à produire des effets qui dépassent les quelques jours de l’événement.
La visibilité internationale sera également intégrée au bilan, à travers l’analyse de la couverture médiatique nationale et internationale ainsi que des retombées sur les réseaux sociaux. La satisfaction des exposants et des visiteurs complétera cette photographie.
Vers un repositionnement stratégique ?
L’évaluation pourrait également ouvrir un nouveau chapitre pour le salon. Les enseignements des quatre premières éditions doivent permettre d’identifier ses forces, ses limites et les opportunités d’évolution. Un benchmark avec des événements technologiques internationaux comparables pourra notamment servir à identifier des pratiques susceptibles d’être adaptées au contexte marocain.
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Plusieurs scénarios de repositionnement pourraient ainsi émerger de cette analyse. Il ne s’agit toutefois pas, à ce stade, d’un changement déjà arrêté. L’étude devra précisément déterminer s’il est pertinent de faire évoluer le positionnement du GITEX, sur quels axes et avec quelle proposition de valeur. La prochaine étape consistera donc à passer de l’événementiel à une logique de performance mesurable. L’ADD prévoit pour cela une combinaison d’analyse documentaire, de collecte de données et de consultations de terrain. Le dispositif comprend notamment 20 entretiens, 10 focus groups et des questionnaires auprès des différentes parties prenantes. La mission doit s’étaler sur quatre mois.
Après quatre années consacrées à installer GITEX Africa Morocco dans le calendrier des grands rendez-vous technologiques du continent, le Maroc veut désormais savoir ce que cette plateforme produit réellement en matière d’investissement, d’innovation, d’affaires, d’emplois et de rayonnement international. L’enjeu de la prochaine étape sera donc moins de faire grandir le salon que de maximiser la valeur économique et numérique qu’il crée pour le Royaume.