Un mois après l’entrée en vigueur de la loi française imposant le consentement préalable au démarchage téléphonique, le secteur marocain de l’offshoring traverse une zone de turbulence dont personne ne peut plus nier l’ampleur. Sur le boulevard d’Anfa, la baisse de l’affluence des agents aux heures de pointe n’est pas un simple détail de circulation. Elle est le symptôme visible d’un choc réglementaire venu de France, mais dont les effets se propagent bien au-delà du marché français. Les petits centres d’appels traversent une période trouble. Les géants de l’outsourcing, eux, avaient anticipé : diversification des destinations, transformation du modèle. Le problème est réel.
Il n’est plus question d’hypothèse. Un mois après l’entrée en vigueur de la loi française, les effets sont mesurables. Les petits centres d’appels, notamment, subissent de plein fouet la nouvelle donne. Leur modèle repose largement sur le démarchage téléphonique sortant. Or, la loi impose désormais le consentement préalable. Autrement dit, l’appel non sollicité devient juridiquement risqué. Les amendes peuvent atteindre 375.000 euros. Des exceptions existent, mais elles ne suffisent pas à rassurer. Le cadre s’est durci. La contrainte est suffisamment forte pour modifier les comportements.
Le boulevard d’Anfa en offre une illustration concrète, en ce jour du 22 septembre 2026. La baisse de l’affluence des agents aux heures de pointe en dit long. Moins d’agents dans les transports, moins de pression aux entrées, moins de rotations : cette baisse raconte une contraction de l’activité. Elle ne dit pas seulement un ralentissement passager. Elle signale un ajustement brutal. Les centres qui vivent du marché français réduisent la voilure. Certains licencient. D’autres gèlent les recrutements.
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D’autres encore attendent, mais l’attente elle-même a un coût. Selon une de nos sources le problème est vraiment réelle. «En ce mois de septembre qui symbolise la reprises, les activités semblent a la baisse dans la grande ville de casa. Ils sont nombreux les petits centre qui ont mis la clé sous la porte».
Petits centres et géants : deux trajectoires opposées
La crise n’est pas homogène. Elle frappe différemment selon la taille et la capacité d’adaptation. Les petits centres d’appels sont les plus exposés. Ils ont moins de marges, moins de trésorerie, moins de clients, moins de possibilités de délocaliser. Ils dépendent souvent d’un seul marché, le marché français, et d’un seul métier, le démarchage téléphonique. Quand la loi change, ils n’ont pas de plan B. Ils subissent. Les géants de l’outsourcing, en revanche, s’étaient préparés au choc. Ils ont diversifié leurs destinations. Ils ont transformé leur modèle. Cette anticipation change tout. Là où les petits centres voient une menace existentielle, les grands voient un ajustement stratégique. Ils peuvent déplacer des volumes, changer de pays, proposer d’autres services, répondre à d’autres besoins. Le choc réglementaire devient pour eux un avantage concurrentiel. Il élimine des acteurs fragiles et concentre le marché entre les mains de ceux qui ont les moyens de s’adapter.
Cette asymétrie est centrale. Elle explique pourquoi le secteur ne s’effondre pas uniformément. Elle explique aussi pourquoi la crise risque d’être durable pour les petits. Un centre qui perd son principal donneur d’ordre ne se relève pas en quelques semaines. Il licencie, réduit ses coûts, puis disparaît ou se reconvertit difficilement. Le mouvement est déjà engagé. La baisse de l’affluence sur le boulevard d’Anfa n’est que la partie visible de cet iceberg.
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Aujourd’hui les centres qui ont les moyens de s’offrir un comparateur résistent comme ils peuvent. Le comparateur est un site très sophistique qui permet aux potentiel client de contacter les agents de façon formel dans le cadre d’une opération de vente. Sauf que la solution technique coute entre 7000 et 10000 euros sans oublier les autres cout annexes. Tous les petits centres n’ont pas les souffle pour suivre ce nouveau rythme…
Le consentement préalable, une rupture de logique
La loi française ne modifie pas seulement une pratique. Elle renverse une logique. Avant, l’appel était la norme ; désormais, l’accord du consommateur est la condition. Ce renversement oblige les centres à documenter, à prouver, à tracer le consentement. Cela demande des systèmes, des juristes, des process. Les petits centres n’ont pas toujours ces moyens. Les géants, si. Le coût de conformité augmente. Il devient une barrière à l’entrée. Le risque juridique se transforme en risque économique.
Un appel non consenti peut déclencher une plainte, une amende, un contentieux. Avec des amendes jusqu’à 375 000 euros, le coût de non-conformité est trop élevé pour être ignoré. Les exceptions existent, mais elles ne couvrent pas l’ensemble des pratiques. Elles créent même une nouvelle complexité : il faut savoir si l’on entre dans le champ de l’exception ou non. Les centres qui ne peuvent pas investir dans cette veille juridique sont marginalisés.
