Automobile

Voitures neuves au Maroc. Le marché a stagné en 2023

C’est à l’occasion d’une conférence de presse qui a vu la participation de très nombreux opérateurs liés à l’automobile et à son environnement, que l’Association des Importateurs de Véhicules Au Maroc (AIVAM) a effectué le bilan relatif au marché automobile des véhicules neufs dans le Royaume. L’occasion pour les membres de l’Association, et notamment pour son Président Adil Bennani, de revenir plus en détail sur les axes clés qui ont émaillé tout au long de l’année dernière le marché automobile dans son ensemble et d’entrevoir ce que nous réserve l’année 2024.

Quid des principales tendances automobiles sur le globe, des volumes de ventes, des classements et performances par segments en matière de véhicules neufs, de l’émergence de plus en plus manifeste des véhicules à mobilité propre, voire des profils des acheteurs dans le Royaume ? Voici globalement toutes les thématiques sur lesquelles Adil Bennani, Président de l’AIVAM, a tenu à apporter un éclairage des plus précis. «Déjà, au niveau de l’année automobile à l’échelle mondiale, la bonne nouvelle, c’est qu’il y a une reprise. Le marché va faire globalement +10%, mais nous ne sommes pas encore au niveau pré-covid», amorce en préambule de sa présentation M. Bennani.

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Et d’ajouter : «nous avons connu, toujours à l’échelon mondial, trois années qui sont relativement flat, mais en 2023, la demande s’est ressaisie sous l’effet de l’amélioration des conditions de supply et de la digestion des effets inflationnistes pour atteindre environ un peu moins de 90 millions de véhicules neufs dans le monde». Selon les chiffres dévoilés par M. Bennani, l’Europe, les États-Unis et surtout la Chine sont actuellement sur des trends haussiers en matière de volumes de ventes. Sans compter que l’électrification connaît sur le globe une progression assez remarquable (+ 20%). 

Adil Bennani, Président de l’AIVAM.

Qu’en est-il du Maroc dans cet échiquier mondial ? Concrètement, les ventes globales de véhicules neufs se sont établies à 161 504 unités au cours de l’année 2023, contre 161 410 véhicules en 2022, soit une hausse très minime des ventes de l’ordre de 0,1%. Fallait-il s’attendre à un tel résultat ? Comme l’avait prédit l’AIVAM en début d’année dernière, plusieurs facteurs peuvent expliquer cette quasi-stagnation du marché automobile au Maroc. Un contexte économique mondial défavorable (crises géopolitiques, problème d’approvisionnement et de logistique, la covid en Chine, l’inflation, la récession…) sont autant de causes qui ont pesé sur le marché automobile.

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Ajoutez à cela au Maroc un contexte macro-économique difficile à même d’impacter la demande, des véhicules aux tarifs plus élevés (de 15 à 20 % sur trois ans), une année d’inflation qui a engendré une baisse du pouvoir d’achat des ménages, la flambée des prix du carburant, le déficit pluviométrique ou encore le renchérissement du coût du crédit…qui ont conduit finalement, selon M. Bennani, à ce fléchissement des ventes du marché automobile national. Avec une légère hausse de 1,4%, les ventes de véhicules particuliers compensent à peine la baisse des véhicules utilitaires (-11%). En attestent les chiffres puisque la part des véhicules particuliers s’est élevée à 145 292 unités, contre 143 186 en 2022, alors que les véhicules utilitaires légers se sont établis à 16 212 contre 18 224 une année auparavant. 

Selon l’AIVAM, les deux segments les plus importants en matière de véhicules de tourisme demeurent ceux des citadines (36,4% du marché, en léger recul de -3,5%) suivies des SUV et autres 4X4, ces derniers connaissant de plus en plus un réel engouement de la part de la clientèle (36% du marché, en croissance de 6,9%). La situation n’est pas au beau fixe s’agissant du segment des utilitaires légers. Toujours selon l’AIVAM, ce dernier est directement impacté par le recul de la demande, compte tenu de la problématique de l’inflation non reportée en totalité sur les prix s’agissant du client final. Il faut ajouter aussi le durcissement des conditions d’obtention de crédit par les spécialistes du financement. Le segment des véhicules premium, quant à lui, a le vent en poupe, représentant 10,7% des ventes totales en matière de véhicules particuliers. 

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Quant à la part de marché des véhicules électrifiés dans le Royaume (hybride, hybride rechargeable et 100% électrique), elle croît de 50%, passant à 0,6% du marché national et se voit poussée par une offre qui a plus que doublé. En témoigne, courant 2023, l’arrivée de nouveaux opérateurs dans le segment. Toujours est-il que la demande pour les véhicules diesel demeure forte, ce qui représente aujourd’hui dans le Royaume 85,5% du marché. Quoi qu’il en soit, le Top 10 des ventes par marques au cumul s’établit comme suit : Dacia (33 830 ventes et 21% de part de marché), Renault (26 455 – 16,4%), Hyundai (14 978 – 9,3%), Peugeot (12 530- 7,8%), Volkswagen (9 233- 5,7%), Opel (7 308 – 4,5%), Toyota (6 238 – 3,9%), Citroën (5 992- 3,7%), Fiat (5 918-3,7%) et Kia (5 517 – 3,4%). Pour ce qui est du financement et du profil des acheteurs, la part des crédits en matière de vente s’est établie à 55% alors que le prix des véhicules a grimpé de 30% au cours des trois dernières années. On apprend par ailleurs que 17% des acquéreurs en 2023 ont moins de 30 ans, et que l’âge moyen des acheteurs se situe autour de 43 ans.

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A quoi faut-il s’attendre s’agissant du marché automobile des voitures neuves en 2024 ? L’AIVAM met en exergue un certain nombre de facteurs à prendre en considération et qui pourraient impacter, positivement ou négativement, le secteur. Quid, entre autres, de la croissance économique mondiale, de l’inflation, des cours du pétrole dans le monde ? Que dire du redressement de l’offre au Maroc qui pourrait être impacté par une problématique logistique d’ordre mondial affectant le secteur automobile ? Qu’en sera-t-il des efforts de soutien du produit intérieur brut par la demande publique ? Où en sera-t-on s’agissant du développement de l’électrification dans le Royaume ? Le client disposera-t-il d’incentives et d’un réseau de bornes de recharges publiques en nette augmentation ? Reste à voir ce que l’avenir nous réserve ! 

 
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