А quelques jours du scrutin, les partis convergent sur le pouvoir d’achat, l’emploi et la souveraineté, mais divergent sur les moyens. Derrière les promesses, le financement reste la grande inconnue.
Du RNI au PPS, le pouvoir d’achat s’impose comme un terrain central. Salaires, aides sociales, logement et maîtrise des prix figurent dans les programmes. Le RNI veut porter le salaire minimum à 5.000 DH et ajuster l’aide sociale à l’inflation. L’USFP vise une hausse de 20% du salaire moyen, tandis que le PPS prévoit 15% pour le SMIG.
Le financement distingue aussi les offres. Le PAM chiffre son programme à 350 milliards de DH et détaille ses sources. Le RNI annonce 224 milliards de dépenses additionnelles, fondées sur une croissance de 4% à 5%. Le PPS avance 575 milliards et table sur 622 milliards de recettes fiscales supplémentaires.
Emploi : une priorité partagée
Autre convergence : l’emploi devient un relais de croissance. RNI et PPS affichent chacun un objectif d’un million d’emplois. L’USFP cible 250.000 emplois industriels. Le PAM mise sur la formation et l’insertion. Le PPS propose que l’État finance la moitié du salaire d’un jeune en CDI dans une PME pendant dix-huit mois.
L’USFP fait de la réindustrialisation sa colonne vertébrale. Le RNI mise sur l’industrie, le tourisme, l’agriculture, le numérique et les grands chantiers. Le PJD insiste sur la productivité, la digitalisation et la production nationale.
Fiscalité : rente et redistribution
La lutte contre la rente traverse les programmes. Le PJD veut encadrer les conflits d’intérêts et renforcer la déclaration de patrimoine. L’Istiqlal propose un IS pouvant atteindre 40% pour certaines activités en situation de monopole ou de rente exceptionnelle. Le PPS veut également porter à 40% l’IS dans les hydrocarbures et télécommunications, tout en ramenant à 10% celui des TPME sous 500.000 DH de bénéfices.
Le PAM refond l’IR en trois tranches, avec un taux marginal de 20%. Le RNI mise sur le soutien au revenu. Le MP propose l’exonération des entreprises au capital inférieur à 500.000 DH.
Souveraineté : un axe économique
Eau, énergie, alimentation, industrie et numérique deviennent stratégiques. Le MP veut des stocks nationaux et une « trêve de l’exportation». L’Istiqlal prévoit des réserves de carburants, céréales et médicaments. L’USFP veut porter les renouvelables à 60% de la production électrique. Le PPS défend agriculture, industrie et numérique.
Les programmes diffèrent surtout sur la place de l’État. L’USFP et le PPS assument une intervention publique forte dans l’industrie, les services publics et la redistribution. Le PAM combine soutien social et investissement. Le RNI combine protection sociale et mécanismes favorables au secteur privé. Le PJD met l’accent sur la gouvernance et la production. L’Istiqlal cherche un équilibre entre marché, régulation et souveraineté. Le MP privilégie la protection du marché intérieur.
À une semaine des législatives, les partis convergent sur l’urgence sociale, l’emploi et la souveraineté, mais divergent sur la fiscalité et le rôle de l’État. Leurs chiffrages posent la question du financement et de l’exécution. Le débat se déplace des intentions vers leur traduction budgétaire et sociale, avec la question de la capacité de l’État à tenir ces engagements.

RNI : le pari du pouvoir d’achat et de l’inclusion
Le Rassemblement national des indépendants (RNI) veut faire du niveau de vie le marqueur de son programme pour 2026-2031. Présenté le 8 septembre par Mohamed Chouki, le document décline trois engagements et douze mesures, pour un coût additionnel de 224 milliards de dirhams sur cinq ans. Un pari ambitieux, dont le financement reste peu détaillé.
