Le Maroc est devenu un partenaire commercial de premier plan des États-Unis depuis le début de l’année, dépassant la Chine. Les industriels des deux pays font évoluer leurs chaînes de valeur pour s’adapter à la géopolitique du moment.
La doctrine clé de l’administration Trump, de commercer entre pays alliés plutôt qu’avec ceux qui sont jugés hostiles, a boosté les échanges entre le royaume et l’Oncle Sam. On apprend ainsi, que les exportations américaines vers le Maroc ont atteint 686,3 millions de dollars en juillet 2026.
D’après les chiffres rendus publics par le « U.S. Census Bureau » , ces exportations ont dépassé leur plus haut niveau mensuel jamais enregistré. Une performance qui a démarré dès février 2026, avant de s’accélérer avec des chiffres en hausse ( +16,1 % en mars, puis +39 % en avril) et d’exploser en juin et juillet avec des hausses respectives de 62,2 % et 54,3 % sur un an.
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Sur l’ensemble de la période janvier-juillet, ces ventes américaines dans le royaume sont estimées à 4,07 milliards de dollars, contre 3,25 milliards sur la même période en 2025, soit une progression de 25,2%.
Néanmoins, si les exportations américaines vers le Maroc ont explosé, elles augmentent l’écart entre exportations et importations au détriment du Maroc. Ce qui fait que sur les sept premiers mois de l’année 2026, cet écart est estimé à 2,83 milliards de dollars, contre 2,17 milliards sur la même période en 2025, soit une hausse de près de 666 millions de dollars en un an. Le ratio entre exportations et importations américaines s’établit désormais à 329 % sur la période janvier-juillet 2026, contre 300 % un an plus tôt : pour faire plus simple, chaque dollar dépensé par les États-Unis pour un produit marocain correspond aujourd’hui à plus de trois dollars en retour.
Ainsi, la part des importations en provenance du Maroc ne représente qu’un total de 1,24 milliard de dollars contre 1,08 milliard en 2025. La part de marché des importations Marocaines aux États-Unis progresse bien, mais à un rythme peu significatif : +14,2 % sur les sept premiers mois de l’année.
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La demande des produits marocains concerne essentiellement l’énergie et l’aéronautique sans oublier les produits dérivés des phosphates, l’électronique, les engrais qui constituent toujours le premier poste d’exportations marocaines vers les États-Unis avant les équipements électriques et électroniques , les véhicules , l’aéronautique , les viandes, poissons et fruits de mer , les fruits et fruits à coque comestibles . Au total, les importations américaines en provenance du Maroc ont atteint 1,97 milliard de dollars en 2025.
Depuis la signature du fameux accord de libre-échange paraphé en 2006, les deux pays ont, au fur et à mesure des années, axé leurs efforts sur les relations commerciales dans les secteurs du textile, de l’agriculture et de l’automobile. La position marocaine à la table des négociations a été de maintenir les engagements communs qui ne déséquilibrent pas les relations bilatérales entre les deux États.
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Et ce, pour préserver les intérêts du royaume, et faire valoir ses apports au centre de l’agenda politique de l’Union européenne, et de contrer la perte structurelle de compétitivité face aux concurrents américains. En clair, il faut défendre le « made in Morocco » en s’intégrant aux chaînes de valeur de l’Oncle Sam, ce qui nécessite de profiter également de la liberté de circulation des marchandises et des capitaux avec des règles équitables pour tous les partenaires. Et le patronat marocain, sans vraiment faire de politique, entend toujours faire valoir les atouts du tissu industriel national au personnel politique censé défendre ses intérêts auprès des Américains.