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Les donneurs d’ordre français vont naturellement se tourner vers les prestataires capables de garantir cette conformité. Ce n’est plus seulement une question de prix ou de qualité. C’est une question de droit. La capacité juridique et technologique devient déterminante. Les géants de l’outsourcing l’ont compris. Ils ont transformé leur modèle. Ils ne vendent plus seulement des appels. Ils vendent une conformité, une sécurité, une capacité d’adaptation. Les petits centres qui restent sur l’ancien modèle sont exposés.
La face sociale : des licenciements sans droits
Derrière les chiffres et les stratégies, il y a des travailleurs. Ayoub Saoud, secrétaire général de la Fédération nationale des centres d’appel, sonne l’alerte. « Certains employeurs sans scrupules profitent de l’occasion pour licencier les salariés sans droits, sans indemnité. » La phrase est grave. Elle ne décrit pas un simple ajustement économique. Elle décrit une crise sociale dans laquelle certains employeurs utilisent la loi française comme prétexte pour se défaire de leurs obligations.
Le problème n’est pas seulement le chômage. Il est aussi la manière dont le chômage est produit. Des salariés qui ont travaillé, qui ont tenu des objectifs, qui ont répondu à des clients français, se retrouvent sans droits, sans indemnité. La loi française sur le démarchage téléphonique n’a pas prévu cela. Mais ses effets au Maroc peuvent être dévoyés. La pression est telle que certains employeurs choisissent la sortie la moins coûteuse pour eux, la plus brutale pour les salariés. Cette dimension humaine est essentielle. Elle rappelle que l’offshoring n’est pas une abstraction. Ces milliers de destins ne se résument pas à une ligne budgétaire.
Un effet domino au-delà des frontières marocaines
Ayoub Saoud prévient : les répercussions pourraient dépasser les frontières marocaines. « La répercussion concerne tout le marché français. Au Maroc, en Tunisie, au Sénégal, dans les pays d’Afrique de l’Ouest, à Madagascar », détaille-t-il. Cette liste n’est pas anodine. Elle montre que le modèle d’offshoring francophone est intégré. La France externalise une partie de sa relation client vers plusieurs pays. Quand la loi française change, c’est toute cette chaîne qui tremble.
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Le Maroc est un maillon de cette chaîne. Il n’est pas le seul. La Tunisie, le Sénégal, les pays d’Afrique de l’Ouest, Madagascar sont aussi concernés. Cela signifie que la crise n’est pas purement marocaine. Elle est régionale, voire continentale, dans ses effets. Une décision prise à Paris se traduit par des licenciements à Casablanca, à Tunis, à Dakar, à Antananarivo ou ailleurs. Le marché français reste le centre de gravité. Les destinations d’offshoring en dépendent. La loi française devient donc un risque systémique pour toutes ces économies.
Cette interdépendance a une conséquence stratégique. Aucun pays ne peut traiter le problème seul. Aujourd’hui la leçon semble être claire : transformer ou subir. Les géants ont choisi de transformer. Ils ont diversifié leurs destinations et leur modèle. Cela leur permet d’absorber le choc. Les petits centres, eux, n’ont pas les mêmes leviers. Ils doivent pourtant trouver des réponses. Certains peuvent se spécialiser, d’autres peuvent se tourner vers d’autres marchés, d’autres peuvent réduire leurs coûts. Mais ces solutions ne sont pas à la portée de tous. La période est trouble précisément parce que l’issue est incertaine.
Par ailleurs, la loi française a révélé une certaine dépendance. Elle a montré que la prospérité de l’offshoring marocain pouvait être suspendue à une décision prise ailleurs. C’est une leçon d’économie politique. Les avantages coûts ne suffisent pas. La résilience vient de la diversification, de la montée en gamme, de la transformation du modèle. Les géants l’ont fait. Les petits doivent survivre. «Ce n’est pas l’offshoring marocain qui recule, c’est une partie de son ancien modèle qui disparaît. Il ne faudrait donc pas se tromper de diagnostic, car le secteur de l’Outsourcing au Maroc va continuer à prospérer.
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Le démarchage téléphonique à froid était une activité sous pression depuis longtemps. La nouvelle réglementation française accélère simplement sa fin, pour les consommateurs n’ayant pas donné leur accord préalable. Pendant ce temps, l’externalisation continue de se développer sur la relation client, le back-office, la tech, la data et désormais l’IA.
Chez Outsourcia, nous avons redéployé environ 200 collaborateurs concernés par le démarchage vers d’autres activités et nous créerons malgré cela près de 300 emplois nets cette année. Donc oui, il y a un choc. Mais le vrai sujet n’est pas de sauver les métiers d’hier. C’est de faire du Maroc l’un des gagnants des métiers de demain, et nous disposons des meilleurs atouts pour tirer parti de ce nouveau modèle, largement plus valorisant pour nos entreprises et nos collaborateurs» ,explique Youssef Chraibi Président du Groupe Outsourcia.