Le pouvoir d’achat comme boussole
Le premier axe place la protection du pouvoir d’achat au sommet des priorités. Le RNI promet de poursuivre la hausse du salaire minimum jusqu’à 5 000 dirhams par mois, de revaloriser les pensions de retraite et de réduire l’écart entre le Smig et le salaire minimum agricole. Le parti propose un « bouclier social » contre la vie chère, avec une aide sociale ajustée à l’inflation pour quatre millions de familles.
Autre innovation : le « bouclier épargne » destiné aux travailleurs de l’informel. Le mécanisme prévoit un compte simplifié abondé par l’Etat. L’objectif est de créer un capital de précaution et d’investissement. Pour les classes moyennes, le RNI avance un crédit d’impôt pouvant atteindre 5 000 dirhams par an et par enfant scolarisé, à partir de 2028.
Services publics : changer d’échelle
Le deuxième engagement s’attaque aux disparités territoriales. Dans l’eau, le parti mise sur de nouveaux barrages, les transferts entre bassins et l’extension du dessalement, avec l’ambition de renforcer les capacités nationales de stockage à l’horizon 2031. Dans l’énergie, il propose une autoproduction solaire sans apport initial, avec revente du surplus.
L’éducation et la santé occupent une place centrale. Le RNI vise la généralisation des écoles pionnières d’ici 2027, puis des collèges en 2028 et des lycées à l’horizon 2031, avec l’objectif de réduire de moitié le décrochage scolaire. La carte universitaire passerait de 12 à 27 établissements, et un fonds de recherche scientifique d’un milliard de dirhams. Dans la santé, le parti prévoit des groupements sanitaires territoriaux dans chaque région dès 2027, l’achèvement des CHU en 2029 et une densité médicale portée à 45 professionnels pour 10 000 habitants en 2030.
Emploi et crédit : l’autre front
Le troisième axe veut ramener le chômage sous 9% à l’horizon 2030 et créer un million d’emplois. Quinze milliards de dirhams seraient mobilisés pour l’emploi, en misant sur l’industrie, le tourisme, l’agriculture, le numérique et les chantiers liés à la Coupe du monde 2030. Le programme vise environ 250 000 insertions professionnelles par an.
Le RNI entend aussi refondre l’indemnisation du chômage. L’actuelle indemnité pour perte d’emploi serait remplacée par une allocation de retour à l’emploi, pouvant atteindre 70% du salaire de référence pendant douze mois, avec un accès assoupli. Pour les saisonniers, une carte professionnelle et un contrat intermittent sont prévus. Un fonds de prêts productifs sans intérêt, garantis par l’Etat, compléterait le dispositif pour les publics éloignés du crédit bancaire.
Le prix du programme
Le cœur du pari tient au chiffre de 224 milliards de dirhams de dépenses additionnelles sur cinq ans, soit près de 45 milliards annuels. Le RNI juge cette enveloppe finançable. Son scénario repose sur une croissance moyenne de 4% à 5%, un investissement à 33% du PIB et un déficit autour de 3%. Mais le parti n’a pas détaillé les sources permettant de couvrir cet effort. Une équation qui place la crédibilité financière au cœur du débat électoral.

PI : pouvoir d’achat, souveraineté et chasse aux rentes
A l’approche des législatives, le Parti de l’Istiqlal veut faire de la protection du pouvoir d’achat, de la réforme des services publics et de la souveraineté stratégique les piliers de son programme 2026-2031. Présenté le 29 août par Nizar Baraka, le projet décline 99 mesures en cinq axes, avec une ambition : conjuguer liberté économique, justice sociale et État régulateur.
Une fiscalité plus offensive
Le parti propose une réforme de l’impôt sur les sociétés afin d’appliquer un taux pouvant atteindre 40% aux activités bénéficiant de situations de monopole ou de rentes économiques exceptionnelles. En parallèle, il veut substituer aux autorisations une logique de cahiers des charges pour l’octroi des licences et concessions, afin de renforcer la transparence et limiter les situations de rente.
La gouvernance constitue l’autre volet de cette offensive. L’Istiqlal prévoit une loi spécifique sur les conflits d’intérêts et veut donner une portée effective à la déclaration de patrimoine.
Pour les entreprises et les citoyens, le programme mise aussi sur la simplification administrative. Le silence de l’administration, après l’expiration d’un délai déterminé, vaudrait accord.
Le pouvoir d’achat en ligne de front
L’Istiqlal propose de créer des sociétés régionales d’achat, de stockage et de distribution des produits agricoles et alimentaires. Le parti veut également instaurer un mécanisme national de suivi des marges sur les produits de consommation courante.
La revalorisation progressive des salaires minimums et des pensions de retraite figure également au programme. Le parti veut lancer un plan national destiné à renforcer la classe moyenne à l’horizon 2031.
Pour les jeunes, un mécanisme national de garantie des prêts pour l’acquisition de la résidence principale doit réduire l’apport initial et faciliter le financement du premier logement.
L’état social au banc d’essai
La lutte contre la pauvreté passe par une carte familiale unifiée regroupant les différents dispositifs d’aide.
Dans l’éducation, l’Istiqlal mise sur la généralisation du préscolaire et sur la réhabilitation des établissements dans les zones rurales, montagneuses et oasiennes. Dans la santé, il propose une Agence nationale des urgences, un numéro national unique et la formation de 2.000 médecins urgentistes à l’horizon 2031.
Souveraineté : sécuriser les approvisionnements
L’Istiqlal préconise des réserves correspondant à 90 jours de consommation de carburants, quatre mois de céréales et six mois de médicaments. L’objectif est de réduire les vulnérabilités face aux chocs extérieurs et de renforcer les souverainetés alimentaire, énergétique et sanitaire.
Une doctrine entre marché et régulation
Derrière les 99 mesures, le programme revendique une ligne inspirée de la taâadouliya, doctrine qui cherche à concilier création de richesse et justice sociale. Le marché demeure un instrument de développement, mais l’État conserve un rôle central pour réguler, protéger et garantir l’égalité des chances.
Avec « Ma patrie, mon avenir », l’Istiqlal place ainsi le pouvoir d’achat et la souveraineté au cœur d’un projet où la régulation économique occupe une place centrale.

PAM : 350 milliards de DH pour changer la donne
A trois semaines des législatives, le Parti authenticité et modernité (PAM) veut faire du pouvoir d’achat et de l’inclusion les ressorts d’une nouvelle offre économique. Présenté le 1er septembre à Rabat, son programme s’articule autour de cinq pactes et affiche un chiffre fort : 350 milliards de DH sur cinq ans, avec, surtout, un effort de financement détaillé.
Le pouvoir d’achat en première ligne
Le premier pacte place les revenus des ménages au centre du dispositif. Le PAM propose de rendre totalement gratuites les factures mensuelles d’électricité inférieures à 100 DH. Il promet également une pension minimale de retraite de 3 000 DH, le relèvement de la pension des veuves à 100 % de celle du mari défunt, contre 50 % actuellement, et l’aide sociale directe de 500 à 1 000 DH par mois.
L’autre levier est fiscal. Le parti veut ramener le barème de l’impôt sur le revenu de six à trois tranches et le taux marginal de 37 % à 20 %. Les salaires bruts inférieurs à 15 000 DH seraient exonérés, ceux compris entre 15 000 et 46 000 DH taxés à 10 %, et les revenus supérieurs à 46 000 DH à 20 %. Le PAM veut soutenir le revenu disponible.
Agir sur les prix
Le PAM entend aussi s’attaquer à la formation des prix des produits de première nécessité: pommes de terre, tomates, oignons, sardines et viandes. Le parti veut restructurer la distribution, moderniser les marchés de gros et encadrer les marges.
Six sociétés régionales de distribution agricole seraient créées. Elles achèteraient directement aux agriculteurs pour réduire le poids des intermédiaires. La traçabilité numérique des transactions serait généralisée.
Jeunesse : transformer le défi en moteur
Le deuxième chantier concerne les jeunes. Le PAM ambitionne d’intégrer jusqu’à 300 000 jeunes par an dans des parcours de formation et d’insertion. Le parti veut accroître la formation professionnelle et l’apprentissage. « Compétences 2030 » viserait 500 000 opérations de formation et de reconversion, tandis que « Premier contrat de travail » doit offrir une première expérience à près de 500 000 jeunes en cinq ans.
Le PAM prévoit aussi 100 000 solutions de logement et un fonds public de garantie pour les jeunes recrutés loin de leur ville d’origine.
350 milliards : l’équation financière
La singularité du programme tient à son chiffrage. Sur les 350 milliards de DH annoncés, 150 milliards iraient au pacte du pouvoir d’achat, 100 milliards à la citoyenneté, 50 milliards à la jeunesse et 50 milliards à la sécurité. 300 milliards proviendraient de l’effet additionnel d’une croissance portée à 5 %.
L’élargissement de l’assiette fiscale, le renforcement du contrôle et une contribution accrue des entreprises et établissements publics compléteraient l’effort. Quarante milliards seraient apportés par les collectivités territoriales, via le fonds de TVA, et 10 milliards par la réaffectation des dépenses et une meilleure efficacité budgétaire.
Croissance et durabilité en ligne de mire
Derrière les mesures sociales, le PAM cherche à inscrire son projet dans une trajectoire économique plus large. Ses cinq pactes combinent urgence sociale et transformation.
Réduire la pression sur les ménages, contenir les prix, intégrer des centaines de milliers de jeunes et financer 350 milliards de DH supposent une croissance, des recettes supplémentaires et une gouvernance budgétaire rigoureuse. À l’approche du scrutin, le PAM mise sur une promesse : faire de son chiffrage et de son financement un marqueur de crédibilité politique.

PPS : 575 milliards de DH pour remettre l’humain au cœur de l’économie
Le Parti du progrès et du socialisme (PPS) place justice fiscale, emploi et services publics au centre de son projet. Présenté le 2 septembre par Nabil Benabdellah, le programme prévoit 575 milliards de DH de financement additionnel sur 2026-2031, avec une intervention renforcée de l’État dans l’économie et la protection sociale.
Trois leviers pour changer la donne
Le Parti du Livre articule son projet autour de trois axes : redistribution par la fiscalité, revalorisation des revenus du travail et intervention accrue de l’État dans l’emploi et la protection sociale. Une stratégie destinée à répondre au pouvoir d’achat, au chômage et aux inégalités. Le parti veut ainsi faire du capital humain, de la souveraineté et de la moralisation de la vie publique des priorités budgétaires de l’État.
Le PPS estime qu’une réforme fiscale, conjuguée à la croissance, permettrait de générer 622 milliards de DH de recettes fiscales supplémentaires sur cinq ans. Les changements envisagés en matière d’IS et d’IR représenteraient plus de 191 milliards de DH.
Faire davantage contribuer les plus rentables
Le PPS propose de porter à 40% le taux maximal de l’IS pour les entreprises des hydrocarbures et des télécommunications, secteurs que le parti considère comme quasi monopolistiques. À l’inverse, les TPME dont les bénéfices ne dépassent pas 500.000 DH verraient leur taux ramené à 10%.
En parallèle, le parti veut généraliser la facturation électronique obligatoire et recourir à l’intelligence artificielle et à l’analyse des données pour mieux cibler les contrôles fiscaux. La progressivité deviendrait un critère obligatoire de toute nouvelle mesure fiscale.
L’emploi des jeunes en première ligne
Sur le marché du travail, le PPS fixe un objectif d’un million d’emplois pour les jeunes, dont 100.000 dans le digital et 500.000 salariés dans l’industrie. Pour faciliter le premier emploi durable, l’État prendrait en charge la moitié du salaire d’un jeune recruté en CDI dans une PME pendant 18 mois au maximum. Le dispositif ciblerait en priorité les territoires où le chômage est élevé.
Le parti prévoit une revalorisation de 15% du SMIC en deux étapes. Il promet aussi de renforcer la protection des salariés privés d’emploi et de mieux cibler les aides sociales. Pour les personnes ayant perdu leur emploi, l’indemnité serait versée pendant douze mois, avec un plafond de 7.500 DH mensuels. L’aide sociale directe passerait de 500 à 1.000 DH par mois, tandis qu’une allocation de rentrée scolaire de 1.000 DH par enfant serait destinée aux ménages modestes.
Santé, industrie et souveraineté
Dans la santé, le PPS promet 15.000 médecins, 33.500 infirmiers et 9.000 lits hospitaliers supplémentaires.
Côté productif, le parti vise une hausse de la part de l’industrie de 15% à 20% et veut revoir le Plan Maroc Vert. Il propose également une banque publique d’investissement pour soutenir l’entrepreneuriat, ainsi qu’une réévaluation de certains accords de libre-échange jugés insuffisamment favorables au Maroc. Le programme accorde aussi une place importante à l’eau et à l’habitat. Le numérique figure parmi les priorités.
Une facture qui pose la question de la faisabilité
En plaçant le capital humain, la souveraineté et la moralisation de la vie publique parmi ses priorités budgétaires, le PPS assume un rôle moteur de l’État. Le programme entend ainsi éliminer l’économie de rente, réduire les disparités et remettre les services publics au centre du modèle de développement.
Avec cette architecture, le PPS fait de la redistribution, de l’emploi et de l’investissement public les ressorts de son projet économique.

USFP : l’offensive sociale passe par l’emploi et l’industrie
A l’approche des législatives, l’USFP veut replacer la redistribution au cœur de la croissance. Sous le slogan « Équité, emploi, dignité », son programme décline 20 engagements : 250.000 emplois industriels, chômage sous 8% et hausse de 20% du salaire moyen. Une feuille de route qui assume un rôle renforcé de l’État dans l’économie.
L’industrie comme moteur de croissance
La souveraineté industrielle constitue l’un des piliers du projet. L’USFP propose des contrats industriels dans l’agroalimentaire, le médicament et les énergies renouvelables. L’ambition est de créer 250.000 emplois industriels, d’augmenter de 40% les exportations du secteur et de soutenir la croissance.
Le parti veut conditionner les aides publiques et les exonérations fiscales à la création effective d’emplois. Il fixe un objectif de chômage inférieur à 8% au niveau national et à 10% chez les jeunes.
Redistribuer les fruits de la croissance
L’USFP veut agir directement sur les revenus. Son programme prévoit une hausse de 20% du salaire moyen et de 15% du revenu net des salariés. Quelque 250.000 familles de la classe moyenne bénéficieraient d’un soutien à l’acquisition d’un logement.
Pour les jeunes, le parti propose un parcours d’orientation, de formation et de financement, avec l’objectif d’intégrer 200.000 jeunes par an dans l’emploi ou l’entrepreneuriat.
TPE, PME et territoires
L’USFP veut accompagner 100.000 TPE et petites entreprises et leur réserver 30% des marchés publics. Le parti propose aussi d’augmenter de 50% les investissements publics dans les régions les moins développées et de réduire de 30% les disparités territoriales.
Un état social « productif »
Dans la santé, l’USFP défend un État social capable de transformer la protection en levier d’inclusion économique. Il vise une couverture sociale de 100%. Le programme prévoit la mise à niveau des hôpitaux, l’achèvement des CHU régionaux et une densité de 4,5 prestataires de soins pour 1.000 habitants.
Dans l’enseignement supérieur, il veut porter la recherche scientifique à 2% du PIB et atteindre 60% d’insertion professionnelle des diplômés.
Souveraineté agricole, hydrique et énergétique
Dans le monde rural, l’USFP veut réorienter les aides vers les petits agriculteurs. Il vise une hausse de 30% de leurs revenus, une baisse de 30% de la pauvreté rurale et la création de 200.000 emplois ruraux.
L’eau et l’énergie sont érigées en enjeux de souveraineté. Le parti promet l’accès durable à l’eau potable, une réduction de 40% des pertes dans les réseaux et l’achèvement des projets de dessalement. Il ambitionne de porter les renouvelables à 60% de la production électrique et de réduire de 20% la facture énergétique nationale.
Une économie sous contrôle citoyen
L’USFP promet enfin la digitalisation de toutes les procédures administratives et une réduction de 70% des délais de traitement. Il veut renforcer le contrôle et la reddition des comptes, avec l’objectif de gagner 30 places dans les indices de gouvernance et d’atteindre la 50e place mondiale dans l’Indice de perception de la corruption.
À travers ses 20 engagements, l’USFP défend une ligne claire : utiliser l’État comme instrument de réindustrialisation, de redistribution et des fractures territoriales. Reste à transformer cette ambition chiffrée en résultats, dans une économie où l’emploi et les revenus demeurent les principaux tests de crédibilité.

PJD : la «dignité du citoyen» comme feuille de route économique
Présenté le 7 septembre, le programme du Parti de la justice et du développement (PJD) pour les législatives du 23 septembre repose sur 467 mesures réparties en 5 axes. Sous le mot d’ordre de « dignité du citoyen », le parti d’Abdelilah Benkirane propose de revoir les règles du jeu économique, de renforcer la protection sociale et de relancer l’emploi et la production nationale.
Combattre la rente et les conflits d’intérêts
Le diagnostic du PJD est sévère. Le parti dénonce la collusion entre argent et pouvoir, les conflits d’intérêts et l’utilisation des positions publiques pour favoriser la concentration des richesses. Pour la formation islamiste, ces pratiques pénalisent la concurrence, l’investissement et la création d’emplois.
La réponse passe par la gouvernance. Le PJD veut criminaliser l’enrichissement illicite, adopter les textes relatifs aux conflits d’intérêts et renforcer la déclaration obligatoire de patrimoine. Il propose aussi de protéger les fonctionnaires signalant des actes de corruption et de séparer responsabilités publiques et intérêts économiques privés.
L’Etat numérique au service de l’économie
La transformation numérique constitue un autre levier. Le parti veut accélérer la digitalisation des services administratifs, renforcer les échanges de données et assurer l’interopérabilité des systèmes. Il s’agit de simplifier les démarches, mais aussi de réduire la bureaucratie. Le PJD veut parallèlement favoriser l’accès des entreprises aux technologies numériques avancées afin d’améliorer leur productivité.
Emploi, investissement et production nationale
Avec 106 mesures consacrées à l’économie et à l’emploi, le programme s’attaque à une création d’emplois jugée insuffisante, notamment pour les jeunes, les femmes et les diplômés. Le parti pointe aussi les difficultés rencontrées par l’investissement et les retards dans l’accès aux mécanismes de soutien de la Charte de l’investissement.
Protection sociale : revoir les critères
Les services publics, la protection sociale et les conditions de vie concentrent 200 mesures du programme. Le PJD veut revoir les critères d’éligibilité à la protection sociale, estimant qu’ils excluent certains ménages. Il propose d’harmoniser les seuils entre assurance maladie et aide sociale directe et de simplifier les procédures de recours.
Le parti plaide aussi pour un socle minimal de services publics dans les villages, zones montagneuses, oasis et petites villes. Education, santé, eau, transport, administration et télécommunications devraient ainsi bénéficier d’un niveau minimal de couverture.
Le pouvoir d’achat en ligne de mire
Le parti entend faire de la transparence un levier économique au service de l’investissement et de l’emploi productif.
Le programme entend répondre aux préoccupations quotidiennes des ménages. Le PJD relie pouvoir d’achat, qualité des services publics et capacité de l’économie à produire davantage de richesse. Sa logique repose sur une remise à plat des mécanismes qui, selon lui, entretiennent les déséquilibres.
Une économie au service de la dignité
A l’approche du scrutin, le PJD mise sur une équation claire : restaurer la confiance, améliorer l’efficacité de l’Etat et redonner davantage de place à la production et à l’emploi. Avec 467 mesures, le programme est dense.
Reste l’épreuve de la mise en œuvre. Sa crédibilité dépendra de la capacité à traduire les orientations annoncées en réformes précises, financées et exécutables.

MP : priorité au pouvoir d’achat et à la souveraineté économique
A l’approche des législatives, le Mouvement populaire (MP) veut faire de la protection du pouvoir d’achat, de la souveraineté économique et du soutien aux petites entreprises les piliers de son programme. Présenté par Mohamed Ouzzine, le projet mise aussi sur l’emploi des jeunes diplômés et la régulation des exportations agricoles.
Un coup de pouce aux jeunes diplômés
Face au chômage des diplômés de l’enseignement supérieur, le MP propose une allocation mensuelle de 1.000 dirhams pendant une année pour les jeunes sans emploi. Cette aide doit accompagner leur insertion professionnelle. Le parti veut aussi agir sur le tissu entrepreneurial. Mohamed Ouzzine propose d’exonérer d’impôts les entreprises dont le capital ne dépasse pas 500.000 dirhams. L’objectif est d’alléger leur pression fiscale, stimuler l’investissement et favoriser l’emploi.
Agriculture : exporter sans pénaliser le marché intérieur
Le MP préconise l’annulation des dettes des petits agriculteurs et des petits éleveurs, pour alléger leurs charges et préserver leur activité. Le parti considère les exportations agricoles comme un levier essentiel de croissance, mais elle doit rester compatible avec l’approvisionnement national.
Le MP propose ainsi une « trêve de l’exportation », activable lorsque le marché intérieur connaît une insuffisance d’offre ou une hausse injustifiée des prix. Des mesures réglementaires ou fiscales temporaires pourraient alors limiter les exportations de certains produits essentiels. Le dispositif reposerait sur des indicateurs objectifs et transparents.
L’idée est de privilégier l’approvisionnement national et de réserver l’exportation aux excédents. Il veut prévenir les pénuries et contenir la spéculation. Il entend aussi préserver la compétitivité des exportateurs.
Des filets de sécurité face aux crises
Le programme prévoit un dispositif d’intervention rapide en période de crise, avec des mesures fiscales et douanières exceptionnelles. L’objectif est de sécuriser l’approvisionnement, de maîtriser les prix et de maintenir l’activité économique en période de tension.
Cette logique s’étend aux accords de libre-échange. Le MP souhaite en évaluer les effets et activer, si nécessaire, les mécanismes de révision ou d’adaptation lorsque l’intérêt national l’exige. Le parti entend ainsi défendre la souveraineté économique sans renoncer aux engagements internationaux.
Le retour du stock stratégique
Le parti veut enfin accélérer la constitution d’un stock stratégique national couvrant les produits alimentaires, énergétiques et sanitaires. Pour Mohamed Ouzzine, les crises géopolitiques et les perturbations des chaînes d’approvisionnement en font une nécessité. Cette réserve doit renforcer la sécurité alimentaire, énergétique et sanitaire du pays. Le MP veut également réformer les marchés de gros via une loi plaçant le pouvoir d’achat au cœur de la réforme. Elle vise à réduire les coûts de distribution, renforcer la transparence et mieux maîtriser les prix.
Cette orientation place la résilience économique et protection du pouvoir d’achat au cœur du programme.
À travers ces propositions, le MP défend une ligne économique fondée sur la protection du marché intérieur, le soutien aux petites entreprises et la sécurisation des approvisionnements. Reste à préciser le coût budgétaire de ces mesures et leurs modalités de financement, deux paramètres clés pour juger leur faisabilité.